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PUTRÉFACTION DU FŒTUS

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(lii l'œtus) de l’œuf, alors même que la circulation maternelle persiste encore, elles sont rapidement envahies par la nécrobiose.

Le placenta garde parfois son aspect normal; d’autres fois il est volumineux, d’un blanc rosé et semble œdématié. Dans d’autres cas il est aminci, ratatiné et présente une coloration grisâtre ; les villosités choriales ont subi pour la plupart la dégénérescence granulo-graisseuse.

Le cordon est infiltré, augmenté de volume ; sa coloration devient peu à peu rosée, rougeâtre et se rapproche généralement de la coloration du fœtus.

Les membranes ne présentent souvent aucune particularité : lorsqu’en succombant le fœtus a perdu son méconium, l’amnios a quelquefois une teinte verdâtre ; généralement sa coloi’atioa et celle des autres membranes sont grisâtres.

Le liquide amniotique varie de couleur suiva:nt la durée de la rétention : peu de temps après la mort du fœtus la coloration verdâtre est due à l’issue du méconium, plus tard c’est la matière colorante du sang qui vient se mélanger à lui, par suite de la rupture des phlyctènes remplies de sérosité sanguinolente. Parfois ce liquide a une coloration noirâtre, semblable à du marc de café, et une consistance épaisse.

4" Putréfaction. — Pour que le fœtus retenu dans la cavité utérine se putréfie, il faut que l’air puisse pénétrer jusqu’à lui, c’est-à-dire qu’il y ait rupture des membranes : le fœtus se trouve alors dans de bonnes conditions (air, chaleur, humidité) pour se putréfier. — Cette décomposition se fait plus ou moins rapidement suivant que le fœtus est mort depuis un temps plus ou moins long, suivant que l’antisepsie a été ou non instituée. 11 se produit une infiltration du tissu cellulaire par différents gaz ; cet emphysème, qui est plus ou moins généralisé, augmente le volume des parties qu’il envahit et peut créer une véritable dystocie.

Les gaz s’accumulent dans la cavité utérine qu’ils distendent et rendent l’utérus sonore à la percussion {physométrie).

Les tissus du fœtus prennent une coloration livide, marbrée, puis verdâtre; il s’en exhale une odeur fétide, repoussante, due aux gaz qui s’échappent de ce corps en décomposition.

L’augmentation de volume du fœtus peut être considérable ; parfois « le fœtus forme un véritable ballon absolument méconnaissable au toucher » (Championnière). Smellie avait jadis observé, dans un cas de putréfaction, un fœtus gonflé et distendu surnageant à la surface du liquide amniotique comme une outre gonflée flottant sur les eaux.

Un autre effet de la putréfaction, c’est de diminuer la consistance des tissus ; sous l’influence du ramollissement, les parties fœtales se séparent les unes des autres à la moindre traction qu’on exerce sur elles : ce qui, pour le dire de suite, crée un cas des plus sérieux de dystocie.

Rigidité cadavérique. — Dans des cas assez rares, mais dont on ne peut mettre en doute faulbenticité, le fœtus nait en état de contracture, de rigidité dite cadavérique. Pour les uns cet état résulterait de contractures se produisant au moment de la mort chez le fœtus vivant ; Pinard a fortement battu en brèche cette théorie en faisant remarquer que généralement les

SIGNES DE LA MORT DÜ FŒTL'S.

membres atteints de convulsions sont dans l’extension, tandis que les fœtusqui présentent cette rigidité sont pelotonnés sur eux-mêmes, dans le sens de la flexion; aussi a-t-on comparé cet état du fœtus à la rigidité qui survient dans tout cadavre après la mort.

Symptômes et diagnostic. — Les signes de la mort du fœtus diffèrent suivant l’époque de la grossesse à laquelle survient cet accident; pendant les premiers mois, les phénomènes réflexes dus à la grossesse cessent brusquement en même temps qu’il se produit une montée laiteuse ou tout au moins une congestion mammaire plus ou moins prononcée. Il est parfois facile de faire sourdre du mamelon un liquide jaunâtre. De plus, si l’on examine la femme deux ou trois semaines après un premier examen, on constate que le volume de l’utérus n’augmente pas, et qu’il a même plutôt une tendance à diminuer. Toutefois ces examens, pour donner des renseignements positifs, ont besoin d’être renouvelés à plusieurs reprises.

Dans la seconde moitié de la grossesse, la disparition des mouvemcnts^ actifs a une réelle importance, surtout si la femme constate en même temps une diminution du volume du ventre et une montée laiteuse. Les troubles qui persistent à cette époque s’atténuent et disparaissent; c’est ainsi que, par suite de la diminution de volume de l’utérus, les varices s’affaissent (Budin et Rivet), l’albuminurie diminue, etc.

Les symptômes généraux manquent le plus habituellement; c’est à tort qu’on a décrit des troubles divers tels que symptômes fébriles, céphalée, changement de caractère, etc. Comme l’a fort bien observé Cazeaux, on voit des femmes « porter plusieurs mois un fœtus mort sans s’en douter et quelques-unes même s’applaudir de l’amélioration survenue dans leur état géné-^ ral, grâce à la disparition subite des troubles sympathiques de la gestation ».

Giuseppi a observé V acétonurie sept fois sur 98 femmes enceintes : dans les sept cas la femme portait dans Lutérus un enfant mort et macéré. L’acétonurie aurait son origine dans la destruction des matières albuminoïdes du fœtus.

Les accidents fébriles, infectieux ou non, ne surviennent que quand l’œuf étant ouvert, le fœtus se putréfie dans la cavité utérine. Les liquides qui s’écoulent par les organes génitaux prennent assez rapidement une odeur infecte ; des gaz dus à la putréfaction s’accuruulent dans la cavité utérine et s’échappent par le vagin; sous l’influence de la putréfaction, le muscle utérin se paralyse, se laisse distendre et lorsqu’on percute l’utérus, au lieu de la matité, on constate du tympanisme dù à la physométrie. La femme pré-^ sente en même temps de l’élévation de température, des frissons plus ou moins répétés; la langue devient sèche, l’haleine fétide, etc. ; si la putréfaction date de plusieurs jours, si une désinfection énergique du canal génital n’est pas pratiquée, les symptômes d’infection purulente ou putride se confirment.

En dehors de ces complications dues à la putréfaction fœtale, les symptômes généraux sont généralement nuis et c’est seulement par un examen attentif que l’accoucheur peut reconnaître que le fœtus a cessé de vivre.

tS52 DTAGNOS le DE LA MORT DU FŒTUS.

Pendant la première moitié de la grossesse, le palper peut fournir des renseignements utiles, surtout s’il est pratiqué à diverses reprises; il permet ainsi de constater que l’utérus cesse d’augmenter le volume.

Le palper, combiné au toucher, permet seul de soupçonner la mort du fœtus; le volume de l’utérus n’est pas aussi gros qu’il devrait l’être à cette époque présumée de la grossesse; mais il est impossible, à moins d’examens répétés, d’affirmer la mort du fœtus, puisqu’à cette époque il n’est même pas possible d’affirmer l’existence de la grossesse.

Dans certains cas, le volume de l’utérus est difficile à apprécier : sa consistance est mollasse, pâteuse, et ce n’est qu’au moment où survient une contraction utérine qu’on peut reconnaître que cette tumeur est l’utérus.

Ces sensations peu distinctes, l’absence de ramollissement du col, la disparition des phénomènes réflexes de la grossesse, peuvent faire soupçonner la mort du fœtus, mais ne permettent point de l’affirmer. La plus grande réserve s’impose alors : pour donner une idée des difficultés de diagnostic, rappelons que, dans les cas où le fœtus meurt dans les deux premiers mois de la grossesse, souvent il se dissout; l’utérus, bien que renfermant un embryon, est très peu volumineux. On peut croire alors ou bien que la femme a fait un avortement et que l’utérus est resté seulement un peu volumineux, ou bien que cette augmentation de volume est due à une autre cause (fibromes par exemple! qui donne lieu en même temps aux irrégularités de la menstruation.

Pendant la seconde moitié de la grossesse, les signes fournis par l’examen sont beaucoup plus nets et le diagnostic de la mort du fœtus est plus facile.

Les symptômes varient suivant l’époque de la grossesse à laquelle survient l’accident. Pour bien étudier les symptômes locaux qu’on constate en cas de mort du fœtus, prenons le cas d’une femme enceinte de huit mois, chez laquelle la grossesse ne peut faire de doute.

Parfois la femme ne perçoit plus les mouvements actifs : elle s’inquiète surtout si, au bout de deux ou trois jours, les mêmes sensations font défaut et s’il se produit une montée laiteuse. Chez les multipares qui ont allaité, ce signe est surtout accusé.

Si l’on est appelé peu de temps après cette cessation des mouvements actifs, l’auscultation ne permet plus de constater les bruits du cœur fœtal : le hruit de souffle utérin seul peut persister. Au palper, l’utérus est facilement délimité; les mouvements actifs ne sont plus perceptibles à la main. Pendant les premiers jours les sensations sont à peu près les mêmes que celles fournies lorsque le fœtus est vivant; peu à peu elles deviennent moins nettes; les parties fœtales ne se reconnaissent plus aussi facilement; s’il est encore possible de faire le diagnostic de présentation, on ne peut plus différencier la position. L’utérus diminue progressivement de volume par suite de la résorption du liquide amniotique, il devient difficile de percevoir les parties fœtales à travers les parois utérine et abdominale.

En cherchant à reconnaître quelle est la partie fœtale qui se présente au niveau du détroit supérieur, on peut tout d’un coup sentir une sorte de

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