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DU GAVAGE

Lorsque la femme nourrit pour la première fois et que les bouts de sein ne sont pas suffisamment formés pour que l’enfant tette facilement, on est obligé d’avoir recours au lait d’ânesse ou au lait stérilisé, qu’on fait prendre par petites quantités (10 à 12 grammes par repas).

C’est pour les cas où l’enfant est trop feible pour téter et même pour boire que Tarnier a conseillé de recourir au gavage; voici le procédé qu’il préconise* :

« L’appareil de gavage pour les enfants se compose tout simplement d’une

sonde uréthrale en caoutchouc rouge (n® 14 ou 16 de la filière Charrière). Au bout de cette sonde on ajuste une cupule en verre qu’on trouve chez tous les fabricants d’instruments de chirurgie et chez tous les herboristes, où elle est vendue sous le nom de bout de sein artificiel du docteur Bailly. Avec ce petit appareil que chacun peut improviser, rien n’est plus aisé que de gaver un enfant. Celui-ci étant placé sur les genoux de la personne qui va procéder au gavage, la tête légèrement soulevée, la sonde est mouillée, puis introduite jusqu’à la base de la langue, et l’enfant, par des mouvements instinctifs de déglutition, la fait pénétrer jusqu’à l’entrée de l’oesophage; on pousse alors doucement la sonde pour lui faire parcourir toute la longueur de l’œsophage, où elle chemine très facilement. Après un trajet de 15 centimètres environ, y compris la bouche et l’œsophage, l’extrémité de cette sonde arrive dans l’estomac ; on verse alors le liquide alimentaire dans la cupule ; bientôt celui-ci, par sa pesanteur, pénètre dans l’estomac, et la cupule se vide ainsi que la sonde qui lui fait suite. Après quelques instants on retire la sonde, mais il faut le faire par un mouvement rapide, car, si l’on procédait lentement, le liquide alimentaire suivrait la sonde et serait rejeté par régurgitation.

« Le nombre de repas et la quantité de lait ingérée doivent varier avec l’àge et les forces de l’enfant, aussi bien au début que pendant le cours de l’allaitement par le gavage. On peut formuler, en règle générale, que les repas seront d’autant plus nombreux que la quantité de lait ingérée à chaque gavage sera plus petite et que l’enfant sera plus jeune et plus faible. 8 grammes de lait toutes les heures suffisent pour un gavage lorsque l’enfant est très petit et qu’il est né loin du terme de la grossesse. »

Cette question de l’alimentation des prématurés ou des débiles est encore à l’étude : dans un travail en cours de publication, P. Budin et Ch. Michcr

Fig. oSi. — Appareil pour le gavage des nouveau-nés.

Bull. Acad, de médecine, 21 juillet 1885.

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