INFLUENCE DES KYSTES DE L’OVAIRE SUR LA GROSSESSE
Les kystes dermoïdes, en raison de leur consistance, sont particulièreinenl dangereux quand ils sont immobilisés dans l’excavation.
Dans certains cas le kyste, au lieu d’être placé sur les parties latérales de l’utérus, est situé directement en avant ou en arrière de lui ; dans le premier cas il masque la grossesse, dans le second cas il est difficile de le reconnaître avant l’accouchement.
Si l’influence des kystes de l’ovaire sur la marche de la grossesse est très variable suivant leur siège et leur volume, cette dilférence d’action est encore plus marquée au point de vue de ï accouchement -, ainsi, tel kyste relativement volumineux, développé dans l’abdomen, ne gêne que peu la marebe du travail à la condition qu’une portion de ce kyste ne vienne pas s’insinuer entre la paroi de l’excavation et l’utérus, gênant ainsi d’une manière directe la descente de la partie fœtale.
Est-ce à dire que ces tumeurs kystiques abdominales n’influent pas sur la durée du travail, et ne rendent pas maintes fois impossible l’accouchement spontané?
Ces kystes produisent habituellement une dystocie légère en refoulant l’utérus sur l’un des côtés de l’abdomen, en produisant une obliquité plus ou moins accusée de l’utérus, ce qui favorise les présentations vicieuses et modifie la puissance et la régularité des contractions utérines.
Les kystes plus ou moins enclavés dans le petit bassin ne créent pas toujours un obstacle insurmontable à l’accouchement; s’ils sont de petit volume et logés dans un cul-de-sac postérieur, ils permettent à un fœtus petit de passer dans un bassin assez grand. De plus, s’ils ne sont pas adhérents, et .s’ils possèdent un pédicule assez long, ils remontent quelquefois au-dessus du détroit supérieur, ou peuvent y être refoulés dans les derniers temps de la grossesse ou au moment de l’accouchement. Mais dans la pluralité des cas, ces kystes de consistance ferme sont en même temps adhérents, et lorsque, vers la fin de la grossesse ou au début du travail, la partie fœtale tend à s’engager, elle repousse au-devant d’elle le kyste, qui, sous l’influence de ce traumatisme, peut se rompre ou devenir le siège d’hémorragies.
Enfin on a cité certains cas où la pression du fœtus sur la tumeur a été telle que celle-ci a rompu le plancher périnéal, la paroi postérieure du vagin, une partie de la cloison recto-vaginale, puis est sortie par l’anus, suivie ou non du fœtus.
Lorsque, grâce à sa situation, à son volume, etc..., le kyste a permis l’accouchement spontané ou artificiel par les voies naturelles, la délivrance se fait habituellement sans encombre. Elle peut cependant être entravée de deux manières différentes; ou bien le corps de l’utérus se trouve fortement dévié par une tumeur kystique abdominale, ce qui gêne à la fois le décollement et l’engagement du placenta. Il suffit alors souvent de corriger l’inclinaison vicieuse de l’utérus pour que la délivrance se fasse. Dans d’autres cas, après l’expulsion du fœtus, uue tumeur abdominale descend dans l’excavation, devient intra-pelvienne, et va gêner l’engagement du placenta au même litre que la vessie distendue par l’urine qui, nous l’avons vu, met obstacle à la terminaison de la délivrance. Il est alors utile de réduire avec la main