ACCOUCHEMENT PRÉMATURÉ SPONTANÉ
— La difficulté réside souvent dans l’accès des cornes utérines, dans lesquelles on parvient cependant à pénétrer par la patience et la lenteur. » (Brion.)
Après ce curage digital, on fait une injection intra-utérine avec une solution phéniquée à 5 pour 100, ou avec une solution de sublimé à 1 pour 1000. ou une solution de biiodure de mercure à 1 pour 2000. — On essuie ensuite la cavité utérine avec un tampon de gaze iodoformée monté sur une longue pince à mors ; lorsque la pince est introduite dans la cavité utérine, on lui imprime un certain nombre de mouvements de rotation de manière à frotter la surface interne de l’utérus et à la débarrasser des débris quelle peut contenir. On introduit ensuite dans l’utérus une mèche de gaze iodoformée qu’on laisse pendant quarante-huit heures et l’on bourre le vagin de gaze iodoformée.
Habituellement, après le curettage instrumental ou le curage digital, la température s’abaisse ; les accidents fébriles diminuent et disparaissent ; si l’intervention a été suffisamment précoce, la femme guérit sans accident. Parfois, une heure ou deux après l’opération, survient un frisson indiquant qu’il s’est produit une nouvelle infection au niveau des vaisseaux ouverts ; mais cet incident reste d’ordinaire isolé et la température ne tarde pas à redevenir normale.
Lorsque l’intervention est trop tardive, les accidents peuvent persister malgré le curettage; les frissons se répètent; l’état de la femme s’aggrave et la mort survient par septicémie généralisée.
Aussi est-il important, chaque fois que l’on donne ses soins à une femme menacée d’avortement ou chez laquelle l’expulsion de l’œuf a lieu dans les six premiers mois, de prendre les mêmes précautions antiseptiques que pour un accouchement à terme. Ces précautions doivent être même plus minutieuses et la surveillance plus rigoureuse quand il y a rétention totale ou partielle du placenta; tout en se rappelant que dans la presque totalité des cas cette expulsion se fait sans incident, on ne doit se fier à l’expectation qu’autant que la surveillance est rigoureuse et qu’on est disposé à intervenir d’une manic-re radicale au moindre accident fébrile, à la moindre élévation de température ; ces conditions sont loin d’être facilement réalisées dans la pratique.