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DIAGNOSTIC DES ACCÈS ÉCLAMPTIQUES

D’une manière générale, le fœtus a d’autant plus de chances de naître vivant que l’éclampsie débute à une époque avancée de la grossesse et surtout du travail, qu’elle est moins intense et que l’expulsion du fœtus est plus rapide. Les enfants succombent en raison des troubles de l’hématose qui ont lieu au moment de l’accès, et par suite des altérations du sang maternel. D’après certains auteurs (Braun, Charpentier et Butte), la mort serait due à l’accumulation de l’urée dans le sang et dans les tissus du fœtus.

Quelques enfants d’éclamptiques qui naissent vivants ou qu’on peut ranimer succombent les jours suivants, soit par faiblesse congénitale, soit à la suite d’hémorrhagies ou de convulsions.

Chambrelent‘ a appelé l’attention sur les causes de la mort des fœtus chez les femmes ayant des accès éclamptiques : d’une part la toxicité du sang est plus grande que chez des fœtus nés de mères bien portantes ; d’autre part il a constaté, dans des recherches faites avec M. Cassaët(de Bordeaux), que chez quatre fœtus il existait manifestement des lésions du foie et des reins se rapprochant de celles qui ont été décrites dans l’éclampsie maternelle.

Diagnostic. — Le diagnostic de l’éclampsie est, suivant les conditions très différentes dans lesquelles se présentent les malades, d’une extrême simplicité ou d’une difficulté grande. D’une manière générale, les accès convulsifs survenant chez une femme enceinte, albuminurique, et s’accompagnant de coma, doivent être mis sur le compte de l’éclampsie.

Lorsque le médecin est appelé auprès d’une femme qu’il sait enceinte, chez laquelle il constate de l’albuminurie, en même temps qu’if assiste à l’accès, il ne peut guère hésiter sur le diagnostic : l’accès éclamptique ne saurait être confondu qu’avec l’attaque épileptique ou l’attaque àihystérie, ou bien encore avec l’attaque àliystéro-épilepsie.

Dans Y épilepsie, les commémoratifs apprennent que la femme est depuis longtemps sujette à des accès convulsifs; l’attaque est précédée d’une aui'a, la femme pousse un cri: de plus, après l’accès, elle reprend habituellement connaissance, son intelligence reparaît; la température s’élève peu et dépasse rarement 38®,5. Enfin l’urine, qui peut être légèrement albumineuse, ne renferme jamais cette quantité considérable d’albumine qu’on rencontre habituellement dans l’éclampsie.

Le diagnostic avec l’attaque d'hystérie est encore plus facile : l’attaque débute souvent brusquement ; la femme a une sensation d’angoisse et d’oppression : les convulsions sont plus généralisées, mais ne s’accompagnent pas de troubles aussi marqués de la circulation ; il n’y a que fort rarement morsure de la langue. La convulsion hystérique s’accompagne souvent d’attitudes passionnelles, et n’est jamais suivie de coma; aussitôt après la femme repi’end ses sens, se met à sangloter. Enfin l’albumine fait défaut dans les urines, qui sont claires, limpides et abondantes.

Signalons le diagnostic avec les convulsions liées à Y intoxication saturnine que l’on peut dépister par les commémoratifs, par l’existence du liséré plombique, etc.

* Soc. obstétricale de France, avril 1805,

FRÉCIS D’OBSTÉT.UOUB.

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