DIAGNOSTIC DU CANCER DU COL DE L’UTÉRUS GRAVIDE
qu’une seule déchirure, elle peut remonter assez haut au niveau du segment inférieur et constituer une véritable déchirure de l’utérus.
Lorsque le cancer a envahi les organes voisins, la solution de continuité peut intéresser ces organes et l’on a ainsi constaté des déchirures de la vessie, du rectum, etc
Les déchirures du col de l’utérus cancéreux s’accompagnent parfois d’/téviorragies plus ou moins abondantes qui peuvent devenir mortelles; généralement l’écoulement sanguin reste modéré tant que la partie fœtale appuie sur ces parties, faisant, en quelque sorte, de l’hémostase par compression. Ce n’est qu’après l’accouchement qu’on voit l’écoulement devenir plus abondant et déterminer les phénomènes généraux liés à toute hémorragie grave.
Parfois l’envahissement des organes du petit bassin par le cancer est tel que la dilatation ne peut se faire et qu’il se produit au niveau du segment inférieur ou même plus haut une déchirure intéressant plus ou moins complètement la paroi utérine; il y a une véritable rupture de l’utérus. Enfin il arrive que les femmes meurent d’épuisement, soit vers la fin de la grossesse, soit au cours du travail, sans être accouchées.
Ce qui vient encore, dans certains cas, aggraver le pronostic maternel, c’est que, sous l’influence de la prolongation du travail, le fœtus soutire, succombe et subit la putréfaction intra-utérine. Cette complication est non seulement grave au moment de l’accouchement, mais peut entraîner des suites de couches pathologiques.
Diagnostic. — L’envahissement, par le cancer, du col de l’utérus gravide donne lieu à des erreurs de diagnostic ; laissant de côté ce qui a trait au diagnostic du cancer du col de l’utérus non gravide, voyons quelles erreurs peuvent être commises: a, au cours de la grossesse; b. pendant le travail.
a. Pendant la grossesse. — Les écoulements sanguins qui coïncident habituellement avec le cancer de l’ulérus peuvent faire méconnaître la grossesse. Constatant une augmentation du volume de l’utérus chez une femme manifestement atteinte de cancer, on croit que cette hypertrophie est due à l’envahissement du corps par le néoplasme, tandis que l’utérus est devenu gravide. Lorsque ce diagnostic doit être posé dans les premiers mois de la grossesse, en l’absence des signes de certitude, ce n’est que par l’examen répété de l’iitérus que l’on peut constater une augmentation de volume qui ne saurait être attribuée seulement à l’envahissement par le cancer.
Le diagnostic se pose parfois d’une autre manière : la femme est enceinte; il se fait par les organes génitaux un écoulement sanieux, sanguinolent, quelquefois fétide; est-il dû à un cancer du col, à une vaginite? Généralement le diagnostic est très facile : il suffit de pratiquer le toucher pour constater que la paroi vaginale est rugueuse, mamelonnée, et que l’inflammation doni elle est le siège (vaginite granuleuse) est la cause de l’écoulement.
Parfois cependant le diagnostic devient plus délicat : un certain nombre de végétations plus ou moins volumineuses ont envahi le col en s’agglomérant; elles simulent un champignon analogue à l’épithélioma; on sc demande alors si la vaginite n’est point causée par l’écoulement irritant qui provient de cette lésion. II suffit d’examiner la femme à plusieurs reprises,