ANATOMIE PATHOLOGIQUE DANS LES ACCÈS ÉCLAMPTIQUES
La couleur du foie est tantôt d’un jaune plus ou moins clair, tantôt d’un ^nis ardoisé: à la coupe, le foie est jaune et cette coloration n’est pas. tant due à la dégénérescence graisseuse qu’à une série de lésions de l’épithélium diflerentes les unes des autres (Pilliet). On aperçoit, comme sous la capsule, des taches d’un rouge plus ou moins foncé qui se présentent sous forme de marbrures ou de petites taches occhymotiques de volume vaidable. Elles sont plus ou moins nombreuses, quelquelois disséminées dans le parenchyme hépatique, d’autres fois massées dans certaines zones. Ces lésions siègent autour de l’espace porte (Virchow et Jürgens) et seraient le point de départ des embolies se rendant aux autres organes.
Au microscope, on voit que ces lésions se présentent sous trois aspects (Pilliet) : A un premier degré, il existe une dilatation spéciale des capillaires intralobulaires, situés au voisinage immédiat de l’espace porte; ces îlots de capillaires ectasiés sont disposés irrégulièrement autour des espaces portes et greffés excentriquement sur l’espace de Kiernan; chacune de ■ces dilatations capillaires est parfaitement circulaire, de telle sorte que les foyers d’ectasie présentent un contour découpé et forment une série de convexités semblables à celles que donnerait le contour d’une grappe de raisin.
A un second degré, qu’on observe plus fréquemment, les foyers se sont agrandis, la périphérie est toujours formée par des dilatations vasculaires, mais le centre est composé d’un assez grand nombre d’éléments en voie de nécrose (cellules hépatiques, globules détruits, débris de capillaires, etc.); le tout est englobé dans un réseau irrégulier composé de vacuoles et formé de fibrilles feutrées qui sont constituées par de la fibrine.
A un troisième degré on observe des infarctus qui peuvent s’étendre, devenir confluents et amener par oblitération des vaisseaux la nécrose des portions du parenchyme qui les séparent. Il se produit alors de vastes séquestres limités par des infiltrations de cellules rondes qui forment à la surface du foie des marbrures semblables à celles de l’ictère grave.
Rate. — La plupart des auteurs mentionnent seulement que la rate, dans l’éclampsie, est grosse, congestionnée, diffluente; Bouffe de Saint-Biaise a montré qu’il y a une analogie presque complète entre les lésions de la rate et celles du foie. La couleur n’est pas sensiblement changée; mais, sur le fond bleuâtre, on distingue des points plus foncés, ou des taches noirâtres de forme irrégulière. A ce niveau la capsule décollée recouvre un épanchement sanguin quelquefois très considérable.
Sur une coupe de l’organe faite au niveau de l’une de ces taches, on voit que le parenchyme splénique peut être refoulé ou détruit sur une assez grande étendue. L’épanebement sanguin est plus ou moins ramolli; parfois il est transformé en putrilage mou qui s’écoule hors de la trame. Les hémorrhagies siègent en deux points : les unes sont sous-capsulaires et forment des infiltrations en nappes plus ou moins étendues; les autres, mal circonscrites, se font le long des trabécules de la rate.
Reins. — Ces lésions ont été étudiées par un certain nombre d’auteurs; les uns ont trouvé des lésions manifestes dans la pluralité des cas, les autres