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PRONOSTIC DE LA DASIOTRIPSIE

que la dilatation ne progresse pas et que des phénomènes de putréfaction fœtale commencent à survenir : il y a intérêt pour la mère à être débarrassée de ce corps étranger, source d’infection.

On peut donc pratiquer la basiotripsie à travers une dilatation incomplète (paume de main, par exemple), mais à la condition de ne pas vouloir terminer séance tenante l’extraction. Peu à peu la dilatation se complète; la tête passe ; et, en dégageant les épaules avec douceur, le reste du fœtus est extrait sans difficulté.

Lorsque le fœtus est vivant, il y a contre-indication formelle à la basiotripsie ; suivant les cas, lorsqu’il existe une disproportion entre le volume du fœtus et les dimensions de la filière pelvi-génitale , on a recours à la symphyséotomie ou à l’opération césarienne.

Par suite d’un accident survenant au cours du travail (le plus habituel est la compression du cordon) ou par suite du traumatisme résultant d’une application de forceps brutale, la vitalité du fœtus peut être très compromise : si le Bassin est normal, le forceps doit être préféré à la basiotripsie ; mais s’il y a rétrécissement du bassin, et qu’une intervention soit indiquée, faut-il recourir à la basiotripsie, au levier préhenseur, au forceps ou à la symphyséotomie ? La question est d’autant plus délicate qu’il est fort difficile d’apprécier jusqu’à quel point la vitalité du fœtus est compromise : cette question ne peut être résolue à l’heure actuelle, comme nous l’avons vu à propos de la symphyséotomie.

Pronostic. — Il n’intéresse que la mère : il est favorable. La basiotripsie, faite avec méthode et sans force, est une opération absolument inoffensive et qui ne présente guère plus de difficulté que l’application du forceps : elle permet de faire passer des fœtus assez volumineux dans des bassins très rétrécis.

Lorsque le broiement est bien fait et surtout lorsqu’un seul broiement

Fig. 558. — Basiolribe de Tarnier. (Nouveau modèle.)

PRÉCIS D OBSTETRUJDE.

EMBRYOTOMIE CERVICALE ET RACIIIDIEiNNE

suffit, il n’existe point d’esquilles, de débris d’os qui puissent léser les parties maternelles.

Est-ce à dire qu’il ne meurt pas de femmes chez lesquelles on a pratiqué la basiotripsie? Assurément non; toutefois ce n’est point cette opération qui doit en être rendue responsable, mais bien les interventions antérieures ou les touchers faits avec des doigts malpropres. La mortalité opératoire peut être considérée comme nulle, si l’on défalque de la statistique les cas où la femme succombe à des lésions antérieures à l’opération, à une rupture utérine par exemple, ou bien à une infection produite avant l’intervention finale.

Dans sa thèse', après nous avoir cités (p. 19), Mme Bernstein-Woulbrun trouve que notre optimisme « n’est pas tout à fait justifié » ; ayant réuni les opérations de hasiotripsie pratiquées de 1883 à 1894, dans le service de Pinard à Lariboisière et à Baudelocque (série A), et à la Maternité de Paris (Ecole de sages-femmes) (série B), elle donne les chiffres suivants :

Mürtalilé intég^'ale.

Série A G.3 basiotripsies, 6 femmes mortes, soit 9,5 pour 100

Mortalité pour les deux séries 15,2 —

MortaliLé expurgée.

Série A 3 cas de mort imputables à l’opération 4,10 pour 100

Mortalité pour les deux séries, presque 0 —

Mme Bernstein-Woulbrun xï expurge pas suffisamment ; en effet, pour ne parler que de la série A, parmi les 3 « cas de mort imputables à la basiotripsie (p. 21) », se trouvent deux femmes (n“ 1 et n“ 4) opérées en 1883 avec le céphalotribe ! Il reste donc une seule femme (obs. 36) qui est morte le lendemain de l’opération ; mais la lecture de l’observation (p. 99) n’entraîne guère la conviction au point de vue de la nocuité du basiotribe.

Donc, malgré Mme Bernstein-Woulbrun, nous continuons à considérer la basiotripsie comme une opération sans gravité réelle : ce qui ne veut pas dire qu’une femme, chez laquelle on pratique la hasiotripsie, n’est exposée à aucun accident morbide ou mortel.

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