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PRONOSTIC DANS LES CAS DE FIBROMES

siéger au voisinage de Tutérus, suivant que la tumeur est située dans l’excavation ou dans l’abdomen.

On a pu prendre, pendant les derniers temps de la grossesse, des fibromes plus ou moins ramollis pour des parties fœtales et, dans certains cas, croire à l’existence d’une grossesse multiple alors qu’il n’y avait qu’un fœtus dans un utérus fibromateux? Ce qui différencie assez bien le fibrome de la partie fœtale, c’est que la contraction utérine rend le fibrome plus apparent, plus dur, le fait se dessiner pour ainsi dire sous la paroi utérine, tandis que la partie fœtale disparaît en quelque sorte derrière la paroi utérine contractée, et ne redevient nettement perceptible que dans l’intervalle des contractions.

Cette confusion d’un fibrome avec une partie fœtale a même pu être faite par le toucher, dans certains cas où une tumeur fibreuse, pédiculée, a été expulsée avant le fœtus; on a encore pu, après l’accouchement, confondre Y utérus inversé avec un fibrome.

Le diagnostic de l’utérus fibromateux gravide avec la grossesse extrautérine présente d’assez grosses difficultés ; la saillie formée par la tumeur peut être prise pour un kyste fœtal accolé à l’utérus.

Enfin le diagnostic est particulièrement délicat, lorsqu’on se trouve en présence d’une femme chez laquelle le travail marche irrégulièrement, la partie fœtale ne progresse pas : il faut s’assurer qu’il n’y a point de rétrécissement du bassin. Il est alors nécessaire de pratiquer le toucher manuel pour reconnaître la véritable nature de l’obstacle, c’est-à-dire une tumeur fibreuse siégeant à la partie postérieure de Eutérus et venant créer une sorte de rétrécissement.

Pronostic. — Il n’est pas possible de formuler un pronostic général pour la mère et le fœtus : les observations publiées de fibromes utérins compliquant la grossesse et l’aecouchement relatent pour la plupart des faits exceptionnels soit par le volume et le siège de la tumeur, soit par les complications qu’elles ont causées, soit par l’intervention à laquelle l’observateur a eu recours. D’après la statistique de Lefour, sur 286 cas où le sort de la femme a été noté, 141 femmes ont succombé, soit 1 sur 2,02; sur ces 280 cas, le sort des fœtus a été indiqué 220 fois : 150 fœtus sont nés morts, soit 1 sur 1,69. Il est évident que, si l’on s’en rapportait à ces chiffres, le pronostic des fibromes serait bien grave.

Sans pouvoir donner des chiffres, nous pensons que, tout en étant sérieux, le pronostic l’est beaucoup moins que ne l’indique la statistique de Lefour. Voyons cependant quels dangers menacent le fœtus et la femme dans le cas de fibromes utérins compliquant la grossesse.

a. Pour le fœtus. — La vie du fœtus est compromise au cours de la grossesse, par suite de la fréquence relative de l’avortement, de l’accouchement prématuré; lorsque la grossesse évolue jusqu’à terme ou près du terme, le fœtus peut éprouver les plus grandes difficultés — voire même une impossibilité absolue — à traverser la filière pelvienne rétrécie par la présence d’un fibrome du segment inférieur ou même d’un fibrome pédiculé. — La fréquence plus grande des présentations vicieuses et, en particulier, de celles de l’épaule, vient encore assombrir le pronostic; il faut toute-

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