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CANCER DU COL DE L’UTÉRUS GRAVIDE

OU les lésions du col sont abandonnées à elles-mêmes, elles se cicatrisent vicieusement et produisent une atrésie du col qui deviendra cause de troubles divers, en particulier de dysménorrhée.

3“ Cancer du col de l’iilérus. — Jusqu'au dix-septième siècle prévalut l’opinion d’Hippocrate d’après laquelle le cancer utérin s’oppose à la fécondation; il faut arriver jusqu’à Bartholin e' à Mauriceau pour avoir la preuve du contraire. Mauriceau montre que ce n’est point la fécondation, mais l’accouchement que le cancer de l’utérus rend difficile.

Fréquence. — Il n’est pas très commun de rencontrer le cancer de l’utérus chez une femme enceinte. D’après une statistique de Winckel, cette complication est notée 8 fois sur 15 000 accouchements; une statistique de Stratz donne 12 cas sur 17 900 accouchements.

Bien que le cancer puisse envahir le corps de l’utérus, il atteint plus fréquemment le col : les statistiques de Galabin et de Schrœder ont montré que c’est surtout chez les nullipares que s’observe le cancer du corps, tandis que celui du col existe principalement chez les femmes qui ont eu déjà des enfants.

D’autre part, s’il est facile de concevoir qu’une grossesse puisse survenir et évoluer dans un utérus dont te col est cancéreux ou devient cancéreux après la fécondation, il est moins facile d’admettre qu’un utérus dont le corps est atteint par la dégénérescence cancéreuse puisse contenir un œuf dont le développement soit régulier. Aussi, comme l’a fait P. Bar dans sa thèse d’agrégation S nous n’envisagerons que le cancer du col dans ses rapports avec la grossesse et la parturition.

Disons tout d’abord que, quelle que soit sa forme clinique (ulcéreuse, végétante, ou infdtrante), la dégénérescence cancéreuse a une tendance à gagner les tissus voisins; ainsi que l’ont montré Ruge et Veit, si le cancer a débuté par la portion vaginale du col, il tend à envahir le vagin, le tissu cellulaire pelvien, la vessie; si c’est, au contraire, au niveau du canal cervical que débute le néoplasme, il s’étendra plutôt du côté du corps de l’utérus.

Influence de la grossesse sur le cancer utérin. — 11 est exceptionnel eu effet que la marche du cancer utérin ne soit pas accélérée par la grossesse : ce qui tient au ramollissement des tissus qui se laissent plus facilement infdtrer, à la transformation embryonnaire des éléments cancéreux et à l’aftlux sanguin plus considérable au niveau des parties malades. Bien rarement les lésions restent stationnaires ; c’est à tort qu’on a avancé qu’elles rétrogradaient et pouvaient même disparaître. C’est surtout quand le cancer débute pendant la grossesse qu’il suit une marche rapide (Cohnstein).

Cette influence nocive de la grossesse sur le cancer se traduit localement par une augmentation des lésions et par l’exagération des symptômes : douleurs, écoulements sanieux, hémorrhagies, etc. ; en même temps la propagation du néoplasme aux organes voisins est plus rapide. L’état général devient mauvais et si les lésions s’étendesit avec rapidité, la cachexie peut faire de tels progrès que la malade succombe, avant tout début de travail.

* Du cancer utérin fendant la grossesse (Paris, 1886)

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