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MANUEL OPÉRATOIRE DE L’EMCRYOTOJIIE

ment dans l’intérieur des organes. II glisse ainsi sur le ressort qui lui sert de conducteur et arrive à toucher le bec du crochet.

4® Temps. Articulation. — Quand l’anneau a dépassé 1 extrémité inférieure de la poignée du protecteur, le pivot est engagé dans la mortaise, les parties rectilignes du crochet et du tube rapprochées jusqu’au parallélisme et le pivot serré à fond. On achève de dégager entièrement le ressort et un coup de ciseaux le sépare de la ficelle-scie.

Temps. Décollation. — L’instrument étant maintenu par un aide, l'accoucheur saisit chacun des chefs de la ficellescie d’une main et lui imprime de rapides mouvements de va-et-vient. En quelques secondes, la section du cou est terminée. On retire l’instrument sans le désarticuler.

Quand on se sert de cet instrument, il faut le faire maintenir solidement par un aide; il faut soimême, en imprimant à la ficelle les mouvements de vaeivient, faire grande attention à ce que celle-ci ne quitte à aucun moment les tubesprotecteurs. Autrement elle viendrait léser le vagin et l’utérus. Cet instrument, bien manié, ne peut blesser ni la parturiente ni l’accoucheur. On est certain de terminer la décollation, quand la ficelle-scie est parvenue à entourer le cou du fœtus. La seule difficulté réside dans l’application du crochet. Elle est d’ailleurs la même pour tous les crochets. Cependant Ribemont-Dessaignes qui a employé cet embryotome 20 fois sur la femme vivante, n’a jamais échoué.

Fij. 562. — Deuxième temps de l’embryotomie.

Le crochet tenu àe la main droite a été tourné de manière à s'appliquer sur le cou du fœtus : la main gauche qui est restée en place, atteint avec l’index l'anneau de la ficelle-scie, comme on peut le voir sur le petit dessin qui se trouve à droite de la figure.

EMBRYOTOME TARNIER.

Quand le cou est très élevé, quand il est inaccessible, il faut recourir à l’appareil suivant imaginé par Tarnier et qui permet toujours, quelles que soient les difficultés, de mener à bien l’embrptomie.

5“ Embryotome de Tarnier. — L’embryotome rachidien (fig. 565) se

compose de trois parties ;

1“ Crochet;

2“ Couteau;

5“ Protecteur. A ces trois parties il faut ajouter un écrou à ressort qui n’est qu’une annexe du crochet.

Le crochet A se compose d’une tige d’acier arrondie qui s’encastre en bas dans un manche transversal. Cette tige , recourbée assez brusquement en crochet à son extrémité supérieure, se termine par un bouton.

La tige , plus grosse dans sa moitié inférieure qu’en haut, est creusée dans toute son étendue d’un canal cylindrique qui s’ouvre à l’extérieur sur toute sa longueur par une rainure. La partie recourbée du crochet est canaliculée comme une sonde cannelée.

Le manche de l’instrument loge la tige du crochet et présente une échancrure au niveau de laquelle la rainure s’ouvre à l’extérieur.

Au-dessous du manche, la du crochet se prolonge de 5 centi-

tige

sur

une longueur

mètres; cette partie de la tige porte un écrou à ressort E qui sert à fixer ou à rendre libre la lame du couteau.

Le couteau C est une vériil est triangulaire, coupe suivant l’un des côtés du triangle qui a une direction oblique et agit, non pas en comprimant, mais bien en glissant sur te fœtus qu’il attaque tangentiellpment. Ce fait a la plus grande importance : à lui seul, il rend l’embryotome Tarnier supérieur à ceux

Fig. 563. — Deuxième temps de l’embryotomie.

L’index de la main gauche agant saisi Vanneau, eniraine le conducteur de la ficelle-scie, que l'on voit pénétrer nu niveau du manche du crochet sous la main droite.

table guillotine

MANUEL OPÉRA fOIRE DE L'EMRRYOTOME TARNIER.

qui ont été imaginés avant lui. Le côté tranchant du couteau est destiné à se loger, quand l’instrument est fermé, dans Xa 'partie recourbée du crochet à laquelle il s’adapte exactement.

Le protecteur B est une lame qua drangulaire dont la forme et les dimensions rappellent à peu de chose près la forme et les dimensions du couteau.

Toutefois, au lieu d’être terminé par un angle saillant, il présente un hord qui est plus horizontal que le hord correspondant du couteau qu’il dépasse en dehors de 15 millimètres et qu’il protège très efficacement.

En raison de sa forme, le protecteur n’ahandonne le couteau qu’au fur et à mesure que le hord tranchant de celuici pénètre dans les parties fœtales.

Le maniement de l’embryotome rachidien est aisé pour ceux qui ont eu soin d’étudier le fonctionnement très simple de ses diverses parties :

cet instrument est d’une grande solidité et ne présente aucun danger ni pour la femme ni pour l’accoucheur.

Avant de se servir de l’instrument, on le rend aseptique : puis l’écrou- 564. - Troisième temps do l’embryotomie.

nrl oct ’ -il 'nrl ‘t flanc manche du crochet a été confié à un aide qui le tient solidement leSSOri est iniiouuiioans de ta main droite en tirant de haut en has. L'opérateur tient

le crochet, le protecteur Vautre branche de l'embryotome de ta main droite et te pousse de

, P , , , bas en haut en le guidant sur te ruban métallique qui attire la

est hxe au couteau; les ficeiie-sde.

deux moitiés de l’instrument sont plongées dans la solution phéniquée où elles doivent séjourner jusqu’au moment de l’opération.

Manuel opératoire. — Le manuel opératoire ne diffère guère suivant qu’on pratique la section du cou (embryotomie cervicale), ou la section du tronc (embryotomie thoraco-abdominale).

i:00 MANUEL OPERATOIRE DE I/EMRRYOTOME TARNIER.

V embryotomie cervicale comprend plusieurs temps : 1“ introduction de la main; 2“ introduction et placement du crochet; 3“ introduction et fixation du couteau ; 4® section du cou ; 5“ enlèvement de l’instrument et extraction du fœtus.

1“ Introduction de la main. — Avec l’embryotome Tarnier, il n’est pas nécessaire d’introduire toujours la main gauche, comme lorsqu’on se sert des ciseaux de Dubois; il n’est même pas nécessaire de sentir avec le doigt le bouton du crochet.

A On introduit donc, en avant du fœtus, entre lui et le pubis, la main homonyme au côté du bassin dans lequel J. la tête du fœtus est située, de telle sorte que l’index soit en B contact avec la tête : donc la main gauche, quand on se trouve en présence d’une position gauche; la main droite, quand la position est droite. La main est introduite entre le pubis et le fœtus, la paume regardant en arrière; le pouce suit la main dans les parties génitales, si elle doit être poussée très profondément : sinon il reste dehors. 11 est utile, pour faciliter l’introduction et éviter une extension trop prononcée de la main, de soulever aussi fortement que possible le siège de la femme.

2® Introduction et placement du crochet. — La main introduite sert de guide pour appliquer le crochet. Supposons qu’il s’agisse d’une présentation de l’épaule droite en position gauche, dos en avant : les quatre doigts de la main gauche sont placés en avant du fœtus; ils ont reconnu le sillon du cou qui est facile à sentir, au moins dans sa partie inférieure.

Le crochet est tenu de la main droite, à pleine main, la tige entre l’index et le médius : il est conduit verticalement sur la face palmaire de la main gauche, le bouton du cro- '^’tome’racwdièn^dê regardant à droite, du côté opposé à la tête du Tarnier. fœtus. Le crocliet est dirigé directement en haut et un

peu à gauche, toujours exactement appliqué contre le fœtus et la main. 11 est ainsi introduit jusqu’à ce que l’opérateur sente une diminution ou une absence de résistance : c’est que le tronc est dépassé.

A ce moment le crochet est tourné sur son axe, de droite à gauche, de manière que son bouton, après avoir glissé sur le tronc du fœtus, vienne répondre en arrière au cou du fœtus; on abaisse alors le crochet en le reportant un peu vers la gauche, le cou est embrassé par lui, et en tirant en bas sur le crochet, on s’assure que la prise est bonne.

5® Introduction et maniement du couteau. — Le crochet étant appliqué sur le cou, l’opérateur retire la main gauche, il saisit avec cette main le manche de l’instrument et le maintient fortement appliqué sur la partie fœtale sans jamais l’abandonner. 11 confie à un aide le bras abaissé et l’engage à le porter du côté opposé à la tête, c’est-à-dire à droite.

Après avoir bien fixé le protecteur sur le couteau, l’opérateur prend de la

MANUEL OPERATOIRE DE L'EMBRYOTOME TARNIER.

main droite la poignée du couteau, introduit celui-ci dans le canal du crochet et le fait monter jusqu’à ce qu’il arrive à la vulve. Il confie alors à l’aide le manche du couteau, en lui demandant simplement de le pousser au commandement.

L’operateur introduit alors sa main droite, devenue libre, dans les parties génitales, jusqu’au cou du fœtus; écartant les parties maternelles, il empêche qu’elles soient refoulées par le protecteur. Il commande alors à l’aide de faire monter le couteau toujours muni de son protecteur, jusqu’à ce qu’il soit arrêté par la rencontre du fœtus. L’opérateur retire sa main des parties génitales, saisit la poignée du couteau, pousse de nouveau celui-ci contre le fœtus et abaisse la bascule. Le cou est saisi, bien saisi et il est seul saisi : impossible que pendant la section aucune partie maternelle s’interpose entre le cou de l’enfant et le couteau. On libère alors le protecteur.

4“ Section du cou. — Tenant toujours solidement de la main gauche le manche du crochet, qu’il n’a pas quitté, l’opérateur fait tourner sur elle-même la poignée du couteau; celui-ci monte et sectionne le cou, pendant que le protecteur, repoussé par les bords de la section, descend peu à peu en libérant une longueur de plus en plus grande de la lame tranchante. On tourne la poignée du couteau jusqu’à ce qu’on soit arrivé au bout de la vis : la section est alors terminée. Comme il arrive parfois qu’une portion de peau soit cachée entre le couteau et l’angle du crochet, il est bon, quand la vis a été serrée à fond, d’imprimer au manche de couteau deux ou trois demi-tours rapides en sens inverses : la section est alors complète.

5“ Enlèvement de l’instrument. — Extraction du foetus. — La décollation achevée, le crochet et le couteau sont enlevés ensemble. 11 ne reste plus qu’à extraire les deux tronçons du corps du fœtus : des tractions sur le bras suffisent généralement à amener le tronc au dehors. Quant à la tête, on peut l’extraire soit en introduisant un doigt dans la bouche du fœtus, soit en faisant une application de forceps ou une basiotripsie.

Il est facile d’appliquer ces préceptes aux différentes présentations et positions de l’épaule; dans des cas exceptionnels, il est nécessaire de glisser le crochet en arrière du fœtus; on éprouve alors une certaine difficulté à donner au crochet une position suffisamment verticale. Si la tige de l’instrument n’est pas assez portée en arrière, le crochet ne saisit pas le cou à son bord supérieur, mais seulement à sa partie postérieure et inférieure et une faible portion seulement de son épaisseur se trouve sectionnée. C’est surtout dans les positions dorso-antérieures que ces difficultés se rencontrent. Ajoutons que la décollation avec l’embryotome Tarnier est possible alors même que le fœtus a commencé à exécuter le troisième temps de l’évolution spontanée.

i Lorsqu’on ne peut atteindre la région cervicale, on va à la recherche d’un ' bras, on l’abaisse le plus possible dans le vagin. Si le cou reste inaccessible malgré ces tractions, on ampute le bras avec l’embryotome et on va de nouveau à la recherche du cou. Si l’on n’arrive pas encore au cou, on cherche à abaisser l’autre bras. Le cou est alors accessible et la difficulté est vaincue.

Si l’abaissement du bras est impossible, on opère la division du tronc

EVISCERATION.

avec rerabryotome : le manuel opératoire ne présente rien de particulier, sauf qu’il faut habituellement pratiquer dcu.v ou trois sections. L’embryotome Tarnier se montre ici surtout supérieur à tous les autres, parce que l’embryotomie thoraco-abdominale est toujours possible, toujours facile, jamais dangereuse.

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