CAVITÉ DE L'UTÉRUS
Les bords décrivent une courbure à concavité interne.
Des deux orifices terminaux, le supérieur (ou orifice interne) est pour tous les anatomistes le point de jonction des cavités du corps et du col.
Guyon a bien montré qu’entre le corps et le col il y a, non pas un simple resserrement annulaire limitant un orifice si étroit qu’il est normalement infranchissable, mais un canal étroit qui a au minimum 5 millimètres et
Fi". 19. — Coupe transversale de l'utérus d'une multipare.
V, Varoi du vagin. CCI, Cavité cervicale dans laquelle l'arbre de vie est moins accusé. 1, Isthme de l'utérus. C C, Cavité du C£)r/)s. ou, Ouverture de l'oviducte dans l’utérus [ostium ulerinum).
Fig. 20. — Coupe antéro-postérieure de l'utérus d'une multipare.
V, Paroi latérale droite du vagin. P, Péritoine recouvrant la face antérieure de l'utérus et descendant sur la face postérieure jusqu'en P'. L a, lèvre antérieure du col. Lp, Lèvre psslérieure.
I, Isthme de l'utérus. CCp, Cavité du corps.
quelquefois 8 et 11 de hauteur, 4 de largeur et 5 d’avant en arrière. Ce canal mérite le nom à' isthme de V utérus.
La cavité du col se termine en bas par l’orifice externe qui a été décrit avec le museau de tanche (p. 51).
Cavité de l’utérus chez les multipares. — A la suite d’une ou de plusieurs grossesses, les dimensions et la forme des cavités de l’utérus et de l’isthme se trouvent modifiées.
La cavité du corps est agrandie, celle du col diminuée de quelques millimètres au niveau de la portion vaginale.
De fusiforme qu’elle était avant la grossesse, la cavité du col devient conique, à base inférieure (fig. 19). Les plis de l’arbre de vie existent toujours, mais sont moins réguliei's.
L’orifice interne a pris part aux modifications de la cavité du corps : il est moins long, un peu plus large, mais toujours fermé.
Nous avons indiqué plus haut (p. 52) les modifications de l’orifice externe.
STRUCTURE DE L’UTÉRUS
Structure de l’utérus. — Trois tuniques (externe : séreuse ; moyenne : musculaire;, interne : muqueuse) forment les parois utérines. Celles-ci, épaisses de 8 à 10 millimètres chez la nullipare et de 11 millimètres chez la multipare, possèdent, en outre du tissu conjonctif, des vaisseaux et des nerfs.
Tunique externe. — Le péritoine recouvre tout Tutérus sus-vaginal, à l’exception de la moitié inférieure de la face antérieure du col et de la ligne d’insertion des ligaments larges au niveau des hords latéraux.
En passant de Tutérus sur la vessie, la séreuse forme le cul-de-sac vésicoutérin limité par deux replis falciformes ; ligaments vésico-utérins . En arrière, le cul-de-sac de Douglas est pareillement limité par les replis des ligaments recto-utérins ou utéro-sacrés.
L’adhérence de la séreuse à la tunique musculaire n’est pas la même sur tous les points : elle est très marquée au niveau du fond et des deux tiers supérieurs du corps, surtout au niveau de la ligne médiane. Sur les autres régions de Tutérus, il existe une couche de tissu cellulaire lâche, tissu cellulaire sous-péritonéal, entre la séreuse et la musculaire.
Tunique moyenne. — Elle est formée d’une couche épaisse de tissu dense qui crie sous le scalpel. Ce tissu grisâtre est composé de fihres musculaires lisses entre-croisées en divers sens. Celles-ci ne forment pas de plans à direction déterminée. On ne peut les étudier au point de vue de leur direction que pendant la grossesse (voy. p. 155).
Tunique interne. — On a pendant longtemps méconnu l’existence de la muqueuse utérine. Coste et Robin l’ont décrite les premiers.
La muqueuse du corps diffère de celle du col.
Muqueuse du corps. — L’étude en est difficile, à cause des changements incessants que la période menstruelle lui a fait subir.
Si Ton examine une muqueuse utérine vers le milieu de V intervalle menstruel, on voit qu’elle est d’un gris rosé, lisse, avec une foule de petites ouvertures punctiformes qui sont les orifices de glandes utérines.
La muqueuse du corps ne présente ni papilles, ni villosités.
Elle est friable et adhère fortement à la couche sous-jacente qui est pénétrée par les culs-de-sac glandulaires. Elle est épaisse de 1 à 2 millimètres (Sappey), sauf au niveau des angles supérieurs où elle n’a que 1/2 millimètre d’épaisseur et au niveau de l’orifice interne.
Le derme de cette muqueuse est formé de faisceaux connectifs délicats avec de nombreuses cellules lymphatiques qui cheminent dans les mailles circonscrites par les faisceaux. La couche profonde n’est, d’après Léopold, composée que de tissu conjonctif fibrillaire, de lacunes lymphatiques, de vaisseaux et de nerfs.
Le revêtement épithélial consiste en une seule couche de cellules épithéliales cylindriques àcils vibraliles; chez l’enfant nouveau-né et chez la femme avancée en âge, les cellules sont cylindriques, mais non ciliées. Les cellules de la muqueuse, en pénétrant sur un grand nombre de points dans l’épaisseur du tissu sous-jacent, forment comme une série de glandes en tube.
Celles-ci, rarement hifurquées, se terminent par un cul-de-sac unique.