‹ Précis d'obstétriqueChapitre 436 sur 713 · HETENTION DU FŒTUS MORT · texte numérisé non relu

HETENTION DU FŒTUS MORT

granuleux. Elles sont constituées par des amas de cellules embryonnaires occupant les espaces qui séparent les lobules hépatiques et qui sont surtout disposées au pourtour des ramuscules de la veine porte.

Rate. — Elle est hypertrophiée (Paris); quelques jours après la naissance elle pèse 58 grammes au lieu de 7 à 8 grammes, son poids normal. Cette augmentation de volume est due à un trouble circulatoire dans la veine porte (P. Bar).

Péritoine. — Souvent les enfants syphilitiques naissent avec un ventre que rend volumineux, non seulement l’hypertrophie des organes, foie, rate, mais l’inflammation du péritoine (Simpson); parfois ce n’est que quelques jours après la naissance que surviennent les lésions péritonitiques.

Testicules syphilitiques. — Les lésions des testicules sont constituées par de petits grains qui sont des amas de cellules rondes embryonnaires; ces amas se forment dans le tissu conjonctif qui entoure les artérioles provenant de l’albuginée (Hutinel). Ces lésions peuvent ne pas rester périvasculaires : elles envahissent alors tous les éléments des testicules.

Lésions osseuses. — Elles ont été bien étudiées par Parrot, qui en a décrit trois types spéciaux : a, type d’altération chondro-calcaire ou d’ostéophytes durs qui siègent surtout au niveau du tibia, de l’humérus, et qui ne se développent que de la première à la sixième semaine qui suit la naissance ; b, tjq)e d’atrophie gélatiniforme ; c, type spongoïde qui ne serait autre que le rachitisme.

Rétention du fœtus mort dans la cavité utérine. — Lorsque le fœtus succombe pendant la grossesse, il est rare que le travail se déclare de suite et que le fœtus soit expulsé; habituellement le fœtus reste pendant un certain temps (en moyenne 15 jours) dans la cavité utérine; quelquefois la durée de la rétention est plus longue (1, 2 mois); dans la grossesse gémellaire, si l’un des deux fœtus vient à succomber, vers le milieu de la grossesse, il peut n’étre expulsé qu’au moment de l’accouchement à terme (voy. page 650). — Dans certains cas exceptionnels de grossesse simple, le fœtus est retenu au delà du terme : la grossesse est dite à tort prolongée-, ce qui est prolongé, ce n’est poini la grossesse, mais la rétention du fœtus mort. Dans un cas observé par Pinard le fœtus ne fut expulsé — à la suite d’une intervention — que trois mois environ après le terme de la grossesse et après la mort du fœtus.

Quelles sont les modifications que subit le fœtus ainsi retenu dans la cavité utérine! — Elles varient suivant l’époque de la grossesse à laquelle succombe le fœtus.

1“ Dissolution du fœtus. — Lorsque l’embryon meurt pen mt les deux ou trois premiers mois de la gi’ossesse, il se dissout « à peu près comme le cristallin se fond dans l’humeur aqueuse, après l’opération de la cataracte par abaissement ». Cette dissolution s’explique par la composition chimique du corps de l’embryon surtout formé d’eau. Le temps nécessaire pour cette dissolution est court dans les premières semaines, plus long dans le deuxième mois. Si l’embryon est expulsé avant que cette dissolution soit opérée, naît plus ou moins ratatiné (fig. 576); si, au contraire, la dissolution est

MACERATION DU FŒTUS.

achevée, on ne trouve pour ainsi dire plus de traces de l’embryon : d’où les dénominations à'œufs vides, d'œufs clairs, do faux germes. — Le liquide amniotique est plus épais, d’apparence louche, quelquefois laiteuse; traité par l’éther, il offre les réactions d’une émulsion de graisse.

2“ Momification (atrophie, dessiccation). — A partir du troisième mois le fœtus ne peut plus se dissoudre; ses tissus sont trop résistants (fig. 577). 11 subit alors des altérations qui ont été fort bien décrites par Lempereur.

« Le fœtus, plongé dans le liquide amniotique comme un fruit dans une liqueur, y éprouve quelques-uns des changements qu’on observe dans ce dernier cas. Les tissus, encore mous, se concentrent, se resserrent, se condensent; ils diminuent de volume, se réduisent à une couche plus mince, se racornissent, en un mot. Le fœtus prend une coloration terreuse, grise, jaunâtre et terne. Le liquide amniotique, terreux, épais, finit par disparaître en déposant sur le fœtus un sédiment analogue au dépôt des eaux débordées. »

Dans le cas de grossesse géà l’action physicoqui produit l’atro-

57G. — (Eul' clair. L’embryon est presque complètement dissous.

mcllaire, chimique

phie vient se joindre une action mécanique qui aplatit le fœtus, le comprime de manière à le faire ressembler à un petit bonhomme de pain d’épice {fœtus compressus).

5“ Macération. — C’est l’altération la plus fréquente du fœtus : elle ne se produit que du cinquième mois à la fin de la grossesse. « Sous l'influence de l’eau et de la chaleur seulement, la décomposition est lente, elle évolue sans production de gaz, d’odeur, de teinte verte cadavérique : elle ne retentit en aucune façon sur l’organisme maternel, comme le fait la putréfaction. Le corps du fœtus macéré semble ramolli et s'affaisse sur lui-même, ou plutôt il s’étale. Tous ses tissus sont infiltrés, imbibés par une sérosité rougeâtre qui

les a teints en rouge brun plus ou moins foncé La peau est également

brunâtre, rouge ou parcheminée, tantôt couverte de phlyctènes, tantôt dépouillée de son épiderme. La tête est plus ou moins déformée, les os du crâne, chevauchant les uns sur les autres, sont quelquefois complètement disjoints. Le ventre, aplati, élargi, est déjeté latéralement. Le thorax a perdu sa voussure normale (Pinard) » (fig. 578).

Ces altérations se produisent peu à peu, ainsi que l'ont bien montré les

MACERATION DU FŒTUS,

recherches de Lempereur, Sentex, Ruge : pendant les deux premiers joursil n’y a guère de modifications appréciables en dehors de la flaccidité, de la décoloration des tissus, d’une imbibition légère du cordon. Les jours suivants la peau devient brunâtre; le tissu cellulaire sous-cutané s’infiltre et l’épiderme se soulève.

Au bout d'une huitaine de jours, la tête est flasque, les os de la voûte dru

crâne s’affaissent. Les côtes deviennent saillantes, le thorax est aplati, l’abdomen se déprime ; il se forme au niveau des flancs deux saillies arrondies dues â l’épanchement de liquide dans la cavité péritonéale. L’épiderme est soulevé çà et là par de la sérosité sanguinolente ; il s’enlève partout avec facilité, sauf sur la face et sur le crâne où il est encore adhérent. La coloration rosée de la cornée gagne les humeurs de l’œil, mais respectele cristallin.

A partir du douzième jour, la macération s’accentue ; ta flaccidité du petit cadavre est plus marquée; l’épiderme s’enlève avec facilité même sur la face. Le cuir chevelu' est infiltré par une sérosité épaisse, ressemblant à de la gelée de cerise. Peu à peu tous les tissus se ramollissent et se laissent infiltrer de plus en plus

Les lésions des viscères qui se produisent sous l’influence de la macération ont été bien étudiées par Lempereur et par Ruge : les éléments épithéliaux se gonflent, subissentla dégénérescence graisseuse; quant aux éléments du stroma des viscères, ils présentent la dégénérescence' granuleuse.

C’est le foie qui le plus rapidement traduit ces modifications profondes par des changements de consistance, de forme, etc. ; il devient mou, friable et prend une colorationbrou de noix clair. Bientôt (vers le huitième jour) le foie présente une coloration jaunâtre.

Fig. 577. — Fœtus momifié.

(D'après nature.)

V intestin grêle aune teinte grisâtre et s’affaisse sur lui-même. On trouve des épanchements de sérosité sanguinolente dans les cavités péritonéale, pleurale et péricardique. Cette sérosité est moins abondante dans ta cavité crânienne. Les poumons et le cœur ont une coloration violetté. Peu à peutoutes ces lésions s’accentuent; le liquide augmente dans les cavités séreuses et infiltre le tissu cellulaire des parois voisines. Les viscères se ramollissent de plus en plus et se laissent déchirer avec le doigt; il n’est plus possible de

Page 1