PRONOSTIC DE L’ACCOUCHEMENT DANS LE BASSIN OBLIQUE OVALAIRE
Velpeau, après Smellie et Stein, avait déjà indiqué (1835) que, dans les bassins où il n’y a qu’un des diamètres obliques qui soit vicié, l’accouchement est d’autant plus facile que l’occiput correspond au côté large du bassin.
Simon Thomas (1851) conclut de ses recherches que l’expulsion spontanée d’un enfant à terme dans le bassin oblique ovalaire ne peut être vrai semblable que si l’enfant est petit et le bassin grand ; contrairement î Nægele, il admet que « la meilleure position pour l’accouchement, qu’il s’agisse de présentation de la tête ou des fesses, est celle dans laquelle le dos du fœtus (et par conséquent l’occiput) correspond au côté aplati et est orienté en avant {grand diamètre de la tête dans V oblique rétréci). — Litzmann, avec quelques nuances, est de l’avis de Nægele, et depuis son travail tous les auteurs conseillent de tourner l’occiput vers le côté large du bassin.
Tchérépakhinc a repris récemment cette question et a montré que la plupart des observations publiées manquaient des renseignements nécessaires pour établir quelle influence exerce la position de l’occiput du côté rétréci ou du côté élargi sur la facilité ou la difficulté de l’accouchement et sur la mortalité des enfants. Il conclut, non sans raison, « que l’étude du mécanisme de l’accouchement dans le bassin oblique ovalaire type est à faire complètement; les conclusions de Nægele, de Simon Thomas, de Litzmann, sont inacceptables, en contradiction entre elles et avec quelques-uns des faits très rares qui sont suffisamment documentés. Il est à souhaiter que les cas soient à l’avenir mieux observés qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent si l’on veut arriver à une solution de la question posée par Nægele. »
Pronostic. — - Il est bien difficile de formuler quel est à l’heure actuelle le degré de gravité du bassin oblique ovalaire pour la mère et pour le fœtus. Les faits qui ont servi à Nægele, Simon Thomas et Litzmann remontent à une époque où l’antisepsie était inconnue ; c’est à l’aide de ces observations et de quelques-unes plus récentes que Tchérépakhine a établi quel était le pronostic pour 54 cas de bassin oblique ovalaire : sur ces 54 femmes, « 46 ont laissé leur bassin aux musées dont 44 à la suite d’un accouchement ».
Sur les 44 femmes mortes en couches :
29 ont succombé lors du premier accouchement (11 de septicémie puerperaie,
5 non délivrées, les autres à la suite d’interventions (forceps, opération césarienne) ou à cause de rupture de l'utérus;
8 sont mortes lors du deuxième accouchement, l’une à la suite d’opération césarienne, l’autre par suite de rupture de l’utérus) ;
1 de fièvre puerpérale lors du troisième accouchement;
1 de fièvre puerpérale lors du cinquième accouchement artificiellement provoqué et terminé spontanément;
5 femmes sont mortes lors du sixième accouchement, 2 rapidement par suite de rupture utérine, l’autre de 'fièvre puerpérale ;
1 lors du septième accouchement par septicémie à la suite d’accouchement provoqué ;
1 lors du huitième accouchement par pyémie.
Quant aux femmes qui ont survécu, leurs accouchements ont présente