PATHOGÉNIE DU BASSIN OBLIQUE OVALAIRE
Fig. 402. — Bassin oblique ovalaire (type de Nægele).
La lésion porte sur la partie gauche du sacrum. La partie rétrécie se trouve du côté correspondant à la lésion. La symphyse pubienne se trouve entrainée du côté sain.
Pathogénie. —.^Différentes théories ont été émises pour expliquer la for mation du bassin oblique ovalaire : la plus ancienne des théories est celle de Nægele, d’après laquelle ce vice de conformation résulterait d’un arrêt de développement d’une des moitiés du sacrum par suite de l’absence des points d’ossification correspondants.
Cette théorie de Nægele ne fut point acceptée par tous; à côté de ce bassin oblique ovalaire type, on ne tarda pas à décrire des variétés tenant à d’autres causes. C’est ainsi que Betchler .
E. Martin, montrèrent que i’ankylose de la symphyse sacro-iliaque n’était pas toujours primitive, mais qu’elle pouvait résulter d’une inflammation, d’une ostéo- arthrite de cette articulation.
Les recherches de Ilohl (1852) montrèrent qu’il faut admettre trois types de bassin oblique ovalaire :
1“ Des bassins
subissant pen- 403. — Même bassin de Nægele vu par sa face postérieure,
dant la vie intra- Remarquez le rapprochement sensible à la main passée sous les fesses de la utérine un arrêt tubérosité maque et de la crête épineuse sacrée
de développement par suite de l’absence d’un ou de plusieurs noyaux osseux, et présentant une ankylosé de l’articulation sacro-iliaque •
DIAGNOSTIC du" BASSIN OBLIQUE OVALAIRE.
2® Des bassins, subissant un arrêt de développement pendant les premières années de la vie, mais ne s’accompagnant pas toujours de soudure de l’articulation ;
5" Enfin des bassins, dans lesquels la synostose sacro-iliaque résulte d’une ostéo- arthrite survenue soit pendant la vie intra-utérine, soit pendant les premières années.
Litzmann et d’autres auteurs ont voulu faire rentrer dans le cadi'e du bassin oblique ovalaire certains bassins viciés par pression exercée sur l’un des côtés du bassin, par exemple lorsqu’il y a co.xalgie unilatérale ou bien lorsqu’il y a simplement raccourcissement d’un des membres inférieurs ; le poids du corps se trouvant reporté du côté opposé, on conçoit qu’il y ait arrêt de développement par suite de cette pression exagérée ; mais l’étude de CCS bassins asymétriques doit être séparée de celle du bassin oblique ovalaire, type de Nægele, avec ses diverses variétés [Voy. p. 942).
Diagnostic. — Le diagnostic du bassin oblique ovalaire est loin d’être facile : on peut en effet le rencontrer chez des femmes n’ayant aucune déformation sur le reste du squelette, ni aucun antécédent pathologique. Bien plus, chez telle femme qui est accouchée déjà deux ou trois fois spontanément ou sans trop de difficulté d’enfants petits, mais vivants, un nouvel accouchement peut nécessiter la mutilation du fœtus : il suffit pour cela que la grosse partie de l’extrémité céphalique ait été tournée du côté sain dans les accouchements antérieurs, et du côté malade dans le dernier cas.
En examinant la femme dans son lit, on peut n’avoir aucun signe extérieur de l’existence du bassin oblique ovalaire : le squelette paraît bien conformé, il n’y a point de stigmate de rachitisme, mais la partie fœtale n’est pas engagée. Avec un peu d’attention cependant on remarque que l’une des hanches est moins développée que l’autre ; en faisant écarter les membres inférieurs et en examinant les organes génitaux externes, on voit que la vulve n’est point située verticalement sur la ligne médiane du corps, mais dirigée obliquement par rapport à l’axe du corps : elle est déviée du côté sain. 11 est un autre signe de cette viciation pelvienne : normalement on peut, en palpant la partie postérieure du sacrum, déterminer la présence de l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre lombaire et mesurer sa distance de l’épine iliaque postérieure et inférieure ; dans le bassin oblique ovalaii’c, du côté malade, l’apophyse épineuse se trouve presque au contact de l’épine iliaque.
Au toucher, l’épine sciatique du côté malade est saillante, toute cette moitié du bassin est facilement accessible; la ligne innominée, au lieu de présenter son contour arrondi, est plus rectiligne; l’angle sacro-vertébra • est difficilement accessible et ne se trouve point en face de la symphyse^ pubienne ; aussi la mensuration des diamètres antéro-postérieurs du détroi supérieur n’a-t-elle que peu d’importance.
Les diamètres du détroit inférieur sont rétrécis ; on peut se rendre compte du degré d’angustie en mesurant le diamètre bi-ischiatique, soit avec la main introduite dans le vagin, soit en mesurant la distance qui sépare les deux ischions.