‹ Précis d'obstétriqueChapitre 48 sur 713 · TP 'O · texte numérisé non relu

TP 'O

Coupe d’un follicule de de Graaf.

F e, Couche externe. Fi, Couche interne. V, Coupe de vatnseau. Mg, Membrane gramdeuse. CP, Cumulus proliger 0, Ovule. A, Liquide albumineux.

* L. Gastel. Coiilribution à l’étude des follicules de de Graaf et des corps jaunes. Th Paris, 1891,

STRUCTURE DE L’OVULE

Nombre. — En 1672, Regnier de Graaf, qui, pensant à tort avoir découvert en eux les ovules, n’avait vu que les plus gros, en avait compte jusqu’à 20; Rœderer, 50 à 50 dans chaque ovaire. Le simple raisonnement fit plus tard admettre qu’il devait y avoir au moins autant d’ovisacs qu’il y a de périodes menstruelles : une femme étant réglée en moyenne 12 fois par am pendant 30 ans, il devait y avoir dans ses ovaires au moins 560 ovisacs. Les recherches numériques de Sappeyont montré qu’en réalité le nombre des-

Fig. 9. — Follicule de de Graaf à maturité (d’après Castel).

A, Ovule entouré de va ioae pellucide. B, Cellules de la granuleuse formant des retinacula remplis aa liquide folliculaire. C, Albumine du liquide folliculaire coagulée par l’agent fixateur. D, Theca folliculi ou enveloppe conjonctive du follicule. On aperçoit les cellules de l'oariule dans sa partie la' plus interne.

ovisacs était beaucoup plus considérable, et qu’il était de 530000 environ' pour chaque glande.

Structure de l’ovule. — L’ovule, découvert en 1827 chez les mammifères et dans l’espèce humaine par de Baër, occuperait, d’après cet auteur et aussi d’après Coste,une situation superficielle dans l’ovisac. Il serait logé,, au contraire, dans la partie profonde de la glande d’après Pouchet (1847), Schrœn, Ilenle et Kôlliker.

Waldeyer et de Sinéty admettent que, d’abord profondément situé, il* devient superficiel au moment de la ponte.

V ovule, au moment de sa maturité, constitue une cellule complète, c’està-dire qu’il possède toutes les parties dont peut être composée une cellule.

Il est formé par une masse régulièrement sphérique, dont les dimensions

STRUCTURE DE L’OVULE

sont relativement considérables: chez la femme il mesure 0'"“,2 de diamètre, c’est-à-dire qu’il présente à peu près les mêmes dimensions que chez la femelle du cobaye (0”‘",12) et que chez la lapine 8). D’ailleurs, quelles que soient les dimensions de l’animal, celles de l’ovule ne varient guère; ainsi l’ovule de la souris mesure celui de l’éléphant 0'"“,20.

a. A la périphérie de l’ovule se trouve une membrane d’enveloppe, la membrane vitelline, ou zone radiée' (fig. 11, Zr), appelée autrefois zona pellucida. Cette enveloppe a 0"”",01 d’épaisseur. Elle est très transparente. Sa déchirure est à bords nets. Avec un grossissement suffisant on y voit une structure rayonnée très fine dont l’observation a conduit Lindgren à admettre

Fig. 10. - Coupe de l'ovaire de la lapine (d’après Gastel).

A, Follicule de de Graaf à maturité dans lequel on voit deux ovides entoitrés de leur granuleuse. B, Autre follicule qui ne renferme qu'un ovule.

l’existence de canicules très étroits. 11 existe, en outre, une striation concentrique par couches successives.

La membrane vitelline n’est donc pas, comme on l’a cru longtemps, une sécrétion de Vœuf, mais une formation cuticulaire produite par la soudure et le détachement des plateaux des cellules épithéliales (épithélium folliculaire) du disque proligère qui entoure l’ovule. Elle mérite donc bien plutôt le nom de chorion (Balbiani).

Valentin, R. Wagner, 11. Meyer, remarquant qu’après la déchirure de la zone pellucide le protoplasma ne s’écoule pas comme un liquide, mais difflue comme une masse pâteuse enfermée dans une membrane mince, ont admis l’existence d’une seconde membrane, celle-là réellement sécrétée par l’œuf et méritant le nom de vitelline. D’après Bischof, il s’agit là d’une simple condensation périphérique du vitellus.

La membrane vitelline n’est pas résistante, elle est molle et perméable-.

STRUCTURE DE L’OVULE

elle

ini.cr

se laisse pénétrer facilement par les spermatozoïdes et même par des. obes, ainsi que fol l’a montré par des recherches intéresssantes, ainsi que Gayon et plus récemment Artault l’ont constaté pour l’œuf de la poule.

b. Le vitellus [üo. H, Vi) ou protoplasma vitellin, ainsi nommé par analogie avec le jaune de l’œuf de la poule, remplit entièrement la membrane peilucide dans un œuf non fécond: il est constitué par une masse de protoplasma formé par un filament granuleux haignant dans une substance albuminoïde. G est une émulsion, un amas de granulations fines et pâles de matières protéiques, au milieu desquelles on aperçoit çà et là quelques granulations graisseuses brillantes.

Lu un point excentrique du protoplasma se voit un corps découvert sur

l’œuf de poule par Pïirkinje en 1825 et par Coste dans l’œuf des mammifères en 1834. Ce corps, vésicule germinative, est sphérique et n’est autre que le noyau de la cellule; il est gros, puisqu’il mesure 30 à 50 p. de diamètre (fig. 11, V g) . La vésicule germinative est formée par un réseau de substance chromatique qui joue un rôle considérable dans le phénomène de la fécondation.

A l’intérieur de la vésicule germinative, Wagner a découvert en 1830 plusieurs nucléoles hrillants dont l’ensemble porte le nom de tache cehminative (fig. 11, ïg). Ces nucléoles sont de petites masses formées soit de substance chromatique (nucléide), soit de substance achromatique (paranucléine). Il existe souvent plusieurs taches germinatives. Une tache n’a en moyenne que 5 à 6 pL de diamètre.

Le vitellus de l’ovule de la femme renferme quelques gouttes de graisse, peu nombreuses : c’est un vestige de la grande quantité qui se trouve dans l’œuf de certaines espèces animales. Les œufs qui ne contiennent que quelques granulations graisseuses et dont tout le protoplasma se transforme en embryon sont appelés œufs lioloblastiques{o'),oq, total). Ceux qui contiennent une grande quantité de graisse et seulement un petit disque de protoplasma sont appelés méroblastiques (p.-/ipo;, partie).

Van Beneden a décrit à côté de la tache de Wagner quelques autres co'puscules plus petits qu’il a qualifiés pseudo-nucléaires .

Enfin, en 1864, Balbiani a décrit chez la femme, sous le nom de vésicu e embryogène, une formation déjà vue chez certaines araignées par Wittic!i en 1845 et plus tard par Leydig, par Carus et Leuckardt chez les grenouilles, par Burmeister (1856) chez les crustacés, par Gegenbaucr chez

Fig. 11. — Coupe d’un ovule non fécondé..

Zr, Zo7ie radiée. Vi, Vilellus. Vg, Vésicule rjcrminalive. Tf Tache germinative. EpV, Espace péri-vitellin.

VAISSEAUX DE L’OVAIUE.

le? oiseaux, et désignée par Witticli sous le nom de noyau vitellin. Chez la femme, la vésicule embryogène se présente sous forme d’une petite tache ronde, claire, large de 5 à 8 p-, entourée de granulations qui la font reconnaître.

Pour Balbiani, c’est une cellule née par bourgeonnement d’une des cellules épithéliales qui dans l’ovisac entourent l’ovule. Cette cellule ne se confond pas avec le protoplasma vitellin. Elle jouerait vis-à-vis de la vésicule germinative un rôle analogue à celui du spermatozoïde, en déterminant une sorte de fécondation {préfécondation) suffisante chez certaines espèces animales au développement d'un être nouveau {parthénogenèse).

5“ Substance médullaire ou bulbeuse (voy. divis.,p. 9). — Presque nulle chez le fœtus, elle forme au contraire chez l’adulte la masse principale de l’ovaire, mais elle reste toujours la partie de l’ovaire moins essentielle que la couche ogivère : elle offre une couleur rougeâtre et une consistance spongieuse.

Elle ne renferme pas d’ovisacs; elle est constituée :

a. Par du tissu conjonctif interstitiel qui relie les uns aux autres les faisceaux musculaires et les vaisseaux;

b. Par des fibres musculaires lisses, provenant des ligaments utéro-ovarien et tubo-ovarien : les unes sont isolées, les autres sont réunies en faisceaux ;

O. Par des vaisseaux et des nerfs qui abordent l’ovaire par le hile.

Artères. — Au-dessous du bord inférieur de l’ovaire, les artères ovariques venues de l’aorte ou de l’artère rénale, et les artères utérines, branches de l’hypogastrique, communiquent par une anastomose en arcade. De celle-ci partent une dizaine d’artérioles hélicines qui pénètrent ensuite dans te hile. Ces vaisseaux se ramifient beaucoup : réduits à un grand état de finesse, ils pénètrent dans la couche ogivère et vont former des réseaux sur les follicules.

D’après Fredet la moitié interne de l’ovaire reçoit du sang de V artère uté~ ‘>ûne, la moitié externe en reçoit de l’artère utéro-ovarienne.

Veines. — Elles sont volumineuses, noueuses, largement anastomosées, et forment à la périphérie un groupe de vaisseaux fins en rapport avec la zone corticale et un grand nombre de vaisseaux plus volumineux, centraux, en rapport avec te hile. Au-dessous du hile, elles constituent un riche plexus qui communique avec le plexus pampiniforme et le plexus utérin.

D’après leur calibre, les vaisseaux artériels et veineux séparent la partie bulbeuse de l’ovaire en deux couches : l’une périphérique, dans laquelle les vaisseaux ont un calibre fin, puis pénètrent dans la couche ovigère pour se distribuer aux vésicules de de Graaf; l’autre centrale, dans laquelle les vaisseaux sont volumineux.

Lymphatiques. — Les lymphatiques sont très nombreux : les troncutes aés de la périphérie des ovisacs arrivés à maturité convergent vers le hile de l’ovaire; puis ces troncs, au nombre de cinq ou six, accompagnent les veines utèro-ovariennes, passent avec eux sous le péritoine, au-devant des vaisseaux iliaques nrimitifs; plus haut ils passent au-devant de l’uretère et vont so jeter :

a. Ceux du côté gauche, dans deux ou trois ganglions placés aw-dnvant de l’aorte, un peu au-dessous du hile rénal;

Page 1