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CURAGE DIGITAL DANS L’AVORTEMENT

d’habitude, on reconnaît la place qu’occupe le placenta, qui donne une sensation de mollesse, de saillie qui diffère de celle de la paroi utérine avoisinante. On enlève alors ces débris de placenta ou le placenta entier; puis, lorsqu’il est aussi complètement détaché qu’on peut le faire ainsi, on continue à nettoyer avec la curette le reste de la cavité utérine ; pour vider les cornes utérines, on se sert de curettes plus petites ou de la curette de Récamier.

On nettoie alors la cavité utérine soit avec un écouvillon imbibé de glycérine créosotée à 1 gramme pour 5 grammes, soit avec une bande de gaze iodoformée montée sur une pince longuette et imbibée de la même solution ; on pratique ensuite une irrigation intra-utérine avec 2 litres de solution antiseptique tiède, puis on introduit dans la cavité utérine une longue mèche de gaze iodoformée, on met ensuite dans le vagin un petit paquet de gaze iodoformée. On laisse le pansement en place pendant deux ou trois jours

On retire alors la gaze iodoformée qui se trouve dans l’utérus et, après un lavage minutieux du vagin, on place à nouveau de la gaze iodoformée dans le vagin. Le pansement est renouvelé deux ou trois fois, puis, vers le quinzième jour, on enlève tout pansement vaginal et l’on se contente de faire des injections vaginales.

B. Curage digital. — Après avoir assuré l’asepsie des organes génitaux, on introduit doucement la main dans le vagin et l’on recherche l’orifice du col avec l’extrémité de l’index. On fait pénétrer dans l’utérus l’index, puis le médius. En même temps, l’autre main appliquée sur la région hypogastrique abaisse l’utérus et l’immobilise, en l’empêchant d’être refoulé trop haut par les doigts introduits dans l’utérus.

Lorsque la femme est bien anesthésiée, l’introduction des doigts dans la cavité utérine se fait sans difficulté ; dans certains cas où le canal cervical offre quelque résistance, il suffit de le dilater temporairement avec un ballon de Barnes ou avec un petit ballon de Champetier de Ribes.

Lorsque le placenta est en partie décollé, le doigt est guidé pour arriver sur la portion encore adhérente que l’on sépare peu à peu de l’utérus. — Lorsque le placenta n’est pas du tout décollé ou lorsque, à la suite de manœuvres intempestives, il reste seulement dans la cavité utérine des cotylédons placentaires isolés, le ou les doigts s’orientent pour trouver les cotylédons qui forment au niveau de la face interne de l’utérus une saillie plus ou moins marquée et qui se décollent avec plus ou moins de facilité suivant le degré des adhérences. Quelquefois la tâche est facile : il n’y a pour ainsi dire qu’à cueillir le placenta, qui se décolle très bien.

Souvent, au contraire, le placenta adhère considérablement à la paroi utérine. Il faut alors, procédant avec lenteur, sans violence, décoller avec le bout du doigt toutes ces adhérences. « Le placenta, friable, n’est extrait que par morceaux qui se déchirent à la moindre traction. On conçoit la difficulté et le peu de sécurité dans ces cas, quand on cherche à extraire le délivre avec des pinces. On ne doit quitter la cavité utérine que quand le doigt ne sent plus aucun relief, aucune trace de débris placentaires sur sa paroi interne.

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