PRONOSTIC DE L’OPÉRATION DE PORRO
succombèrent après avoir passé dans la cavité péritonéale. De plus, dans 5 cas la cicatrice se disjoignit, mais les fœtus restèrent dans l’utérus. Enfin, 9 fois il y eut rupture utérine au voisinage de la cicatrice.
A l’heure actuelle, ces ruptures ne s’observent plus parce qu’on suture Tutérus; ce qui rend la cicatrice plus solide. Sur 170 femmes opérées depuis 1882, 5 sont redevenues enceintes et la cicatrice a bien résisté. 11 faut cependant un nombre d’observations plus considérable pour affirmer que cette suture ne présente aucun danger de désunion pour les grossesses ultérieures.
B. Opération de Porro. — On ne doit pas s’occuper des statistiques remontant à quelques années, comme celle de Godson qui donne 86 morts sur 162 cas, c’est-à-dire 53 pour 100 de mortalité.
11 faut d’ailleurs, dans l’appréciation des statistiques récentes, tenir compte de ce fait que l’opération de Porro est réservée par nombre d’opérateurs à des cas graves ou désespérés (infection utérine, rupture utérine, etc.), pour lesquels cette opération constitue la dernière ressource. C’est ainsi que Truzzi, élève de Porro, a publié, en 1890, une statistique portant sur 56 opérations de Porro pratiquées en Italie de 1884 à 1889 : il y a eu 57 guérisons et 19 morts, c’est-à-dire 59,9 pour 100 de mortalité totale ; mais, en défalquant 12 cas dans lesquels l’état de la femme était désespéré avant toute intervention, la mortalité opératoire réelle n’a été que de 15,9 pour 100.
La statistique de Breisky, publiée par Piskacek, est encore plus favorable, puisqu’elle comprend 11 opérations de Porro sans un insuccès, et 6 opérations conservatrices avec 2 décès (septicémie). Il en est de même d’une statistique de Léopold, qui n’a perdu aucune des 7 femmes qu’il a traitées par la méthode radicale, tandis que la césarienne conservatrice donne encore une mortalité de 10,7 pour 100.
Demelin (Soc. obst. de France, avril 1895) a rassemblé 164 opérations césariennes et 55 opérations de Porro pratiquées depuis 1887 : pour les premières, la mortalité maternelle est en bloc de 22 pour 100, la mortalité fœtale de 21 pour 100; pour les secondes, la mortalité maternelle est de 25 pour 100, la mortalité fœtale de 50 pour 100. Le pronostic s’améliore au fur et à mesure qu’on se rapproche du temps présent : depuis 1890, la mortalité est de 20 pour 100 pour les opérations césariennes conservatrices et pour les opérations de Porro ; depuis 1895, elle n’est plus que de 16 pour 100 pour les premières et de 10 pour 100 pour les secondes. Ce.« chiffres sont utiles à connaître au point de vue historique ; ils ne peuvent guère servir à établir un parallèle entre le pronostic de chaque opération : celui-ci dépend des conditions dans lesquelles est pratiquée l’intervention.
Indications. — Les indications de l’opération césarienne, conservatrice ou non, sont de deux sortes : A. les indications absolues; B. les indications relatives. Faut-il ajouter que, si, dans la majorité des cas, ces indications sont nettement distinctes, dans d’autres elles prêtent à discussion? Dans un cas donné, tel accoucheur verra une indication absolue, tel autre une indication relative. La question des indications de l’opération césarienne est d’ailleurs double aujourd’hui, il faut d'abord décider s’il est préférable