‹ Précis d'obstétrique. Ptie. 1Chapitre 114 sur 173 · A. PHÉNOMÈNES MATERNELS · texte numérisé non relu

A. PHÉNOMÈNES MATERNELS

1° Le travail est précédé chez quelques femmes d'un certain nombre de signes précurseurs : dans la dernière quinzaine de la grossesse, le fond de l'utérus s'abaisse un peu chez un certain nombre de femmes par suite de l'engagement de plus en plus prononcé de la partie fœtale.

Les femmes éprouvent alors un notable soulagement; elles marchent plus facilement, respirent et digèrent mieux. Quelques-unes, au contraire, se trouvent plus lourdes et ressentent une pesanteur incommode dans le bas-ventre, du côté du rectum, de la vessie. La circulation veineuse des membres inférieurs et des parties génitales externes est de plus en plus entravée; la vulve se tuméfie et des glaires visqueuses, jaunâtres, s'échappent du vagin ; les femmes marquent (Tarnier et Chantreuil).

Parfois les contractions utérines indolores qui existent clans les derniers mois de la grossesse deviennent plus fréquentes, plus intenses; elles fessent même d'être indolores et s'accompagnent de quelques douleurs qui reviennent par accès dont la durée est d'une heure ou deux ; ces accès douloureux font souvent croire à tort à un accouchement imminent. — Ces alertes s'observent plus habituellement chez les multipares que chez les primipares : elles tiennent à l'engagement de la partie fœtale, qui souvent n'a guère lieu que pendant les 15 derniers jours de la grossesse.

ACCOUCIIK.MK.Yr.

Dans nombre de cas la femme n'éprouve rien de particulier pendant les derniers jours de la grossesse, et c'est assez brusepiemenl que se produit seul les contractions utérines douloureuses du travail.

2° Contractions utérines. —Lorsque l'utérus se contracte, il durcil : si l'on a la main 'appliquée sur le ventre de la femme, on peut la pré] venir qu'elle va souffrir dans quelques secondes; lorsque la douleur à disparu, l'utérus reste encore dur pendant quelques instants. La conj traction utérine commence donc avant la douleur et finit après elle.

Aussi est-il nécessaire, lorsqu'on veut palper l'utérus ou pratiquer l'auscultation du fœtus, de s'assurer que le muscle utérin n'est ni ;m début ni à la fin d'une contraction. Si l'on pratique le toucher au moment de la contraction, pendant la période de dilatation, on constate que l'orificJ utérin s'amincit, se durcit et que les membranes, mises à nu par suite dé la dilatation, se tendent et font plus ou moins hernie à travers cet orifice.

Sous l'influence de la contraction, l'utérus change de direction : il revient, vers la ligne médiane tout en se portant en avant par suite de la contraction des ligaments larges, et surtout des ligaments ronds. De plus, il prend une forme cylindrique par suite du redressement du fœtus qui réagit contre les parois de l'utérus.

Quelques observateurs ont cherché à mesurer la force résultant de la contraction : les uns se sont servis d'appareils enregistreurs mis en communication avec la partie inférieure de l'œuf et le muscle utérin; c'est ce qu'ont fait Schatz et Polaillon à l'aide du tocodynamomètre, Poullet avec son tocographe. D'autres auteurs, Poppcl, M. Duncan, Ribemont-Dessaignes, ont calculé la force nécessaire pour rompre des membranes, et ils l'ont considérée comme représentant à peu près l'intensité de la contraction utérine.

Toutes ces méthodes sont discutables ; les résultats qu'elles donnent diffèrent d'ailleurs notablement les uns des autres (de 2 kilogrammes à 25 kilogrammes).

Ce qu'il importe de savoir, c'est que Y intensité de la contraction utérine varie beaucoup suivant les femmes, et que chez la même femme ( elle intensité n'est pas toujours la même. Il est fréquent de voir les contractions utérines accouplées deux par deux de telle sorte qu'aune contraction forte succède une contraction faible.

La contraction utérine du travail est douloureuse. C'est là un caractère tellement important qu'une femme qui ressent les contractions du travail dit qu'elle est en douleurs : nous verrons quelle part revient à la contraction utérine dans les sensations douloureuses qu'éprouve la femme pendant l'accouchement.

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