MANUEL OPÉRATOIRE DE LA BASIOTRIPSIE
ment à droite et on opère un nouveau broiement. De cette façon, la tète sera broyée suivant deux diamètres perpendiculaires. » (Pinard.)
La description de l’opération de la basiotripsie, telle que nous venons de la donner, est à dessein un peu schématique : dans la pratique il ne faut pas seulement s’occuper de la manière d’appliquer les branches par rapport aux diamètres du bassin; il faut encore savoir comment les branches de l’instrument sont appliquées par rapport à la tête fœtale : c’est à résoudre les difficultés de chaque cas particulier que se révèle l’habileté du praticien.
Comme l’a dit Bar, « pour atteindre la tête dont on veut diminuer le volume, il ne suffit pas, en effet, de tenir compte du degré de viciation du bassin, de sa conformation; il faut encore se préoccuper de la présentation de la tête fœtale, de son inclinaison, de sa flexion plus ou moins prononcée, de son degré de fixité ou de mobilité, de son engagement plus ou moins marqué; circonstances qui se groupent de façons si diverses que l’accoucbeur doit faire appel à toute son habileté, s’il veut mener à bien son intervention. »
Examinons les différentes situations que peut occuper la tète fœtale, lorsqu’on veut la broyer ; on peut en effet faire la basiotripsie dans les présentations du sommet, de la face, ou sur la tête dernière; Bar a étudié expérimentalement ces différents cas. Quand la tête fœtale se présente fléchie au détroit supérieur, on peut la saisir du front à l’occiput : c’est une méthode assez fréquemment suivie. L’aplatissement de la tête peut être alors très complet ; mais il faut pour cela que les cuillers soient bien appliquées suivant le plan sagittal de la tête fœtale. S’il n’en est pas ainsi, les cuillers glissent sur les parties latérales de la tète ; un fragment petit de la base se trouve souvent seul saisi et broyé. Quand la perforation n’a pas été pratiquée sur le trajet ou dans le voisinage de la suture sagittale, il est fréquent de voir les cuillers appliquées irrégulièrement. C’est ce qu’on observe lorsque le rétrécissement pelvien est assez marqué.
Ainsi on saisira la tête fœtale suivant le diamètre occipito-frontal quand le bassin n’est pas très rétréci, quand on a pu faire la perforation près de la suture sagittale et quand on est sûr de pouvoir bien appliquer les cuillers aux extrémités du plan sagittal du crâne fœtal. Lorsque ces conditions favorables ne sont pas réalisables, on doit chercher à saisir la base suivant l’un de ses diamètres obliques (fig. 556) : on obtient ainsi un aplatissement fort régulier.
D’après Bar, lorsque le fœtus se présente par la face, l’application du basiotribe est souvent plus compliquée que celle du cranioclaste. L’applicaiion des cuillers aux extrémités du diamètre occipito-mentonnier peut conduire à de bons résultats; mais, malgré la fixité que le perforateur donne ajx cuillers, celles-ci glissent facilement sur la partie fœtale.
La saisie de la face suivant un diamètre transversal est très avantageuse : mais ta difficulté consiste à bien appliquer en même temps les cuillers sur la base.
Lorsqu’on fait une basiotripsie sur la tête dernière (fig. 557), on obtient un bon broiement en appliquant les branches de l’instrument sui-