‹ Précis d'obstétriqueChapitre 604 sur 713 · E^•GAGE5IE^’T ET DESCENTE DE LA TÊTE FŒTALE · texte numérisé non relu

E^•GAGE5IE^’T ET DESCENTE DE LA TÊTE FŒTALE

et deviennent instinctives pour celui qui connaît le mécanisme naturel et n’a pas de mauvaises habitudes.

La tête étant bien prise, il faut, d’une main, relever les crochets au maximum pendant que l’autre appuie très fort et très longtemps sur le manche au point meme où il meurtrirait le sous-pubis, si elle ne l’en empêchait ; il s’agit de faire descendre le plus possible la bosse pariétale postérieure, d’amener la tempe au promontoire. 11 n’est pas nécessaire d’imposer à 1 1 tête la position transversale pure, c’est-à-dire de relever les manches juste sur la ligne médiane; un peu de diagonalisation vaudra souvent mieux.

Après avoir, par ce relèvement des crochets et cette pression soutenue sur le manche, engagé le pariétal postérieur dans l’excavation (fig. 509), il faut tâcher de l’y maintenir pendant qu’on abaissera à son tour la bosse antérieure, afin de l’engager derrière les pubis. C’est pour cela que la main qui appuie sur l’instrument à l’entrée du vagin, continue à le faire énergiquement, tandis que l’autre, qui relève les crochets, se borne à les soutenir, attentive à les laisser s’abaisser aussitôt que la tête parait vouloir s’engager.

Comment deviner que la tête s’engage et descend? Au rapprochement qui s’opère entre la partie pressée du manche et le périnée (fig. 510). Du reste, la main qui presse est toujours libre de sentir ce qui se passe au fond du vagin sans cesser sa pression, on détachant un seul doigt pour apprécier la distance qui sépare la tête du plancher osseux coccyx-sacré.

D’après Farabeuf, lepréhenseur-lcvier-mcnsurateur peut faire aussi la rotation et le reste de l’extraction. On adapte facilement aux pédicules des cuillers soit un ruban, soit un tracteur rigide et arqué.

Ce manuel opératoire, complet et minutieux, de l’application du levicrpréhenseur-mensurateur est le résumé des recherches entreprises par L.-II. Farabeuf dans son laboratoire. 11 ne nous est point encore possible de nous prononcer sur la valeur du levier-préhenseur-mensurateur au point de vue pratique, c’est-à-dire employé chez la femme en travail et bien que nous l’ayons l’un et l’autre employé avec avantage pour extraire la tète après symphyséotomie, nos documents personnels et ceux qui sont publiés ne sont pas encore assez nombreux pour juger l’instrument.

A. Martin (de Rouen) a publié le résultat de ses observations cliniques et expérimentales dans un mémoire ‘ que Farabeut a illustré de dessins ; avant de lire ce travail, il est important de connaître certaines objections qui ont été faites, en particulier par P. Budin, à l’emploi du levier.

P. Budin ^ a expérimenté le levier-préhenseur-mensurateur sur des bassins en fonte moulés sur des bassins viciés. B a constaté que si l’on prenait une tète ayant un diamètre bi-pariétal voisin du diamètre rétréci du bassin, elle descendait toute seule sans difficulté si on pressait sur elle par-dessus le pubis; qu’elle franchissait plus facilement encore l’obstacle si on l’extrayait seconde après version, qu’elle passait même avee le forceps appliqué en oblique. Au contraire la meme, saisie aveclc levier-uréhenseur-mensurateur,

* Application clinique du prélienseur-levier-mensurateur (instrument de Farabeuf) avec ou sans sympliyséotoniic. (Normandie médicale, 189'd.)

* Sociélé obstélricalc de France, avril 1890.

VALEUR DU LEVIER-PREIIENSEUR-MENSURATEUR.

ne S'engageant pas; il en était de même si l’on appliquait le forceps suivant le diamètre antéro-postérieur du bassin. P. Budin pense que ces difficultés tiennent à ce que la cuiller du forceps et la cuiller du levier-préhenseur sont trop larges : elles ne s’adaptent ni l’une ni l’autre à la concavité de la paroi postérieure des pubis ; les cuillers forment une sorte de pont jeté sur l’axe antérieur du bassin : la têts qui descend ne peut plus utiliser le diamètre dont l’extrémité anterieure aboutit à la symphyse, mais seulement le diamètre qui va jusqu’à la corde de l’axe pubien. L’espace ainsi perdu varie, suivant les bassins, de 7 millim. 5 à 11 millim. 5.

P. Budin a fait les mêmes recherches comparatives sur un bassin rétréci (65 millimètres de diamètre promonto-pubien minimum) : après symphyséotomie et écartement de 4 centimètres, une tête ayant 78 millimètres de diamètre hi-pariétal descend plus ou moins facilement par pression simple, à l’aide du forceps appliqué obliquement : ou par traction sur le tronc la tête venant dernière ; dans les mêmes conditions d’écartement, la tête saisie par le forceps placé suivant le diamètre antéro-postérieur ou par le levier ne put descendre. Avec un écartement de 5 centimètres, les applications antéropostérieures du forceps réussirent comme les obliques, mais le levier échoua encore, sa cuiller trop large (mesurant 54 millimètres) ne pouvant se loger dans l’intervalle inter-pubien. Pour que cet inconvénient disnaraisse, il faut que l’écart des deux pubis atteigne 6 centimètres.

Farabeuf et A. Martin (de Rouen) ont répondu ‘ à ces critiques en faisant remarquer que si cet instrument portait trois noms, c’est qu’il remplit trois fonctions dont la plus importante est celle de levier; de plus, pour en obtenir de bons résultats, il faut, après avoir redressé la tète fœtale, engagei' d’abord la bosse pariétale postérieure, puis la bosse pariétale antérieure, jamais les deux à la fois. Enfin, si cet instrument échoue là où le forceps appliqué en oblique réussit, c’est qu’il n’exerce pas de compression dangereuse. — Au point de vue expérimental, Farabeuf, reprenant les expériences de Budin, a montré que la bosse pariétale se loge dans la fenêtre delà cuiller et qu’elle vient toucher la symphyse et son bourrelet de telle sorte qu’il n’y a point en réalité d’espace inutilisé au niveau de la partie antérieure du diamètre promonto-pubien minimum.

La tête est d’ailleurs étroitement casquée par la cuiller du levier qui a été moulé sur une tète moyenne. « Quand la tête et les cuillers sont descendues dans l’excavation, certainement il y a un vide derrière la partie inférieure de la symphyse : ce n’est pas le fait de la cuiller, puisque celle-ci a ses jumelles appliquées on ne peut mieux sur la tempe et le zygoma, c’est le fait

de la tête qui est encore en position transversale Otez la cuiller, la tête

nue laissera le même espace, car elle touche derrière chaque branche horizontale des pubis ou chaque muscle obturateur : sa face latérale fait la corde de l’axe pubien, où se logent l’urèthre et le col vésical. »

Farabeuf et .4. Martin ont également montré, l’un par l’expérimentation, r utre par des laits cliniques, qu’il n’était point nécessaire, après sym-

‘ Application clinique clu prclicnseur-levier-raensurateur. [Normandie médicale, 1896,)

DE LA S-MPI1\SÉ0T0JIIE

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physéotomie, de produire un écartement de 6 centimètres afin d’extraire la tête avec le levier. D’abord l’écartement pubien ne se fait pas absolument symétrique et jamais l’instrument ne se trouve tout à lait dans le plan médian, de sorte que l’une des jumelles reste derrière le pubis correspondant, pendant que l’autre est dans l’intervalle des os. De plus, « il n’est pas nécessaire que l’écartement des pubis soit au moins égal à 6 centimètres, pour que le diamètre céphalique qui répond au promonto-inter-pubicn soit réduit par pénétration d’une partie de la convexité crânienne, entre les deux pubis »,

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