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ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE L’HYDROCÉPHALIE

d’autant plus marquées que l’épanchement hydrocéphalique est plus considérable.

La membrane séreuse qui tapisse la cavité ventriculaire est très vascularisée; en outre, il semble, d’après certaines observations (Archambault), que le liquide soit emprisonné dans la cavité des ventricules et ne puisse descendre dans la cavité rachidienne ; tantôt il y a oblitération par la séreuse épaissie du point de communication entre l’aqueduc de Sylvius et le ventricule; tantôt c’est le trou de Magendie qui est oblitéré.

Sous l’influence de la pression exercée de dedans en dehors par le liquide accumulé en excès dans la cavité crânienne, les os du crâne s’écartent les uns des autres; les sutures sont très élargies; en même temps les os s’amincissent (fig. 439). Quelquefois leur épaisseur « est si peu considérable que les parois du crâne perdent leur consistance osseuse et donnent en se déprimant sous le doigt qui les touche une sensation analogue à celle d’une membrane sèche, ou d’un morceau de parchemin Par suite

de la distension de la cavité crânienne et de l’amincissement des parois qui en est la suite, l’usure des os peut se faire à certaines places et conduire in- f ,

^ ^ P • 1 ^^9. — bquelette de la tetedun fœtus hydrocéphale,

sensiblement a la perforation de (D’après nature.)

ces parois et à la formation de

poches externes qui ont reçu le nom d’ encéphalocèles » (A. Herrgott). Dans certains cas l’épaisseur des os du crâne est non seulement normale, mais elle est plus considérable que celle des os du crâne d’un fœtus non hydrocéphale. Il existe au musée de la Clinique Baudelocque un bel exemple de cette variété.

Vaspect du fœtus hydrocéphale est tout à fait caractéristique : les os frontaux, repoussés en avant et déjetés de chaque côté de la ligne médiane, surplombent la face, qui est proportionnellement petite. Toute la voûte du crâne est élargie, volumineuse; par suite de l’écartement des frontaux et des pariétaux, la fontanelle antérieure est très étendue; les sutures, et en particulier la suture sagittale, sont très larges et peuvent présenter 3, 4 et 5 centimètres de largeur. On se rend très bien compte de ces particularités, à l’aide du doigt, en examinant une tête d’hydrocéphale (fig. 439).

Il n’est point rare d’observer d’autres malformations concomitantes : spina-bifida, hydrorachis, pieds bots, omphalocèle; Nægele a signalé une transposition complète des viscères abdominaux et thoraciques.

Contrairement à l’opinion de Désormeaux, de Jacquemier, le tronc du fœtus hydrocéphale est habituellement d’un développement normal, correspondant bien à l’âge de la grossesse.

DIAGNOSTIC DE ETIYDROCÉPIIAME

Diagnostic. — Si le diagnoslic d(! l’hydiocéphalie s’impose à la vue, lorsque le fœtus est complètement sorti des organes maternels, est-il possible de le taire pendant la grossesse, ou bien au cours du travail? Assurément oui, tout au moins dans les cas où l’hydrocéphalie est nettement caractérisée et ne s’accompagne pas d’hydramnios (Van Huevel).

Pendant i,a grossesse, le palper a permis à différents observateurs, Tarnier. Pinard, etc., d’aflirmer l’existence de l’hydrocéphalie. On peut être c< appelé, dit Pinard, à pratiquer le palper dans deux conditions bien différentes : ou le liquide amniotique est en qualité normale, ou il y a hydropisie de l’amnios. De là deux sensations différentes, en appréciant la tension de la paroi utérine : dans le premier cas, la tension normale permettra facilement de faire le diagnostic, quelle que soit la présentation. En recherchant les deux pôles de l’ovoïde fœtal, en étudiant leurs caractères, on ne tardera pas à se rendre compte du développement anormal de l’un d’eux. Une augmentation de volume même peu marquée pourra être ainsi appréciée. »

Lorsque la tête est en bas, il est généralement facile de constater le volume plus ou moins considérable de cette tête qui est retenue au-dessus du détroit supérieur. En cherchant à l’appliquer avec la main au niveau du détroit osseux, on se rend compte de son augmentation de volume en tous sens ; on peut même évaluer approximativement, à l’aide du compas d’épaisseur, les grands diamètres de cette tête.

Lorsqu’il y a présentation du siège, la tète est plus difficile à explorer : aussi ne faut-il pas prononcer à la hâte le nom d’hydrocéphalie; car, « lorsque la tête ayant un volume normal est bien mobile et superficielle au fond de l’utérus, elle donne tout d’abord aux mains qui l’explorent la sensation et l’idée d’un corps ayant un volume exagéré. Bien souvent il faut, pour être définitivement fixé, ramener la tête au niveau du détroit supérieur, où l’exploration et l’appréciation sont beaucoup plus faciles et permettent de connaître aussi exactement que possible la vérité » (Pinard).

L’auscultation pourrait, d’après Blot (1854), fournir de précieux renseignements, en montrant que le foyer d’auscultation, avec une présentation d’une tète hydrocéphale, est très élevé, situé au niveau et au-dessous de l’ombilic ; c’est là un signe qui ne saurait en aucune façon permettre d’affirmer l’hydrocéphalie; tout au plus est-il bon à confirmer le diagnostic établi par le palper.

Pendant le travail, surtout au début, c’est encore le palper qui permet le mieux de diagnostiquer l’hydrocéphalie : l’utérus est volumineux, surdistendu, la partie fœtale n’est pas engagée, elle repose au niveau de Paire du détroit supérieur, elle déborde de tous côtés. L’auscultation montre que le foyer d’auscultation est élevé. L’effacement et la dilatation de l’orifice utérin s’accomplissent lentement; le doigt atteint difficilement la partie fœtale; si, après avoir constaté que le bassin — normal — n'empêche pas l’engagement, on ne peut se rendre compte d’une manière précise des caractères de la partie fœtale, on introduit la main dans le vagin et on recherche avec soin l’état des sutures au niveau de la partie accessible de la tête; si elles sont larges, le diagnostic d’hydrocéphalie est certain.

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