DIAGNOSTIC DE LA MORT DU FŒTUS
craquement, de bruit analogue à celui que l’on perçoit en remuant doucement un sac de noix : cette crépitation osseuse (Negri) est due au chevauchement des os du crâne, mobiles les uns sur les autres. Ce signe est encore plus manifeste lorsque c’est l’extrémité pelvienne qui se présente au niveau du détroit supérieur; l’extrémité céphalique ballotte encore faiblement vers d’un des hypochondres et on peut, en recherchant ce ballottement, percevoir ! la crépitation osseuse.
' Le toucher ne fournit que peu de renseignements; on peut cependant parfois percevoir la même crépitation osseuse à travers le segment inférieur, quand la tête est en bas.
Lorsque le fœtus a succombé depuis plusieurs semaines, si l’on n’a pas examiné la femme antérieurement, si la grossesse n’était que de six à sept mois, les signes de la mort du fœtus et même de la grossesse deviennent obscurs ; l’utérus forme une tumeur mollasse, pâteuse, difficile à délimiter ; au toucher le col est peu ramolli, il est difficile d’apprécier le développement du segment inférieur et ce n’est qu’après un examen prolongé, ou même ce n’est qu’à la suite d’examens répétés qu’on peut affirmer que cette tumeur est réellement constituée par l’utérus ; le diagnostic est singulièrement facilité lorsque, pendant l’examen, on sent cette tumeur se contracter sous la main ; on peut en même temps se rendre compte par le toucher que cette tumeur qui se durcit est bien en continuité avec le col de l’iitérus.
Parfois l’utérus présente une dureté ligneuse qui fait errer le diagnostic et qui fait croire à tort à l’existence de fibro-myomes ; l’interrogatoire, la forme régulière de l’utérus, permettent d’éviter l’erreur.
11 y a dans le diagnostic de la mort du fœtus quelques causes d’erreur : c’est ainsi qu’i/ ne faut pas se hâter de croire à cette complication parce qu’on ne perçoit pas les bruits du cœur fœtal. Cette absence de perception peut tenir à ce que l’auscultation est mal pratiquée, par exemple au moment où l’utérus se contracte ou parce qu’on ne cherche pas le foyer d’auscultation au lieu d’élection; dans l’hydropisie de l’amnios, les bruits du cœur peuvent ne pas être perçus, bien que l’enfant soit vivant.
Il ne faut accorder qu’une valeur très secondaire aux renseignements fournis par la femme au sujet de la cessation des mouvements actifs; parfois, vers la fin de la grossesse, un fœtus, volumineux se trouve immobilisé de telle sorte que ses mouvements sont très limités, et qu’ils ne sont plus perçus par l’utérus dont la sensibilité est émoussée. Inversement il arrive que la femme sente remuer encore, bien que le fœtus ait cessé de vivre depuis plusieurs jours : elle perçoit seulement les mouvements passifs qu’impriment au fœtus les changements de position.
D’autres fois les femmes analysent mal leurs sensations; elles croient sentir remuer alors que c’est seulement l’utérus qui se déplace en masse ; cette sensation est due, d’après Tarnier, « à la chute du globe utérin tout entier qui, n’étant plus turgescent comme il l’est dans le cours régulier de la grossesse, forme, après la mort du fœtus, une masse inerte qui obéit aux lois de la pesanteur ».
PRÉCIS d’obstétriqüe. 53