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TRAITEMENT DE L’OPHTALMIE PURULENTE DU NOUVEAU-NÉ

Daupières. L’opérateur soutient le tube de caoutchouc, et masque de la main gauche le nez et la bouche de l’enlant.

Un énergique courant d’eau se précipite contre les paupières, déplisse et distend en forme de boudin le cul-de-sac supérieur en entraînant toutes les sécrétions ; il s’échappe enfin par la fente palpébrale sur les côtés du laveur. On constate en meme temps que le pavillon et le voile des paupières sont refoulés à 5 millimètres en avant du globe de l’œil.

A cette pression de 50 centimètres qu’il ne faut pas dépasser, l’écoulement des deux litres de liquides se fait en 7 à 8 minutes. La même opération s’exécute ensuite sur l’autre œil.

Pour empêcher l’entrée du liquide dans le nez et la bouche, l’enfant est tenu sur les genoux d’un aide, les pieds un peu plus élevés que la tête, et la face tournée vers le haut. Sur le parquet on dispose un vase à bords larges, un baquet, une cuvette de tiib.

Comme liquide médicamenteux, Kalt a d’abord conseillé le permanganate de potasse qui est inoffensif pour la cornée dans les cas fréquents où elle est ulcérée. On se sert d’une solution à 1/5000, en formulant :

Permanganate de potasse 20

Eau distillée 250

grammes.

On ajoute aux deux litres d’eau (50“-55“) du bock, 6 centimètres cubes de cette solution, soit, une /brfecMt7/eree à café (débordant). Après mélange, ces deux litres serviront pour un seul œil. Kalt* a substitué au permanganate de potasse le permanganate de chaux, qui est moins irritant et qui s’emploie à la même dose.

Quand l’ophtalmie est légère, c’est-à-dire quand elle s’accompagne de sécrétion peu abondante et de gonflement médiocre, une irrigation matin et soir dans chaque œil est suffisante. — Si la sécrétion est moyenne ou forte, et le gonflement marqué, il faudra faire trois irrigations dans chaque œil. Dans l’intervalle, on laissera couler entre les paupières, toutes les deux heures, un peu de solution forte à une cuillerée à calé par litre.

Enfin, dans les ophtalmies particulièrement graves, avec infiltration grisâtre des tarses, forte purulence dès le début, ulcérations cornéennes précoces, Kalt fait 4 irrigations par jour Fig. 56fi. — En- pendant 5 ou 4 jours pour descendre ensuite à 3. aTnait Dès le lendemain de l’application de ce traitement, on note

une diminution du gonflement et de l’écoulement. Après trois jours de traitement, un écoulement intense doit être devenu séro-

‘ Bulletin de l'Académie de médecine, octobre 1895.

CONJONCTIVITE CATARRHALE DU NOUVEAU-NË.

muqueux et faible, sinon le traitement n’a pas été employé avec une énergie suffisante.

Vers le 4®, 5'’ jour, l’amélioration a toujours été très manifeste dans tous les cas graves. Le traitement maximum (2-3-4 irrigations par jour) doit être continué jusqu’à cessation presque complète de l’écoulement et disparition du gonflement. Quand il ne reste plus qu’un peu de sécrétion le matin, une seule irrigation est suffisante ; mais elle doit être continuée, par crainte de rechutes, jusqu’à disparition de toute sécrétion.

Les irrigations sont par elles-mêmes peu irritantes, et leur emploi est sans inconvénient, soit pour l’œil, soit pour la santé générale de l’enfant.

Le traitement de Kalt donne des résultats satisfaisants dans la pluralité des cas . cependant les ophtalmologistes lui reprochent d’être insuffisant et de ne pas donner la même sécurité que les cautérisations au nitrate d’argent.

B. CONJONCTIVITE CATARRHALE (CATARRHE CONJONCTIVAL)

Voici, d’après Valude*, les principaux caractères de la conjonctivite catarrhale, que l’on peut considérer comme une forme très atténuée de l’ophtalmie purulente, mais qui en diffère tellement par sa marche et par sa gravité qu’elle mérite une description séparée.

Il existe au niveau de la conjonctive palpébrale une rougeur uniforme sans gonflement et une sécrétion muco-purulente peu abondante. Pas d’œdème des paupières; peu ou pas de catarrhe de la conjonctive bulbaire, pas de chémosis.

L’enfant ne tient pas les yeux fermés; il les ouvre assez facilement, n’étant pas gêné par le très léger gonflement palpébral. Le bord des paupières est un peu rouge et humide ; la conjonctive bulbaire est seulement rosée. Des mucosités jaunâtres se voient généralement aux angles de l’œil, surtout à l’angle interne.

En déprimant la paupière inférieure, on constate que la conjonctive est d’un rouge foncé, mais unie, sans villosités ; la rougeur va jusqu’au fond du cul-de-sac au niveau duquel existe un filament de muco-pus concret ; c’est le signe caractéristique de la maladie.

En retournant la paupière supérieure, la conjonctive présente la même coloration foncée, mais pas de sécrétion.

Pendant la nuit, la matière sécrétée se dessèche sur les bords palpébraux et les agglutine.

Ces symptômes durent habituellement une ou deux semaines, puis diminuent et disparaissent sans amener aucune formation papillaire de la conjonctive; les complications cornéennes (ulcérations, etc.) sont tout à fait exceptionnelles.

Lorsque le catarrhe conjonctival, non consécutif à une ophtalmie grave ou ne coïncidant pas avec un mauvais état général de l’enfant, se prolonge au

* Les ophtalmies du nouveau-né. Paris, Ruelf et Cie, 1895

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