RIGIDITÉ DU COL DE L'UTÉRUS
l’on a pu voir dans certains cas le fœtus succomber avant que l’orifice se soit dilaté.
Dans d’autres cas la rigidité n’est que temporaire; peu à peu le travail progresse; le col perd les caractères que nous avons indiqués; le travail marche régulièrement et l’accouchement se termine sans incidents, non sans toutefois endommager le contour de l’orifice utérin qui présente une déchirure plus ou moins étendue.
Dans des cas rares l’obstacle formé par le col rigide n’est surmonté qu’au prix d’une perte de substance assez considérable : une véritable calotte de tissu utérin, au centre de laquelle se trouve l’orifice, se détache du segment inférieur, créant ainsi une large voie par laquelle le fœtus va passer (lig. 427). C’est en pratiquant l’examen histologique de fragments de tissu utérin ainsi détachés que Bouffe de Saint-Biaise et Wallich ont montré qu’il n’y avait point, dans ces parties, de lésions anatomiques; Wallich a de plus constaté qu’il existait une infiltration œdémateuse de la portion de tissu utérin détachée.
Voyons comment cette question a été successivement envisagée par les différents auteurs depuis le commencement du siècle; nous verrons ensuite comment, à notre avis, l’on peut comprendre ces faits et, par suite, quel traitement il convient d’appliquer suivant les cas. Mme Lachapelle considéi’ait la rigidité de l’orifice utérin comme assez fréquente. « On la rencontre souvent, disait-elle, avec inertie par épuisement, soit comme cause, soit comme effet. De même que l’inertie, la rigidité de l’orilice nécessite souvent les secours de l’art pour l’extraction du fœtus; elle peut parfois être surmontée par les seuls efforts de la nature, et de même que l’inertie, la rigidité peut être temporaire, et quelques médications telles que les bains, la saignée, peuvent en abréger la durée. » Mme Lachapelle ajoute qu’on voit parfois l’orifice externe « conserver une épaisseur, une dureté assez considérable et résister aux contractions utérines, soit que cet effet soit dù à une sorte de spasme, soit qu’on doive le regarder comme une disposition organique particulière ».
l’our Baudelocque, il semble que la rigidité du col et sa rétraction spasmodique soient la même chose. Baudelocque fait remarquer que, « sans aucune modification de structure, par simple rigidité, l’orifice utérin peut n’être pas disposé à s’ouvrir et retarder ainsi l’accouchement. Souvent les douleurs sont en même temps faibles et rares et l’orifice paraît ne pas se dilater, par suite d’un état vicieux de la contractilité utérine. »
Cazeaux et Tarnier considèrent la rigidité anatomique du col, d’origine mécanique, comme beaucoup plus rare que le spasme, c’est-à-dire que la rigidité siaasmodique. Ils attribuent cette rigidité anatomique à ce que, sans qu’aucune altération puisse l’expliquer, les fibres du col offrent une résistance extraordinaire à l’action des fibres du corps. « Cette lésistance du col se rencontre surtout chez les femmes trop jeunes, chez celles qui sont âgées et qui accouchent pour la première fois, ou bien lorsque le travail s’est déclaré prématurément. » Ces auteurs ajoutent « qu’il ne tant pas conlondre cet état anatomique du col avec un orifice qui reste simplement épais parce