DIAGNOSTIC DES TUMEURS DYSTOCIQUES
Le pronostic pour le fœtus est grave : les enfants qui présentent ces tumeurs naissent souvent avant terme, mal développés ; ils présentent parfois des malformations. Un certain nombre (29 sur 81) succombent au cours de la grossesse. Quand ils naissent vivants, ils succombent généralement peu de temps après la naissance.
Ce pronostic grave indique qu’au cours du travail, si la tumeur sacrococcygienne fait obstacle à l’accouchement, il faut sans hésitation la ponctionner, l’inciser, l’enlever par morcellement, suivant les indications.
Spina-bifida. — Cette tumeur, qui provient d’un arrêt de développement de la colonne vertébrale, siège habituellement au niveau des régions lombo-sacrée et dorsale. Son volume est rarement assez considérable pour causer de la dystocie.
Cependant il y a quelques observations dans lesquelles le volume du spina-bifida était assez considérable pour gêner l’accouchement ; Zweifel a publié un cas dans lequel le spina-bifida dépassait le volume de la tête fœtale; Vinchon en a vu un gros comme deux têtes d’enfant; dans un cas de Porro, la poche du spina-bifida mesurait 57 centimètres de circonférence et contenait près de 1 litre de liquide.
Quel que soit le volume du spina-bifida, il est utile, dans la presque totalité des cas, de l’opérer dans les premiers jours qui suivent la naissance.
Diagnostic des tumeurs dystociques. — Lorsqu’on constate un obstacle au cours d’un accouchement, la coexistence de l’hydramnios doit faire penser à une malformation fœtale : il en est de même lorsqu’à un accouchement antérieur le fœtus a déjà présenté une tumeur ou un vice de développement.
Voyons comment on peut arriver au diagnostic dans chacune des présentations*.
a. Le fœtus se présente par le sommet. — La tête est hors les organes génitaux; les bras ont été dégagés ou se sont dégagés spontanément; le Ironc résiste à des tractions modérées exercées sur la tête et les bras.
11 faut introduire la main profondément dans les organes génitaux et rechercher successivement s’il n’y a pas de tumeur du cou, du thorax ou si l’abdomen n’est pas distendu. Cette pénétration profonde de la main et d’une partie de l’avant-bras dans les organes génitaux est singulièrement facilitée par l’anesthésie chloroformique et, si le fœtus est mort, par la section de la tête au niveau du cou et des membres supérieurs pendants à la vulve.
Le plus habituellement la main exploratrice ne trouve ni tumeur du cou, ni distension du thorax, mais bien une surdistension de l’abdomen. En cherchant à gagner l’ombilic, elle sent « le ventre énormément distendu par un fluide dont on sent évidemment la fluctuation, — une espèce de vessie comme celle d’un porc quand elle est pleine d’eau, — l’abdomen se renflant comme un ballon, et donnant la sensation d’une poche élastique remplie de liquide en un point de laquelle s’insère le cordon ».
Il n’est pas toujours facile de reconnaître in utero la véritable cause de la surdistension de l’abdomen : lorsque la ponction la fait disparaître, le dia-
* II. Vahnier. Des maladies du fœtus au point de vue de la dystocie. Revue pr. d'obet. et d'hyg. de Venf., 1891).