PROCÈDE DE TARSIER
troduction de la sonde; mais quelquefois ce n’est qu’au bout d’un jour ou deux que le travail commence. Dans d’autres cas, il ne se déclare pas, soit que la sonde glisse et soit expulsée hors l’utérus, soit que l’utérus présente une tolérance toute particulière. — Les grands avantages du procédé de Krause consistent surtout dans la simplicité du manuel opératoire.
2“ Procédé de Tarnier. — Il nécessite trois instruments : un tube en caoutchouc terminé par une ampoule dilatable (c’est le ballon de Tarnier), un conducteur métallique (fig. 450) formé par une tige demi-cylindrique recourbée à son extrémité comme une sonde d’homme, et une seringue dont le piston est gradué.
Avant d opérer il est bon, la veille, de prendre trois ou quatre de ces bal-
Fig. 4i9. — Placenta jierforé par une sonde.
On aperçoit à la partie druile de la figure un orifice qui a été produit sur la face foetale par le passage de la sonde à travers le placenta.
Ions Tarnier, d’injecter de l’eau dans le tube pour voir si l’ampoule n’est pas percée; lorsque les tubes paraissent en bon état, on attache à leur extrémité un fil double qui servira à fixer le ballon sur le fil conducteur. On les laisse tremper pendant une douzaine d’heures dans de la glycérine légèrement phéniquée; une 1/2 heure avant de s’en servir, on tes sort de la glycérine pour les mettre dans une solution phéniquée au vingtième ou au quarantième; le conducteur métallique est flambé ou mieux stérilisé.
On fixe le tube de caoutchouc dans la concavité de la tige conductrice à l’aide du fil dont l’un des chefs est passé dans l’orifice situé près de l’extrémité du conducteur et dont l’autre chef est enroulé autour de la tige et fixé à un arrêt qui se trouve près du manche du conducteur. On fait alors une ou plusieurs injections de liquide dans le tube et l’ampoule, et on les vide jusqu’à ce qu’on en ait complètement chassé l’air
Avec l’index et le médius de la main gauche, on va à là recherche du col dans l’orifice duquel on introduit l’index, puis le conducteur préalablement enduit de glycérine antiseptique; on fait pénétrer doucement ce conducteur
BALLON DE CHAMPE'^lEIl DE lUBES.
coiunie un cathéter jusqu’à ce que la saillie circulaire existant sur sa tige vienne affleurer l’orifice externe du col. L’ampoule est à ce moment portée au-dessus de l’orifice interne : à l’aide de la seringue, on fait pénétrer de l’eau dans le tube en agissant très lentement de manière à distendre graduellement l’ampoule, on injecte ainsi 50 grammes de liquide; l’ampoule étant gonflée, on place une ligature sur le tube en caoutchouc, on défait le fil et l’on relire avec précaution le conducteur, de manière à ne pas entraîner le ballon hors de l’utérus.
Au bout de quelques heures les contractions utérines apparaissent, le ballon passe du segment inférieur dans le col de l’utérus qu’il dilate et tombe dans le vagin. Généralement le travail continue, mais il arrive, surtout chez les multipares, que, le ballon expulsé, les contractions cessent. Il faut introduire à nouveau un ballon de Tarniei' ou mieux un ballon dilatateur de Barnes ou de Champetier de Ribes. Les avantages de ce procédé sont : une grande simplicité opératoire et une sûreté d’action assez marquée; Pinard en conseillait l’usage d’une manière exclusive chez les primipares ou chez les femmes dont le col cicatriciel ne permettait pas d’emblée l’introduction du ballon Chainpetier de Ribes.
On ne peut faire que deux reproches à ce procédé : c’est que les ballons crèvent parfois, soit au moment de leur introduction (ce qui n’a que peu d’importance lorsqu’on a d’autres ballons), soit au moment où surviennent les premières contractions utérines. Enfin, chez certaines grandes multipares, même en ayant soin de porter assez haut le ballon, il peut être assez rapidement expulsé sans amener la moindre contraction utérine efficace au point de vue du travail.
*^'TarS TppUqué sur 3“ Ballon de Ghampetier de Ribes. — C’est pour réson conducteur. pondre à ces objections que Ghampetier de Ribes a imaginé un ballon assez volumineux pour que sa présence dans le segment inférieur de l’utérus déterminât à coup sûr le travail; en outre, le passage du ballon à travers le segment inférieur, le vagin et la vulve, dilate suffisamment ces parties pour que le fœtus puisse les traverser facilement ou pour que tout au moins il n’ait à lutter que contre l’étroitesse du bassin.
Ghampetier de Ribes a, depuis l’invention de son ballon, lait fabriquer des modèles plus petits qui peuvent servir dans les premiers mois de la grossesse et dont nous donnerons plus loin la description.
Ballon. — Ce ballon (fig. 451) est constitué par une poche de tissu de soie mince et souple et recouvert sur les deux faces d’une couche de caoutchouc : il a la forme d’un cône allongé de 10 à 12 centimètres de hauteur; lorsqu’il est plein, la circonférence de ce cône, au niveau de la partie la plus large, mesure 51 centimètres; la hauteur de la base à l’origine du tube est
BALLON DE CHAMPETtER DE RÎBËS.
de 9 centimètres. Le tube qui termine ce ballon a une forme légèrement conique; Taxe de ce tube fait avec celui du ballon un angle obtus de 155 degrés environ. Le tube a 65 millimètres de longueur et 2 centimètres de diamètre dans sa partie la plus étroite. Il se termine par une pièce de caoutchouc durci de 2 centimètres de diamètre et de I centimètre de longueur, sur laquelle se fixe d’autre part un tube de caoutchouc solide, cylindrique, à parois épaisses et muni d’un robinet.
Pince introductrice. — Pour introduire le ballon, on peut se servir d’une pince courbe quelconque, un pu longue : mieux vaut employer une pince spéciale
Fig. 431. — Ballon de Cliainpetier de Ribes rempli d'eau el gonOd au maximum (1/4 de grandeur).
(lig. 452) ayant une longueur totale de 29 centimètres, dent 14 centimètres de l’extrémité des mors à l’articulation et 15 centimètres de l’arliculation à l’extrémité des anneaux.
Cette pince a une courbe antéro-postérieure analogue à celle du conducteur de Tarnier : de plus les mors en sont courbes sur le plat, de telle sorte que, quand la pinee est serrée, ils interceptent entre eux un espace qui a la forme d’un fuseau très allongé dans lequel se loge le ballon plié. Les deux branches sont maintenues rapprochées par un arrêt à crémaillère. L’articulation des deux branches est celle de la pince à faux germe de Pajot : ce qui permet de retirer isolément les deux lu'ancbes.
Mode d’emploi. — Après désinfection des organes génitaux de la femme et stérilisation des instruments, on plie le ballon pour qu’il soit le moins épais possible : expurgé de liquide et d’eau, ce ballon, dont les parois s’accolent l’iine à l’autre, se roule facilement et prend la forme d'un fuseau. On le fixe alors solidement enti’e les mors de la pince de manière que l’extrémité libre dépasse de quelques millimètres le bout de la pinee; le ballon et la pince ainsi réunis présentent une circonférence maxima de 7 centimètres : on les enduit abondamment de vaseline antiseptique.
La femme est mise dans la situation obstétricale; l’opératoiir introduit
Fig. 432. — Ballon de Champetier de Ribes plie et pris entre les deux branches de la pince spéciale.
ÜALLO.N DE CHAMPBTIER DE RIDES.
doucement la main dans le vagin et fait pénétrer l’index dans le col, profondément au delà de l’orifice interne pour décoller les membranes, s’orienter, frayer la voie à l’instrument. 11 retire un peu l’index et introduit à la fois l’index et le médius aussi profondément que possible, entre les deux on glisse l’extrémité du ballon. A mesure qu’il s’engage sans violence, on retire doucement du col les deux doigts l’un après l’autre et on suit les progrès de l’ascension. Le ballon doit pénétrer profondément; l’extrémité de la pince doit aller à 10 ou 12 centimètres au delà de l’orifice externe du col, c’estî-dire que l’articulation de la pince doit arriver jusqu’à 2 ou 3 centimètres du col.
Lorsqu’on juge le ballon suffisamment introduit, un aide, qui se tient prêt avec une seringue remplie d’eau phéniquée ou d’eau stérilisée tiède, ajuste cette seringue à l’extrémité du tube de remplissage et fait pénétrer le liquide pendant que l’opérateur déclanche la pince tout en la laissant en place. Une fois le ballon rempli, les deux branches de la pince sont retirées et le robinet est fermé; on met sur le tube de remplissage une ligature de sûreté et on fait une injection vaginale.
Généralement cette petite opération se pratique sans incident : s’il survient un suintement sanguin, il suffit de distendre rapidement le ballon et d’exercer quelques tractions sur lui de manière qu’il fasse tampon et arréle l’bémorragie. Si les membranes se rompent, on se contente de surveiller la femme tout particulièrement au moment de l’expulsion du ballon.
Lorsque le ballon est introduit, la contraction utérine s’éveille au bout d’un temps variable (3 heures environ); la femme éprouve des douleurs; le ballon est poussé de haut en bas, dilate l’orifice interne, pénètre dans le segment inférieur et dilate peu à peu l’orifice externe du col; lorsque le ballon est incomplètement rempli, le travail se déclare généralement plus vite que lorsqu’il est distendu au maximum. Aussi est-il préférable de le remplir incomplètement, en injectant 100 grammes de moins que la contenance totale. C’est affaire de tâtonnement; pour donner un bon résultat, ce ballon a besoin d’étre surveillé.
Si, au bout de 2 ou 3 heures, le travail ne débute pas, on exerce d’abord quelques tractions de manière à le faire pénétrer peu à peu par sa partie large dans le segment inférieur; si le ballon ne descend pas, c’est qu’il est trop distendu. On retire 60, 80 ou 100 grammes de liquide que l’on mesure. Les contractions utérines deviennent régulières, efficaces; si elles sont fortes et rapprochées, on réinjecte partie ou totalité du liquide qu’on a retiré.
Le travail continuant, il faut suivre les progrès de la dilatation de l’orifice utérin : lorsqu’il semble que le ballon est près d’être expulsé dans le vagin, on le distend au maximum en réinjectant du liquide, de manière à obtenir, au moment de la sortie, toute la dilatation possible. Il est parfois nécessaire, lorsque ce ballon traverse un rétrécissement du bassin, qu’il soit dégonflé partiellement; sans quoi, trop volumineux, il serait retenu au-dessus du détroit supérieur et n’appuierait pas bien sur le segment inférieur ni sur l’orifice utérin. Une fois le rétrécissement franchi, à nouveau on distend le ballon au maximum pour dilater l’orifice utérin. — Lorsque le ballon e.si
!ALL(JN DE CHAMPETlEli DE RIBES.
hors de l’utérus, il ne tarde pas à être expulsé assez rapidement sous l’inlluence des efforts de la femme. C’est un véritable accouchement : le bassin mou se distend, le coccyx est rétropulsé, le périnée bombe comme au moment de l’expulsion de la tête fœtale.
Quand la femme commence à faire des efforts d’expulsion, il faut tâcher de bien maintenir en bas la tête du fœtus, au niveau du détroit supérieur : lorsqu’on constate que l’orifice utérin va être complètement dilaté, il faut, dans l’intervalle des contractions utérines, reconnaître par le palper la situation du fœtus : si la tête est en bas, on doit l’y maintenir; si elle est plus ou moins éloignée de l’aire du détroit supérieur, on l’y ramène à l’aide do manœuvres externes.
Dans certains cas cette exploration et ces manœuvres ne sont pas toujours faciles en raison de l’intensité et de la fréquence des contractions utérines : il faut alors, dès que le ballon est hors des organes génitaux, pratiquer immédiatement le toucher et s’assurer de la présentation : si ce n’est pas le sommet qui se présente, on tâche de le ramener au niveau du détroit supérieur à l’aide de la version par manœuvres externes ou de la version bipolaire. Généralement la tête descend dans l’excavation dendère le ballon et l’expulsion du fœtus ne tarde pas à se faire rapidement.
Un des avantages du ballon Champetier de Ribes est de permettre la terminaison naturelle ou artificielle de l’accouchement aussitôt après son expulsion : il est jusqu’à présent le seul agent qui dilate à peu près complètement l’orifice utérin. De plus, il provoque à coup sûr et assez rapidement le travail, même chez les multipares dont l’utérus est tolérant. 11 est rare que l’accouchement n’ait pas lieu dans les 24 ou 48 heures qui suivent son introduclion. Généralement il se termine 6, 8 ou 10 heures après l’intervention. La durée du travail dépend en effet de la cause pour laquelle on provoque le travail, de la tolérance plus ou moins grande de l’utérus et de la manière dont on dirige l’accouchement.
Si en effet on surveille la femme de près, si on se rend bien compte des phénomènes physiologiques du travail, si on sait à point introduire ou retirer du liquide, on peut produire une dilatation complète presque à heure fixe. 11 suffit pour cela de tirer plus ou moins sur le ballon, de faire distendre plus ou moins rapidement le segment inférieur ; avec un peu d’expérience et d’attention, on peut fixer à l’avance l’heure probable de l’expulsion di fœtus.
Champetier de Ribes est arrivé au but qu’il visait en se proposant « d transformer l’accouchement provoqué en un accouchement gémellaire dan lequel le premier enfant serait réduit à la tête ».
La tête ici, c’est le ballon; lorsqu’il est expulsé, la voie est ouverte, libre tout au moins au point de vue des parties molles (utérus, vagin, périnée) Mais il faut bien dire que l’enfant est exposé à quelques-uns des dangers qu court le second fœtus dans les cas de grossesse gémellaire : présentation' vicieuse, procidence du cordon, etc. Ce sont ces dangers qu’ont seuls mis en relief les adversaires du ballon Champetier de Ribes, lui reprochant de déplacer la partie fœtale qui se présente, de favoriser ainsi la chute du
BALLON DE ClIAMPETIER DE RIBES
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cordon, olc. Ces objections sont vraies, mais il ne faut pas en exagérer l'importance; l’essentiel est do surveiller de près la manière dont agit le ballon, et, après l’expulsion de celui-ci, de s’assurer de la présentation pour la corriger rapidement, si cela est nécessaire.
Ce qui est plus sérieux, c’est de ne pas obtenir de ce ballon tout l’effet qu’il peut donner. Il est arrivé à presque tous ceux qui se sont servis de cet appareil d’extraire ou de laisser expulser hors des organes génitaux un ballon distendu au maximum, sans que pour cela l’orifice interne ou la partie supérieure du segment inférieur soit suffisamment perméable. Cet incident — qui peut être grave pour le fœtus — se produit de la manière suivante : on a introduit un ballon qu’on a distendu au maximum ; cet excès de tension empêche l’utérus de se contracter; on retire du liquide: la contraction n’est pas encore assez forte; on soustrait à nouveau un peu de liquide; le ballon s’abaisse; la femme a des douleurs, on réinjecte du liquide, l’orifice externe est distendu au maximum; mais l’orifice interne n’a pas été dilaté, ou ne l’a été qu’incomplètement.
Dans les cas où le sommet se présente, cette faute opératoire n’a pas grand inconvénient ; sous l’influence de la contraction utérine, la partie fœtale pénètre à travers l’orifice interne dans le segment inférieur et l’accouchement se termine assez rapidement. Si le travail ne marche pas, il faut introduire à nouveau un ballon, le porter franchement au-dessus de l’orifice interne, et ne pas s’arrêter dans le col.
L’emploi du ballon Champetier de Ribes est indiqué toutes les fois qu’il y a intérêt à agir vite; nous rappelons seulement que ce ballon est très utile dans les cas d’insertion vicieuse du placenta avec hémorragie, dans les cas de putréfaction fœtale commençante, etc. : on obtient ainsi une dilatation rapide qui permet d’intervenir.
Le ballon est employé aussi avec avantage pour dilater le bassin mou chez des primipares, à parties molles étroites : il rend ainsi service dans la présentation du siège.
Ballon Champetier de Rires moyen et petit modèles. — Par ses dimensions mêmes {voy. p. 1052), le grand modèle du ballon Champetier de Ribes ne peut être utilisé d’une manière rationnelle et efficace que dans les utérus gravides à terme ou près du terme. Dans nombre de circonstances cependant il est nécessaire soit de provoquer l’expulsion de ce qui est contenu ou retenu dans l’utérus (avortement provoqué, rétention du placenta après expulsion de l’embryon, délivrance artificielle tardive, etc.); aussi a-t-on construit des modèles plus petits qui sont également inextensibles, incompressibles et qui présentent une solidité suffisante. Ces modèles sont depuis plusieurs années déjà en usage à la Clinique Baudelocque et nous allons en donner, d’après Wallich*, une description succincte :
« Les ballons (petits modèles) sont de deux sortes les uns, les plus petits, représentent à leur base, lorsqu’ils sont complètement gonflés, à peu près
' I.ns l):illons Cliampeticr de Ribes (petits mwM'Xa). Revue pratique d'ohxlélrtqnt^ el de pédiatrie (liov.-déc. !S9li).
BALLON DE CllAHPETIER DE DIBES
les dimensions d’une [)ièce de 5 francs ; les autres, plus volumineux, correspondent à une dilatation comme une paume de main. — Le ballon correspondant à la plus petite dilatation est de forme conique et présente les dimensions suivantes : la circonférence la plus large mesure 0,155 millim. Le sommet du cône abouché dans le tube mesure 0,025 millim. de circonférence. La hauteur du hallon, de la base du cône au sommet, est de 0,050 millim. Le tube, mince et sans robinet, destiné à être lié ou fermé avec une pince, présente les dimensions d’une sonde uréthrale d’homme et mesure 0,270 millim. de longueur. La capacité de ce ballon est de 40 grammes environ.
« Le ballon correspondant à la dilatation comme une paume de main est aussi de forme conique et présente les dimensions suivantes : la circonférence la plus large mesure de 0,245 à 0,250 millim. La hauteur dé la base au sommet du cône est de 0,090 millim.
Le tube mince et sans robinet présente aussi les dimensions d’une sonde uréthrale d’homme. Le plus petit modèle vide, roulé et pincé, présente une circonférence de 0,055 millim. environ. Le modèle au-dessus du précédent vide, roulé et pincé, présente une circonférence de 0,063 millim. environ. »
Ainsi à côté du gros ballon Champetier de Rihes il y en a de moyens et de petits : ce sont les ballons petit modèle qu’on utilise suivant le même procédé que les gros. Le ballon doit d’abord être jaugé, pour savoir quelle quantité de liquide il contient lorsqu’il est gonflé au maximum. Le ballon est brossé, savonné avec soin, puis baigné pendant une heure dans de l’eau phéniquée forte à 5 pour 100; il est ensuite roulé et saisi dans une pince
(fig. 454) légèrement courbe sur le plat et un peu concave entre ses mors, analogues, à celle qui sert pour les gros ballons, mais elle est plus fine et à mors plat. L’introduction, le gonflement du ballon in utero ne diffèrent en rien de la description que nous avons donnée plus haut (p. 1053) pour le grand modèle. Dans les cas où le canal cervical est trop étroit pour permettre l’introduction du ballon petit modèle, on dilate d’abord le col avec une tige de laminaire ou, si l’on veut aller vite, avec des bougies de Hegar.
D’une manière générale, le petit modèle est employé dans la première moitié de la grossesse, soit pour provoquer l’avortement, soit pour dilater le canal cervical après expulsion de l’embryon a6n de permettre l’expulsion du
PRÉCIS d’obstétriqde. (i7
Fi^. 435.
Ballon Champetier (petit modèle).
Fi;;, fo*. — Pince inlrodnctricepourle ballon Champetier (petit modèle).
MüTlIUDE DE DUISSAIID.
placenta ou rintrodiiclion des doigts dans rutérus. Le ballon de moyen calibre est utilisé de préférence pendant les 5®, 6' et V mois dans les mêmes conditions ou pour provoquer le travail. On peut en effet se servir de ces ballons (petit modèle) comme excitateurs ils agissent alors comme le ballon Tarnier, mais ils sont plus résistants.
4" Méthode de Boissard\ — Boissard a quelque peu modifié l’instriirnentation servant à la provocation de raccouchemcnt. 11 emploie deux ballons, rim de petit modèle qui se rapproche du ballon de Tarnier, l’autre plus volumineux qui ressemble un peu au ballon de Champetier de Ribes.
a. 'Petit modèle. — Le ballon est formé d’une ampoule de caoutchouc, partie amincie, pouvant supporter une forte distension. Cette ampoule est de forme ovoïde, terminée à sa petite extrémité par un tuhe de 37 centimètres de longueur et de 1 centimètre de circonférence. Vide, elle est aplatie, mesure 4 centimètres de hauteur et 2 centimètres 1/2 de largeur ; pleine d’eau, elle atteint le volume d’une orange de moyenne grosseur, a une circonférence de 20 centimètres, une hauteur de 7 centimètres et une capacité de 150 à 150 grammes. Le conducteur est un tube creux, en aluminium, légèrement recourbé à une de ses extrémités et mesurant 25 centimètres de longueur. Ce tube va en s’enfilant à une de ses extrémités, qui est taillée en bec de llùte et qui présente des bords très mousses. C’est la portion courbe qui sera introduite dans la cavité utérine et qui a une circonférence extérieure de 2 centimètres seulement; elle porte une sorte d’anneau de jonc à une distance de 6 centimètres qui donne la mesure de l’introduction du tube dans le canal cervical. Pour monter l’appareil, il suffit d’introduire le tube de caoutchouc vaseline dans le tii'.ie creux en aluminium, de façon que l’extrémité ampullaire rentre et pénétré dans la portion taillée en bec de fiûtc, tout en dépassant ses bords de quelques millimètres (fig. 455).
Voici comment on doit opérer pour introduire le ballon dans l’utérus :
« Le tube ainsi monté et chargé, on le conduit sur l’index de la main droite introduite dans le vagin et en rapport avec l’orifice externe du col; à ce moment on injecte dans te tube en caoutchouc, au moyen d’une seringue, du liquide; sous l’influonce de l’injection, la poche de caoutchouc, aplatie et contenue dans la portion taillée en bec de flûte du tuhe d’aluminium, tend à sortir en se dilatant', cette portion de caoutchouc, moins résistante et mince, cherche, sous l’influence de la pression du liquide, à se déloger, et va en quelque sorte être énucléée ; bientôt, en effet, trouvant la moindre résistance du côté de la cavité utérine, elle sort dilatée du tube, c’est-à-dire qne plus elle se dilate, plus elle sort-, bientôt alors le ballon gonflé se trouve placé de lui-même au-dessus de l’orifice interne ; on retire à ce moment le tube d’aluminium, et le ballon gonflé reste en place, sans ficelle, sans ressort, sans pince; notre appareil est tout de suite prêt, tout de suite monté. »
b. Grand modèle. — Ce ballon diffère de celui de Champetier de Ribes
* A Boissard. Nouvelle technique pour provoquer l’accoucliemeut prcmalurc artificiel [Bull, et rn/'in. de la Soc. ohst. et gyn. de Paris), février 1894. — Nagîd-Hddé. Instrumentation de M. Boissai’d pour provoquer raccouchement prématuré. Tli. Paris, 189i.
MÉTHODE DE DOISSARÔ.
par son volume moindre et surtout par la l'orme excavée de sa face supérieure; il est formé du même tissu inextensible. Vide, il a la forme d’un ovoïde; par sa petite extrémité, il se termine par une pièce en caoutchouc durci, sur laquelle est fixé un fort tube de caoutchouc de 57 centimètres de longueur et 3 centi mètres de circonférence. En dedans et au milieu du fond s’attache solidement une double ficelle, qui sort du tube de caoutchouc et vient pendre en dehors (fig.
45G). Lorsqu’on gonfle le ballon, il faut avoir soin de tirer sur la ficelle, jusqu’à ce qu’on soit parvenu au trait noir qui indique qu’on a atteint le degré voulu. La face supérieure du ballon s’aplatit alors, ou plutôt s’excave et, suivant la juste expression de l’auteur, présente assez bien l’aspect d’un fond d’artichaut. Sa grande circonférence mesure 32 centimètres et sa capacité est d’environ 230 grammes (fig. 456, B').
Pour introduire ce ballon, Boissard se sert d’une pince qui a 33 centimètres de longueur,
17 centimètres 1/2 de l’extrérïiité des mors à l’articulation et 15 centimètres 1/2 de l’articulation à l’extrémité des anneaux. Elle présente une très légère coui’bure antéro-postérieure. Les mors pleins sont canaliculés pour pouvoir loger très facilement le ballon, leur extrémité est mousse, un peu conique, et leurs bords se touchent sur une certaine étendue. L’articulation est à pivot. Un système à crémaillères sert à maintenir les deux branches rapprochées (fig. 456, A). L’introduction de ce ballon ne dillèrc de l’introduction du ballon de Cbampetier de Ribes que par la ma-
Fig. 455. — Ballon cl porteballon de Boissard.
Fig. 456. — Ballon de Boissaid (grand modèle).
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