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C. DE LA VERSION BIPOLAIRE

Conseillée par Brusli, Wigand, Braun, elle fut surtout recommandée par Robert Barnes (18G5) qui la pratiqua plusieurs fois et la dénomma version bipolaire et par Braxton-IIicks qui lui donna le nom de version bimanuelle. Depuis lors elle fut prônée par différents accoucheurs français et étrangers qui l’appellent encore version parmanœuvres combinées ou version mixte.

Elle consiste ' à transformer une présentation en une autre à l’aide des deux mains : l’une, introduite dans les organes génitaux, agit directement sur le betus ; l’autre contribue à faire évoluer le fœtus en agissant à travers la paroi abdominale par des manœuvres externes. Suivant la partie fœtale que l’on ramène en bas (tête ou siège), la version est céphalique ou podalique.

La version céphalique par manœuvres mixtes peut être pratiquée au cours du travail dans certaines présentations de l’épaule et dans quelques présentations du siège chez les primipares, lorsque ces présentations vicieuses n’ont pu être corrigées pendant la grossesse ; elle est encore indiquée dans la présentation de la face où il suffit d’éloigner la face du détroit supérieur pour la transformer en présentation du sommet et dans le procubitus du cordon lorsque l’extrémité céphalique repose dans l’une des fosses iliaques. Elle peut être conseillée dans le cas d’insertion du placenta sur le segment inférieur.

C’est habituellement au cours du travail que l’on a recours à cette opération, alors que la dilatation encore incomplète de l’orifice utérin ne periiiel pas de pénétrer avec toute la main dans l’utérus. Elle peut aussi cire pratiquée, mais plus rarement, avant tout début de travail : c’est pour ainsi dire alors une intervention complémentaire de la version par manœuvres externes.

Enfin plus rarement cette opération est faite alors que la dilatation est complète.

La version bipolaire est facilitée par les conditions suivantes : membranes non rompues ou liquide amniotique restant en quantité suffisante dans l’utérus, situation de la tête ou du siège au voisinage du détroit supérieur, dilatation de l’orifice utérin suffisante pour laisser passer deux doigts.

Après les précautions antiseptiques d’usage, la femme est anesthésiée et placée dans la situation obstétricale ; l’accoucheur fait pénétrer deux doigts dans le vagin jusqu’au niveau de l’orifice utérin ; à l’aide de cos deux doigts, il repousse la partie fœtale qui se présente à travers les membres ou directement en cas de rupture de la poche, pendant qu’avec l’autre main il exerce une pression sur les parties latérales de l’utérus, de manière à faire glisser la tête de la fosse iliaque vers le centre du détroit supérieur . lorsque la tête y est ainsi ramonée, on la maintient au moyen d’une ceinture ou en rompant les mcinbranes.

* LisKi.NE. Essai sur ta version bipolaire. Tli. Paris, 1890.

DI-; LA VLllSION BirOLAIRE.

Pour transformer la face ou le front en sommet, on exerce avec les doigts introduits dans rutenis une pression sur les fosses canines de la face ou sur ie front en mè’inc temps qu’avec la main qui agit à l’extérieur on cherche à abaisser l’occiput.

Lorsqu’on veut substituer une présentation du sommet à une présentation du siège, on fait remonter avec la main la partie fœtale au-dessus du détroit supérieur dans l’intervalle des douleurs. Lorsque le siège est sorti du bassin, un aide le repousse vers l’une des fosses iliaques, suivant la variété de position, tandis que l’opérateur saisit la tête et la fait basculer de haut en bas.

La version podalique par manœuvres mixtes est pratiquée dans certaines présentations de l’épaule lorsque la tète ne peut être facilement ramenée en bas, dans quelques présentations de la face et de placenta prævia, ou bien lorsqu’un accident grave survient au cours du travail alors que la dilatation n’est pas complète (hémorragies, attaques d’éclampsie, embolie pulmonaire, etc.).

Yoici le mnimel opératoire préconisé par Braxton-llicks qui a montré tout le prolit qu’on peut tirer de cette méthode dans l’insertion vicieuse du placenta : la main gauche est introduite dans le vagin ; la main droite, placée sur l’abdomen, vers le fond de l’utérus, presse doucement sur le siège, en le poussant du côté droit. La main suit le mouvement au fur à mesure que le siège se déplace. La main gauche repousse en sens inverse la pai'tie fœtale qui se présente. Lorsque le siège est abaissé, on accroche le genou ou on lâche de saisir ou d’abaisser un pied. Lorsque le pied est ainsi amené au niveau du col, Braxton-llicks conseille d’attendre et de se comporter comme s’il s’agissait d’une présentation primitive du siège.

Les auteui's ne sont point d’accord sur l’extraction du fœtus : les uns abandonnent l’expulsion aux seules forces de la nature, les autres exercent (le légères tractions; quelques-uns ne craignent pas de procéder à la délivrance immédiate, même au prix de déchirures du col : c’est là une pratique détestable.

Quoi qu’il en soit, la version bipolaire est une opération utile, qui permet, dans les cas où la dilatation est incomplète ou insuffisante, de corriger une présentation vicieuse (épaule par exemple) et qui dans certains cas r.hrètie notablement la durée de l’accouchement.

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