PRONOSTIC DE L'OPÉRATION CÉSARIENNE
dessous de la broche, de manière à fixer la périphérie du pédicule à la partie inférieure de la plaie abdominale. Ces sutures, qui sont faites tout autour du moignon, sont plus ou moins nombreuses suivant la largeur du moignon.
Le pansement de la plaie abdominale est fait comme à l’ordinaire : poudre d’iodoforme, gaze iodoformée, ouate antiseptique. Le pansement du pédicule est important : on l’entoure d’une bandelette de gaze iodoformée qui enserre sa base et on la saupoudre avec un mélange, à parties égales, de tannin, d’iodoforme et d’acide salycilique. Le moignon subit une gangrène sèche ou humide : la première est préférable. Le moignon se dessèche alors sans donner lieu à aucun suintement : « Aussi est-il possible qu’on ne soit obligé de renouveler le pansement que plusieurs jours après l’opération. On laissera donc le pansement sans y toucher tant qu’il ne sera pas traversé par des liquides, ou tant qu’un état fébrile n’indiquerait pas la possibilité d’une complication locale. Dans le cas où le moignon, restant humide, sécréterait des liquides en assez grande abondance pour que les pièces du pansement en soient traversées, on détacherait aux ciseaux les parties ramollies et putréfiées du pédicule. » (Potocki.)
Si un suintement sanguin se produit au niveau du moignon pendant les deux ou trois jours qui suivent l’opération, on applique des sutures isolées sur la portion du moignon qui se trouve au-dessus du lien.
Les fils de la suture abdominale sont enlevés le huitième jour. On enlève, deux ou trois jours après, ceux qui relient la paroi abdominale à la périphérie du moignon. Celui-ci tombe généralement du dix-huitième au vingtcinquième jour, laissant comme au fond d’un entonnoir une petite surface arrondie, bourgeonnante, qui ne se cicatrice guère que six à sept semaines après l’opération.,
Pronostic. — Le pronostic de l’opération césarienne (conservatrice ou non) est essentiellement favorable pour le fœtus, à la condition que l’opération soit faite alors que la vitalité du fœtus n’est pas compromise. Les statistiques de Léopold donnent pour la césarienne conservatrice une mortalité fœtale nulle ou presque nulle.
Le pronostic pour la mère varie pour chacune des opérations.
A. Opération césarienne conservatrice. — Le pronostic diffère suivant les conditions dans lesquelles cette opération est faite ; il est évident que le pronostic des opérations faites d’urgence, en dehors des Maternités, est plus sombre que lorsqu’on intervient avec l’outillage et les aides nécessaires. La statistique la meilleure est celle de Léopold, qui donne une mortalité de 10,7 pour 100. Guéniot a fait à la Maternité plusieurs opérations césariennes avec succès.
Quelles conséquences la césarienne conservatrice peut-elle avoir sur la jnarche et la terminaison d’une grossesse ultérieure ? Jadis, alors qu’on ne , !uturait pas l’utérus, le pronostic était assez défavorable : sur 12 cas relevés ^par Michaëlis, il y eut 6 fois rupture de l’utérus à la grossesse suivante. Krukenberg, sur un nombre de faits plus considérable, mentionne 13 cas où la rupture se produisit au niveau de la cicatrice, 4 fois pendant la seconde moitié de la grossesse, 9 fois pendant le travail ; tous les enfants