‹ Précis d'obstétriqueChapitre 576 sur 713 · CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR L'APPLICATION DU FORCEPS · texte numérisé non relu

CONDITIONS NÉCESSAIRES POUR L'APPLICATION DU FORCEPS

par quelques-uns; les premières (A) sont absolues, les secondes (B) relatives.

A. Pour tous les accoucheurs, il faut, avant d’appliquer le forceps :

1“ Que le diagnostic exact de la présentation, de la position et de la variété de position, ait été fait. Dans le cas où une bosse séro-sanguine volumineuse gêne le diagnostic, en masquant sutures et fontanelles, on introduit la main tout entière et on cherche l’oreille, qui indique l’orientation de la tête. Dans certains cas, il importe de contrôler d’une manière attentive, par le toucher manuel, le diagnostic fait par le doigt : outre la bosse séro-sanguine assez volumineuse pour gêner l’exploration des sutures, la présence d’une fontanelle supplémentaire (fig. 475) peut faire commettre une erreur de diagnostic sur la position de la tête. 11 faut donc se rappeler [voy. page 5G1) que l’angle dièdre formé par le pavillon de l’oreille et la région mastoïdienne regarde l’occiput;

2“ Que les membranes soient rompues. Le pincement des membranes entre la face concave du forceps et la tête fœtale pourrait entraîner le décollement partiel du placenta tiraillé par les membranes. D’ailleurs la présence de celles-ci gênerait l’exploration de la tête par la main qui doit guider la cuiller. Dans la presque totalité des cas, les membranes sont rompues lorsqu’on songe à appliquer le forceps; toutefois, lorsqu’on est appelé auprès d’une femme dont on n’a pas suivi le travail, il faut s’assurer que des membranes peu épaisses ne sont pas appliquées sur la tête fœtale. Dans les cas où l’on intervient pour Hémorragie due à l’insertion vicieuse du placenta, cette précaution est capitale;

5® Que l’orifice utérin soit complètement dilaté ou complètement dilatable. C’est là peut-être la plus importante des conditions qui rendent l’application du forceps inoffensive pour la mère et pour le fœtus : jamais le forceps ne doit servir d’agent dilatateur de l’orifice utérin. Si l’on opère avant que la dilatation soit complète ou suffisante pour le passage facile de la tête, on s’expose à des déchirures du col qui peuvent s’étendre plus ou moins loin vers le segment inférieur. De plus, lorsque le col ne cède pas, il constitue autour du forceps un anneau quasi rigide qui exerce une constriction dangereuse sur la tête fœtale par l’intermédiaire du forceps.

B. Les conditions relativement nécessaires sont les suivantes :

1“ 11 faut que le fœtus se présente par f extrémité céphalique première, lléchic ou défléchie; nous n’admettons qu’à titre exceptionnel l’application de forceps sur la tête dernière, et sur le siège décomplété ou non.

2® Le fœtus doit être vivant; s’il est mort et qu’il y ait indication d’intervenir, il est préférable de recourir à l’embryotomie céphalique. Si l’on n’a pas la certitude absolue de la mort du fœtus, on se sert du forceps; il en est de même lorsqu’on n’a pas à sa disposition les instruments nécessaires pour réduire le volume de la tête fœtale, il ne faut pas hésiter alors à user du forceps comme agent de compression de la tête fœtale de manière à réduire son J volume.

3° 11 ne faut pas qu’il y ait entre le volume de la tête fœtale et les dimensions du bassin une disproportion notable : quelques aulcurs

Page 1