AGRANDISSEMENT DU BASSIN
n résulte donc de ces recherches que la symphyséotomie faite sur un hassin de 7 centimètres, non atrophié, permet, avec un écartement approchant de 7 centimètres, le passage d’une tête de fœtus à terme supposée irréductible et dont le diamètre hi-pariétal mesurerait 9 cent. 5. Pour les bassins tout à fait exceptionnels, c’est-à-dire dont le diamètre antéro-postérieur aurait moins de 7 centimètres, l’agrandissement ne permettrait le passage d’un fœtus à tête dure qu’autant que celle-ci aurait un hi-pariétal inférieur à 9 cent. 5. Pour les bassins ayant au contraire plus de 7 centimètres de diamètre promonto-puhien minimum, la symphyséotomie permet le passage d’une tête fœtale ayant plus de 9 cent. 5 de diamètre hi-pariétal, c’està-dire d’une tête appartenant à un fœtus volumineux.
Nous voyons ici, une fois de plus, que, pour le pronostic de l’accouchement dans les bassins rétrécis, il ne faut pas tenir seulement compte des dimensions plus ou moins étroites du bassin, squelette et parties molles, mais encore des principaux diamètres et du degré de réductibilité de la tête œtale.
Par la symphyséotomie ce n’est pas seulement le diamètre défectueux, celui qui nous importe le plus, l’antéro-postérieur, qui est augmenté ; il va de soi que tous les diamètres de l’excavation, tous ceux des détroits supérieur ou inférieur participent à l’agrandissement.
Les diamètres obliques augmentent plus que l’antéro-postérieur; les transverses davantage encore, d’environ la moitié de l’écartement des pubis sur toute la hauteur du bassin. Quant au diamètre bi-ischiatique, son augmentation est presque égale à l’écartement inter-pubien, parce qu’en raison de l’obliquité descendante en arrière des axes des charnières, les ischions sont à peu près aussi éloignés de ces axes que les pubis.
Ainsi, d’après Aug. Pollosson, 4 centimètres d’écartement des symphyses donnent 30 millimètres d’agrandissement au diamètre bi-ischiatique, 8 centimètres donnent 62 millimètres.
Fochier (Soc. obstétricale de France, avril 1895) est revenu sur cette question de l’agrandissement des dillérents diamètres conjugué, transverse maximum, transverse médian, de trois types de bassin (bassin normal, bassin aplati, bassin aplati généralement rétréci).
Comme c’est naturellement le diamètre transverse qui s’agrandit le plus. Fochier conclut qu’il est nécessaire de placer la tête en position transversale et en flexion modérée, qu’elle vienne première ou dernière.
Pour faire ressortir et graver dans la mémoire l’augmentation que donne la symphyséotomie à l’orifice ou calibre pelvien utilisable et utilisé, Farabœuf a calculé et vérifié quels étaient les rapports de diamètre et de volume de deux têtes, ou plus simplement de deux sphères, pouvant passer tout juste dans un même bassin rétréci, avant et après symphyséotomie. — Un bassin ayant un diamètre promonto-pubien minimum de 8 centimètres, coupé et écarté de 60 millimètres, peut laisser passer une sphère d’un diamètre de 98 millimètres (une très grosse tête), tandis qu’infact il n’admet qu’une sphère d’un diamètre de 80 millimètres (petite tête). On est bien plus frappé encore du bénéfice dù à l’opération, en apprenant que le volume de la pre-
AGRA^DISSISMENT OTÎ BASSIN.
mière sphère est à celui de la deuxième, comme 488 est à 267, c’est-à-dire presque le double. En d’autres termes, un fœtus de 5000 grammes est plus petit pour le bassin coupé qu’un fœtus de 2000 grammes pour le bassin intact!
Un rétrécissement plus marqué gagnerait davantage, nous l’avons vu. Supposons un diamètre promonto-pubien de 6 centimètres au lieu de 8, avec l’écartement de tout à l’heure 00 millimètres : le diamètre de la sphère admise après et avant la symphyséotomie atteint 84 au lieu de 60; ci sonv olume 310 au lieu de 113, c’est-à-dire le triple!
Ces chiffres comparés montrent bien que plus le bassin est aplati, plus il gagne à l’opération.
Il est une vieille manœuvre, prônée par quelques Allemands, sous le nom de Walcher : elle consiste à mettre les cuisses dans l’hyperextension de manière à agrandir le diamètre promontopubien minimum par l’abaissement des pubis ‘ : les expériences cadavériques laites sur des femmes dans l’état puerpéral prouvent qu’en portant les cuisses, de l’attitude ordinaire en hyperextension, le diamètre ne s’agrandit pas en moyenne de 5 millimètres par le fait de cette contre-nutation forcée, connue depuis Zaglas.Pour Farabeuf, cette manœuvre, même après symphyséotomie, est peu importante, vu les habitudes de décubitus dorsal des parturientes, car les pubis sont déjà abaissés du fait de leur écartement, de la poussée utérine et des tractions de l’accoucheur. Et d’autre part il montre que si l’abaissement des pubis agrandit un peu le détroit supérieur, il rétrécit l’excavation et surtout le détroit inférieur en rapprochant le sous-pubis de la pointe du sacrum. La ligure 525 montre ces faits, faciles à démontrer sur le cadavre.
Opération de la symphyséotomie. — Les procédés opératoires sont nombi'eux, et comme l’a dit Pinard à l’Académie, tous les procédés imaginables de la méthode de Sigault ont été imaginés par Aitken à la fin du siècle der
* Liie sur la manœuvre deWalcher une étude critique et experimentale de 11. Varnicr : Lcsbassiiis rétrécis so7)l-ils dilatables sans symjyhijséolOinieŸ [Ann. de gynécol., déc. ISOi.)
Fig.523 (Farabeuf). — Coupe médiane d’un bassin rétréci.
Effets de la symphyséotomie et de l’écartement des pubis : S représente la posilioji initiale de la symphyse ;p, la position des pubis après leur écartement qui les a prépulsés et abaissés. La tâte, pour plus de clarté, figurée comme si elle ne saillait pas dans l'intervalle des pubis, est là pour montrer que les deux dia7nètres promonto-sus-p7ibien et mi-sacro-sous-pubien ont gagné tous deux à l'opération. 2“ Effet de l'abaissement forcé des pubis par V hyper extension des cuisses [contre-nutation); p' c'est p qui a toiirné suivant la fiéctæ autour du centre de nutation N. Dans ce mouvement, le détroit supérieur gagne, mais l'excavation perd et le détroit inférieur se ferme; p' arrête maintenant la tête qui passait bien derrière p.