DES DIFFICULTÉS DE LA VERSION
Si le fœtus n’est pas volumineux, si les parties molles ont été déjà assouplies par des accouchements antérieurs, la tète peut être expulsée sous la seule influence de la contraction utérine et des efforts de la femme. Le plus souvent l’opérateur est obligé de dégager la tète, à l’aide de la manœuvre de Mauriceau, lorsqu’elle est retenue dans l’excavation {voy. p. 471).
Des difficultés de la version. — Si la version par manœuvres internes est souvent facile à pratiquer, elle devient dans certains cas une opération très laborieuse par suite des conditions dans lesquelles elle est faite. Nous allons voir pour chaque temps de la version les difficultés particulières qui sont parfois rencontrées.
Difficultés du i®’’ temps. — Quelquefois on éprouve des difficultés pour faire pénétrer la main dans les organes génitaux, soitpar suite de l’étroitesse congénitale de l’orifice vulvaire et du vagin, soit par suite d’une contracture spasmodique du constricteur du vagin et du releveur de l’anus, etc. ; le chloroforme suffit généralement à lever ces obstacles qu’on ne rencontre guère que chez les primipares. Chez certaines femmes, l’anesthésie est d’autant plus indiquée qu’elles sont effrayées par les préparatifs faits pour l’intervention, qu’elles se débattent et qu’il est utile de les mettre en état de résolution musculaire.
Parfois la vulve est œdématiée soit par suite d’albuminurie soit à cause do l’introduction répétée de la main dans les organes génitaux pendant des tentatives antérieures d’intervention. Il est alors utile de pratiquer des mouchetures pour diminuer le volume de cet œdème.
De véritables tumeurs de la vulve et du vagin peuvent gêner l’introduction et la progression de la main; il est rare que le volume de ces tumeurs soit suffisant pour empêcher totalement la pénétration de la main. Dans ce cas, si la tumeur est liquide, on la ponctionne; si elle est solide, on l’enlève.
Dans des cas exceptionnels, la main est arrêtée par des brides cicatricielles du vagin plus ou moins résistantes, par des cloisons transversales incomplètes : on peut être alors obligé de faire des débridements avec le bistouri.
Si la femme est restée pendant un certain temps en travail et si elle a été soumise à des injections antiseptiques répétées et chaudes, comme on le fait dans les cas d’insertion vicieuse du placenta, il peut y avoir une rétraction des tissus du vagin qui diminue les dimensions de ce canal. En lubrifiant bien la main et le vagin avec de la vaseline, on triomphe facilement de cet obstacle.
La procidence du cordon n’est pas à proprement parler une difficulté de la version; elle peut en être une indication. Le cordon procident doit être remonté avec la main aussi haut que possible, de manière à n’ètre pas comprimé par l’avant-bras introduit dans les organes génitaux. Si l’on n’y parvient pas, on évite d’exercer sur lui le moindre tiraillement et on pratique la version aussi rapidement que possible. — Quelquefois le cordon est procident en même temps qu’une main apparaît à la vulve.
La présence de la main du fœtus hors des parties génitales crée plutôt un incident qu’une difficulté de la version : il faut bien se garder d’essayer de