PNEUMONIE ET GROSSESSE
Le pronostic est presque toujours fatal pour la mère et pour l’enfant.
Le traitement de l’ictère simple et de l’ictère grave ne présente rien de particulier chez la femme enceinte ; la seule question qui se pose parfois est celle de l’avortement ou de l’accouchement prématuré. 11 faut chercher, dès l’apparition de l’ictère, à assurer une antisepsie intestinale minutieuse en donnant le henzonaphtol, par exemple, à la dose de 2 gr. 50 par jour en 5 cachets.
5“ Ictère épidémique. Un certain nombre d’épidémies d’ictère ont été relatées, dans lesquelles les femmes enceintes étaient particulièrement atteintes; la maladie revêtait chez la plupart d’entre elles un caractère de gravité tout particulier ; ces femmes avortaient ou accouchaient prématurément, et présentaient, les jours suivants, des symptômes d’ictère grave auxquels elles succomhaient le plus souvent.
Pneumonie. — Les rapports de la pneumonie avec la grossesse ont été surtout étudiés depuis Grisolle (1841); grâce aux recherches des microbiologistes, et en particulier de Netter, cette question entre aujourd’hui dans une voie un peu nouvelle. La thèse de S. Flatté* est un des travaux les plus complets sur la question.
La puerpéralité ne prédispose aucunement à la pneumonie; il semble même que cet état ne crée point un terrain favorable à l’évolution de la maladie. Lorsque cependant la pneumonie éclate chez une femme enceinte, elle s’accompagne d’une réaction fébrile plus marquée, et surtout d’une dyspnée intense due en partie à la gène mécanique apportée au jeu du diaphragme, et elle ne présente pas de siège de prédilection ni de marche particulière. La pneumonie est plus grave chez une femme enceinte qu’en dehors de la puerpéralité, en raison du surmenage qu’impose au cœur la coexistence de la pneumonie et de la grossesse.
Ce qui est mieux établi, c’est la fréquence de l’avortement et de l’accouchement prématuré qui surviennent, le premier dans plus du tiers des cas, le second dans les deux tiers des cas ; de telle sorte que plus la grossesse est avancée, plus elle est exposée à être interrompue par la pneumonie intercurrente. Les causes qui amènent l’expulsion de l’œuf sont mal connues ^hyperthermie, dyspnée, accumulation d’acide carbonique dans le sang, mort du fœtus, etc.).
Sur 213 cas qu’il a réunis. Flatté a noté que la grossesse avait été interrompue 118 fois, soit 55,4 pour 100; sur ces 118 cas, il y a eu 42 avortements et 76 accouchements prématurés.
Le pronostic pour la mère diffère suivant que la grossesse est interrompue ou non; il serait plus grave lorsque le fœtus est expulsé (Boli). L’expulsion du fœtus est-elle bien la cause de la gravité plus grande du pronostic, ou ne faut-il pas plutôt admettre que la femme ne succombe de même qu’elle n’accouche que parce que l’infection pneumonique possède une intensité particulière? D’ailleurs l’expulsion du fœtus est suivie d’une détente dans les troubles pulmonaires, d’un abaissement de la température et d’une
‘ La pneumonie pendant la grossesse. Th. de Paris, 1892.