DIAGNOSTIC DE L'HYDROCÉPHALIE
En outre, le bord des os présente souvent des dentelures longues et aiguës ([ui donnent au doigt la sensation de dents de scie et semblent devoir perl'orer le cuir che^'^elu.
Il suffit de ne point confondre les fontanelles d’une tête hydrocéphale avec Xa poche des eaux : toutes deux présentent une surface lisse, bombent au moment de la contraction utérine, mais la surface de la poche des eaux est plus unie et n’est point limitée par un bord osseux.
Lorsque l’hydrocéphalie n’est pas diagnostiquée, le travail dure très longtemps et la femme court des dangers de nature variable : tantôt l’utérus se contracte, se tétanise : le danger est ici d’autant plus grand que l’utérus est surdistendu au niveau du segment inférieur, ainsi que l’ont établi les recherches de Simpson et de Bandl : d’où la possibilité d’une rupture qui a été notée dans plus du quart des cas.
D’autres fois l’utérus fatigué se relâche; il y a inertie, le fœtus succombe, subit un commencement de putréfaction et la femme ne tarde pas à présenter des phénomènes d’infection.
Dans certains cas, sous l’influence de contractions utérines fortes, rapprochées, une portion du liquide contenu dans la cavité crânienne transsude à travers les os, et la tête ainsi diminuée de volume peut être expulsée spontanément. Quelquefois les efforts faits par la femme pour hâter cette expulsion sont tels qu’il y a rupture de vésicules pulmonaires (Depaul) . — Dans les cas où l’expulsion est impossible sans l’intervention de l’art, la femme abandonnée à elle-même succombe épuisée, ou à la suite de rupture de l’utérus.
Lorsque le fœtus se présente par le siège, le diagnostic de la tête hydrocéphale retenue deimière n est point sans difficulté; il faut la distinguer d’une tête de volume normal retenue dans un bassin rétréci ou s’orientant mal, ou bien gênée dans sa descente par une tumeur utérine (fibrome) ou péri-utérine (kyste de l’ovaire). On arrive à faire le diagnostic en palpant cette tête à travers la paroi abdominale, et en pratiquant le toucher manuel qui permet de constater la largeur des fontanelles latérales.
Fréquence. — L’hydrocéphalie est une complication relativement rare : on ne l’observe guère qu’une fois sur 2 000 ou 3 000 accouchements. Les auteurs qui ont indiqué une proportion plus grande (1 sur 900) ont compte comme hydrocéphales un certain nombre de fœtus dont la tête était peu ossifiée et dont les fontanelles et les sutures étaient seulement un peu plus larges que d’ordinaire.
Pinard a fait à plusieurs reprises par le palper le diagnostic d’hydrocé- |)halie au cours de la grossesse ; ce diagnostic était suffisamment ferme pour intervenir dès le début du travail.
Causes. — Les causes de l’hydrocéphalie sont mal connues ; dans un certain nombre d’observations, on a relevé comme causes la syphilis paternelle ou maternelle, le crétinisme, la consanguinité; quelques auteurs tendent à ranger l’hydrocéphalie dans le cadre des accidents para-syphilitiques. Cerlaines maladies de l’encéphale pendant la vie intra-utérine peuvent produire l’hydrocéphalie. Les recherches de Dareste sont intéressantes à cet égard.