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CONDUITE A TENIR DANS LE CANCER DU COL DE L'UTÉRUS GRAVIDE

B. L’autre méthode n’a d’autre but que de sauvegarder autant que possible la vie du fœtus, faisant comparativement peu de cas des jours de la mère, qui sont déjà comptés. Elle consiste à laisser la grossesse évoluer jusqu’à terme ou à n’intervenir par l’opération césarienne que lorsque les accidents qu’elle présente ont un caractère particulier de gravité.

A. La première méthode comprend divers procédés :

1“ On interrompt la grossesse en provoquant V avortement ou Vaccoucliement prématuré. Lorsqu’on intervient dès les premiers mois de la grossesse, on agit dans le double but d’empêcher la propagation rapide du cancer et de pouvoir à bref délai recourir à une opération curative par l’amputation vaginale ou mieux encore par l’hystérectomie vaginale ; cette dernière méthode a été employée avec succès par Olshausen, Bouilly, Theilhober*.

Les cas où le diagnostic peut être ainsi posé de bonne heure sont extrêmement rares; lorsqu’ils se présentent, il n’est peut-être pas irrationnel de provoquer l’avortement. L’accouchement provoqué est beaucoup plus discutable, parce que la vie du fœtus entre ici en ligne de compte. Sans doute, dans certains cas, le fœtus étant plus petit pourra passer vivant plus facilement à travers une dilatation même incomplète ; sans doute l’interruption de la grossesse peut jusqu’à un certain point permettre plus rapidement une intervention radicale, mais ces avantages ne peuvent entrer en parallèle avec les diflicultés que l’on rencontre à provoquer le travail en raison même des lésions du col et avec les risques que l’on court d’avoir un fœtus dont la vitalité n’est pas suffisante.

Il n’est même pas démontré que, chez une femme atteinte de cancer du col de l’utérus, l’elfacement du cof et la dilatation de l’orifice utérin se fassent mieux vers le huitième mois de grossesse qu’à terme. Il faut en elîet ici, comme pour les fibromes, tenir grand compte des phénomènes de ramolUssement qui se produisent dans les derniers mois de la grossesse et qui p('rrnettent l’accouchement spontané dans des cas où l’opération césarienne semblait devoir être la seule ressource.

2® Le grattage avec la curette des tissus malades peut être utilisé dans certaines formes de néoplasme végétant avec hémorragie : Porak et Paquy ont rapporté (Soc. Obst. et Gyn., 12 octobre 1893) l’observation d’une femme qui fut curettée par Périer le 3 décembre et le 22 février; elle accoucha le 16 mai d’un enfant vivant pesant 3,250 grammes.

3“ Quant à V amputation du col de Vutérus gravide, elle constitue dans un tiers des cas un avortement provoqué déguisé, puisqu’elle amène l’expulsion de l’œuf. C’est une opération plus sérieuse qu’en dehors de la gravidilé parce qu’elle s’accompagne d’hémorragie abondante.

4“ Uextirpation complète de l'utérus, soit par le vagin, soit par l’abdomen (méthode de Freund), a donné quelques bons résultats immédiats.

Hernandez^ faisant connaître en France les résultats obtenus par Mackenrodt (de Berlin), est partisan de l’intervention opératoire et il conclut que, chez la femme enceinte atteinte de cancer de l’utérus : « 1“ pendant les trois

* Arckiv. f. GynækologieA'iU, Bd. XLVII, Hl't. I, p. 50-103.

* Annales de gynécologie, août et septembre 1894.

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