‹ Précis d'obstétriqueChapitre 530 sur 713 · II. — DYSTOCIE PAR EXCÈS DE VOLUME PATHOLOGIQUE DU FŒTUS · texte numérisé non relu

II. — DYSTOCIE PAR EXCÈS DE VOLUME PATHOLOGIQUE DU FŒTUS

a. Hydrocéphalie. — V hydrocéphalie congénitale est constituée par l’accumulation anormale du liquide céphalo-rachidien dans la cavité crânienne.

Ce n’est «uère qu’au xvin® siècle que les accoucheurs reconnurent que l’hydrocéphalie pouvait être une cause de dystocie; la première observation bien prise est due à Smellie, qui, après avoir établi le diagnostic, « lit une ouverture à la tête en poussant la pointe de ses ciseaux à travers les téguments. Aussitôt les eaux sortirent de plein jet à la quantité d’environ 3 pintes. La tête, étant désemplie, fut tirée dans le vagin. » Vers la même époque. Salomon Naumannus, de La Motte, publièrent des observations montrant la difficulté de l’accouchement dans les cas d’hydrocéphalie.

En 1827, Dugès lut à l’Académie de médecine un mémoire important sur les Obstacles apportés à l'accouchement par mauvaise conformation du fœtus; depuis cette époque les travaux les plus complets sur ce sujet sont ceux de Chassinat (1864), d’Ouvrier (1869), de Poulet, d’Alph. Herrgott (1878).

Anatomie pathologique. — Les anciens auteurs distinguaient deux variétés d’hydrocéphalie : l'eœterne dans laquelle il y avait collection liquide entre le cuir chevelu et les os du crâne ; l'interne qui était constituée par l’accumulation de liquide à l’intérieur du crâne. On avait même poussé plus loin l’analyse, en distinguant une hydrocéphalie mixte ou bâtarde, dans laquelle il y avait en même temps épanchement à l’intérieur et à l’extérieur du crâne. Ces variétés sont secondaires, et ne se montrent qu’au cours du travail lorsque le liquide est chassé hors du crâne par les pressions exercées sur la tête fœtale.

Le liquide de l’hydrocéphalie existe donc dans les cavités de l’encéphale ou dans ses membranes ; c’est dans les ventricules que se font les épanchements les plus fréquents; quelques auteurs (Camper, Petit, Chassaignac) n’ont même jamais trouvé de liquide que dans les ventricules. Cependant « le liquide peut encore s’épancher dans le tissu interstitiel de l’encéphale, dans les mailles de la pie-mère et les espaces sous-arachnoïdiens, enfin entre l’arachnoïde et la dure-mère, dans la cavité que formerait cette membrane en se réfléchissant sur la dure-mère » (Jaccoud et Hallopeau).

Le liquide est plus ou moins abondant; sa quantité moyenne est de 1 â 2 litres environ; elle peut être de 10 ou 12 litres dans les cas extrêmes. Ce liquide, clair, légèrement jaunâtre, renferme de faibles traces d’albumine (0,246 p. 100), des sels de soude et des traces de matières extractives.

La substance cérébrale est plus ou moins distendue par le liquide; la cloison interventriculaire est comprimée, distendue, ses éléments nerveux s’atrophient, elle se résorbe et disparait. Quant â la substance cérébrale qui entoure les ventricules, elle se laisse distendre, s’étire et se trouve réduite â une couche peu épaisse, appliquée contre les os du crâne : ces lésions sont

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