CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR L’APPLICATION DU FORCEPS
dangereuse quand le forceps entraîne de force le fœtus à travers un bassin trop rétréci. Le bassin réagit et lamine en quelque sorte la tête du fœtus. Le danger est en raison directe de la viciation du bassin et, par suite, des tractions nécessaires pour engager l’extrémité céphalique.
Théoriquement, lorsqu’on se sert du forceps Tarnier, il suffit de maintenir le tracteur à un travers de doigt au-dessous de la face inférieure des branches pour tirer dans une bonne direction; mais, dans la pratique, le forceps n’ai- ;iiille pas toujours, c’est-à-dire qu’il n’est pas toujours orienté par les paries molles de manière à indiquer à l’accoucheur dans quel sens il doit opérer es tractions; c’est ce que l’on observe en particulier chez les multipares lont le bassin mou a déjà été forcé lors des accouchements antérieurs. Vautre part, l’accoucheur peut n’avoir à sa disposition qu’un forceps de Levret ou qu’un forceps de Tarnier sans tracteur ou avec un tracteur ne fonctionnant pas bien ; aussi est-il nécessaire de se rendre compte, théoriquement et pratiquement sur le mannequin, de l’évolution qui doit être imprimée aux manches lorsque les cuillers subissent des mouvements de rotation en rapport avec ceux qu’exécute la tête fœtale. Lorsque l’opérateur intervient pour guider les branches, il doit essayer autant que possible de reproduire les mouvements qu’exécuteraient les cuillers, si l’évolution de la tête fœtale se faisait spontanément.
Aussi, dans l’exposé des règles générales et des règles particulières qui concernent l’application du forceps, ferons-nous comme si l’opérateur se servait du forceps de Levret ou d’un forceps analogue ; le lecteur voudra bien pour chaque cas se rappeler qu’en réalité c’est avec le forceps de Tarnier qu’il faut opérer et que, tant que les manches du forceps aiguillent, on doit se contenter de les suivre avec le tracteur, sans leur imprimer le moindre mouvement; ce n’est que lorsque le forceps n’aiguille pas qu’il faut, avec l’index de la main libre, exercer une légère pression sur le manche le plus en dehors de la tige médiane et dans le sens de la portion de circonférence qu’il doit tracer dans l’espace.
Lorsqu’on se sert du forceps Tarnier, il faut, après articulation des deux branches de l’instrument, serrer la vis de pression d’une manière très modérée et adapter le tracteur aux tiges de traction : pour cela, avec l’index, on presse de dedans en dehors sur l’extrémité libre de chaque tige de traction, de manière à les déclencher et à les rendre libres ; puis, entre le pouce et l’index de la main gauche, on les amène au contact de telle sorte que les deux branches se trouvent juste au même niveau; de la main droite, on saisit la branche horizontale du tracteur, on fait glisser le verrou en arrière afin de rendre libre la douille dans laquelle les deux branches viennent se loger ; le verrou est alors poussé avec la main gauche devenue libre, et immobilise les tiges de traction.
Avant d’aborder le manuel opératoire des applications du forceps, voyons quelles sont les conditions nécessaires qui permettent d’intervenir avec cet instrument et dans quels cas cette intervention est indiquée.
Conditions nécessaires. — Elles se divisent en deux grandes catégories : les unes admises par tous les accoucheurs, les autres discutées