‹ Précis d'obstétrique. Ptie. 1Chapitre 13 sur 173 · VAGIN · texte numérisé non relu

VAGIN

C'est un canal musculo-membraneux qui relie la vulve à l'utérus et sert à engainer (vagina) le pénis pendant le coït.

Moyens de fixité. — Il est fixé en haut à l'utérus sur lequel il s'insère et en bas au périnée ; latéralement la gaine vasculaire qui lui apporte ses vaisseaux l'empêche d'être mobile.

Direction. — Considéré en lui-même, l'axe du vagin n'est pas tout à fait rectiligne : il présente a sa partie inférieure une légère courbure à concavité postérieure au niveau de l'ampoule rectale (fig. 27), puis à s i partie supérieure une légère courbure à concavité antérieure au niveau de la saillie du col utérin.

Quant à sa direction relativement à Taxe du corps, Charpy1 qui a donné du vagin une bonne description, distingue trois types différents qui sont en rapport avec l'inclinaison du pubis :

a. Chez le.s femmes dont l'inclinaison de la symphyse pubienne est normale, c'est-à-dire d'environ 60 degrés, le vagin est légèrement incliné en arrière et en haut de 15 degrés environ; il est sensiblement vertical lorsque la femme est debout.

b. Chez d'autres femmes (a type droit), l'inclinaison de la symphyse sur la verticale n'est que 45 degrés; la région lombaire est alors droite; les fesses plates et basses; la vulve est reportée en avant, le pubis en quelque sorte remonté, le périnée est long.

Chez ces femmes (on en observe environ I sur 8 ou 10), le vagin est incliné en arrière, de 50 degrés environ. Lorsque la femme est couchée, l'orifice vaginal regarde en haut et en avant; la vulve est apparente. L'angle fait par l'axe de l'utérus avec l'axe du vagin est plus accusé.

c. Enfin il est des femmes(l sur 10 environ) à type incliné, chez lesquelles l'inclinaison de la symphyse dépasse la normale et atteint 70 degrés. Chez elles les lombes sont cambrés, les fesses hautes et en relief; Les

• Cours de splanchnologie. Organes gcnilo-urinaircs. Toulouse, 1890.

ORGANES DE LA COPULATION

organes génitaux sont cachés, la vulve regarde en bas et en arrière. Le vagin est dirigé en haut et en avant, c'est-à-dire dépasse la verticale.

Il est facile de concevoir qu'on observe les plus grandes variétés dans la courbure du vagin par rapport à Taxe de l'utérus; le vagin est en moyenne coudé de 15 degrés environ, le sinus de l'angle formé par les deux organes étant dirigé en avant. Ce sinus utéro-vaginal varie non seulement suivant les femmes, mais encore chez la même femme suivant l'état de réplétion ou de vacuité de la vessie.

Longueur. — Le vagin mesure en moyenne de 6 à 7 centimètres, de l'orifice vulvaire à l'orifice externe de l'utérus; la paroi postérieure est. un peu plus longue de 1 ou 2 centimètres et mesure en moyenne 8 centimètres.

Ces dimensions sont inférieures à celles admises par la plupart des auteurs qui ont voulu donner des dimensions du vagin en rapport avec la longueur du pénis en érection (15 centimètres). C'est une erreur: il faut tenir compte de ce fait que le vagin est extensible, s'allonge et que d'autre part le pénis ne pénètre pas complètement dans le vagin, étant arrêté par le pubis.

Les dimensions du vagin varient d'ailleurs suivant différentes influences : celles de la taille, de la race (les négresses auraient la cavité vaginale profonde et large), de Y âge (les jeunes filles ont le vagin court, ne mesurent guère que 5 à 6 centimètres; il en est de même des femmes âgées chez lesquelles cette cavité se rétrécit.

Dans certains cas, il y a une brièveté congénitale du vagin qui ne mesure que 4 centimètres; si le coït est répété et pratiqué à fond, c'est dans ces cas que l'un des culs-de-sac devient profond; c'est généralement le postérieur : il semble alors qu'en raison de la facilité avec laquelle on atteint le col, qu'il y ait abaissement de l'utérus alors qu'en réalité le col est resté en place, la cavité vaginale seule s'est creusée pour loger le pénis.

A l'état statique, le vagin doit être considéré comme une cavité vide fermée ; les parois sont accolées l'une à l'autre, de telle sorte que leurs plis s'engrènent d'une façon réciproque. Sur une coupe, le vagin présente; l'aspect d'une fente transversale, concave en avant, creusée en gouttière pour loger l'urèthre. Cette fente mesure 25 millimètres de diamètre transversal; elle va en s'élargissant de son extrémité inférieure à son extrémité supérieure.

Rapports. — La paroi antérieure du vagin est en rapport sur une longueur de 5 centimètres environ pour chaque partie avec \a vessie et ïurèlhve.

Ce rapport avec la vessie a lieu au niveau de la base de la vessie (tri-

gone), des uretères et d'une petite partie de la vessie Bituée en arrière du trigone. La paroi antérieure du vagin est séparée de La paroi vaginale ou mieux Lui adhère par du tissu cellulaire assez. Lâche : l'épaisseur de celle cloison vésico-vaginale esl d'un centimètre environ.

Les rapports du vagin avec Vurèthre sont plus intimes : au niveau de son quart supérieur, ce conduit est entouré d'un tissu cellulaire serre , i

Fig. 27. — Coupe antéro-postérieure et médiane du bassin. U Utérus Ve, Vessie modérément remplie. S, Symphyse pubienne. C, Clitoris M, Méat àrinain. P, Périnée. A , Anus. Va, Vagin. C A, Cul-de-sac antérieur du vagin. C P, Cul-de-sac postermn . R, Rectum.

plus dense que celui de la cloison vésicale; « dans le reste de son étendue l'urèthre se confond avec la paroi vaginale antérieure et fait corps avec elle » (Charpy); cette masse dense de plus d'un centimètre d'épaisseur constitue la cloison uréthro-vaginale.

U paroi postérieure du vagin est en rapport avec Le rectum : de cet adossement résulte la cloison recto-vaginale. Les deux parois de cette cloison sont séparées en haut par le péritoine qui constitue le cul-de-sac

ORGANES 1>E LA COPULATION

do Douglas, plus bas par du tissu cellulaire lâche dans son quart inférieur par les muscles du périnée.

Ia*s parties latérales du vagin sont en rapport avec un vaste plexus veineux qui enveloppe en quelque sorte cette cavité; elles sont en contact avec la hase du ligament large, le tissu cellulaire sous-péritonéal; les uretères.

Fig. 28. — Face postérieure du vagin ; la parui antérieure a été enlevée. La vessie YE, coupée sur la ligne médiane, est divisée en deux parties à droite et à gauche. I . Utérus. C, Cul de l'utérus. CV, Cari té vaginale. VA, Vagin. Ur, Urèlhre. Cl, Clitoris. PI, Petites lèvres. Gl, Grandes lèvres.

l'aponévrose périnéale supérieure, le rcleveur de l'anus, le bulbe du vagin.

Conformation du vagin. — Lorsqu'on sectionne la paroi antérieure du vagin sur la ligne médiane (fig. 28) et qu'on met ainsi à découvert la cavité vaginale, on voit que la muqueuse est sillonnée par des plis saillants, les uns longitudinaux, les autres transversaux, dont l'ensemble constitue la lyre.

Les plis longitudinaux sont représentés par deux crêtes médianes (colonnes du "vagin), inégales, coupées par des sillons transversaux. La colonne de la paroi antérieure, la plus développée, en occupe les deux tiers inférieurs; clic a une épaisseur de 8 à 14 millimètres; elle se termine en avant par un renflement rugueux, faisant légèrement saillie : c'est le tubercule vaginal au-dessus duquel se trouve le méat urinaire. — La paroi postérieure ne répond pas à l'antérieure, niais se trouve placée à côté d'elle lorsque les deux parois sont accolées.

Les plis transversaux, appelés encore rides du vagin, sont surtout marqués au niveau de la paroi antérieure; ils partent des colonnes sous forme de crêtes, de bourrelets, de lamelles imbriquées ou sous forme de tubercules plats.

Les colonnes vaginales sont constituées par du tissu caverneux érectile à larges mailles, entouré par les fibres plexiformes de la couche musculeuse ; a leur niveau la muqueuse est épaisse de 2 à 5 millimètres. Les plis transversaux sont simplement constitués par un épaississement de la muqueuse sans tissu érectile.

Les plis vaginaux sont très développés au septième ou huitième mois de la vie fœtale ; il existe alors une série de lamelles qui recouvrent le vagin et le museau de tanche. Chez les jeunes fdles on trouve encore des plis assez développés sous forme de lamelles molles et flottantes. Au fur et h mesure que la femme avance en âge, ces plis diminuent, s'effacent, le vagin devient lisse, surtout s'il y a des grossesses répétées.

Lesdeux extrémités du vagin sont Tune inférieure, l'autre supérieure.

L'extrémité inférieure constitue le détroit vaginal; c'est un anneau étroit, peu extensible, qui existe entre la vulve et le vagin; on trouve à sa partie antérieure le tubercule vaginal et sur les parties latérales l'hymen ou ses débris (les caroncules myrtif ormes) . Cet orifice est assez résistant, étant bridé par l'aponévrose périnéale moyenne et par les muscles constricteurs.

L'extrémité supérieure ou profonde du vagin offre des rapports très importants. Elle se replie en forme de voûte en s'insérant autour du col de l'utérus; cette insertion se fait sur une étendue d'un centimètre de hauteur. C'est au fond de cette voûte que le col, recouvert par la muqueuse vaginale, fait saillie en constituant le museau de tanche.

L'espace circulaire formé par le vagin au pourtour du col est divisé en quatre parties ou culs-de-sac qui servent de points de repère pour l'orientation du doigt dans le vagin. Ces dépressions, peu marquées h l'état normal, peuvent devenir plus, profondes, ou bien au contraire être remplacées par destumeurs y faisant saillie.

ORGANES DE LA COPULATION

Au niveau des culs-de-sac la muqueuse ne présente guère de plis; elle esl lisse, doublée en arrière par du tissu cellulaire sous-péritonéal et en avant par du tissu cellulaire rétro-vésical ; ce tissu cellulaire, favorable au glissement, ne renferme pas de tissu adipeux et se continue jusqu'à l'isthme de l'utérus.

Le cul-de-sac antérieur est le plus étroit, réduit parfois à une simple rainure existant entre la paroi vaginale et la face antérieure du col. Il est en rapport avec la base de la vessie.

Le cul-de-sac postérieur est situé un peu plus haut que l'antérieur et surtout présente une profondeur plus grande, quelquefois très marquée dans les cas où le pénis, à chaque rapport sexuel, vient se loger dans cette région, en créant ce que Pajot a si heureusement appelé une fausse route vaginale. Ce cul-de-sac est en rapport avec le rectum dont il est séparé par le péritoine qui descend plus ou moins bas, suivant les cas. L'adossement du péritoine à ce niveau constitue Y espace d,e Douglas.

Le péritoine est séparé de la paroi vaginale par du tissu cellulaire assez abondant, au milieu duquel se trouvent des réseaux veineux sacrés qui unissent les veines utéro-vaginales et rectales.

Il existe deux culs-de-sac latéraux, droit et gauche : chacun d'eux est en rapport avec la base du ligament large et la gaine vasculaire qui occupe le centre des ligaments, et se fixe sur les bords du vagin ; cette gaine contient des vaisseaux utérins et l'uretère.

D'après Rieder, on trouve environ 1 fois sur 5 le long du cul-de-sac latéral et dans sa paroi même les restes du conduit de Gartner, prolongement du canal collecteur de l'organe de Rosenmùller.

Structure. — Le vagin est formé de dehors en dedans par trois tuniques :

1° Une tunique fibreuse, constituée par un épanouissement de la gaine vasculaire ; c'est une lame mince, dense, élastique, qui enveloppe le vagin.

2° Une tunique moyenne ou musculaire, formée de deux plans de fibres lisses : les libres les plus externes sont longitudinales ; elles se continuent en haut avec la couche musculaire de l'utérus ; elles s'attachent en bas aux branches ischio-pubiennes, à l'aponévrose périnéale et au tissu dense de la petite lèvre.

Les libres les plus internes sont circulaires ; peu marquées à la partie supérieure du vagin, elles s'épaississent à la base de l'hymen, au niveau de l'orifice vaginal et constituent le sphincter lisse du vagin.

C est à tort que Luschka a décrit un sphincter strié volontaire, indépendant du constricteur et qui formerait autour du vagin et de l'urètre un anneau aplati de 5 à 6 millimètres de largeur. D'après Charpy, à qui nous

PRÉCIS d'oUSTÉTIIIQUE. k

empruntons en grande partie cette description du vagin, il n'y a qu'un seul sphincter strié de l'orifice vaginal, entourant le sphincter lisse : c est le bulbo-caverneux ou constricteur du vagin.

:>" La muqueuse vaginale a une épaisseur d'environ I millimètre; elle est habituellement d'une coloration gris-rosè, d'un rose plus vif au moment de la menstruation, d'un rouge violacé vineux pendant la grossesse.

Cette muqueuse, élastique, extensible, est adhérente à la couche muscu-

P5g 29. — Organes èrectiles Je la femme. ^ ciilori». 5, Jti.«.ra intermédiaire * »«<«■ b\\'1'' ' ". , ,,,„,,„ „,,„„, « jMr.l.n,, I» ra~ »•»■

leuse par un plan de faisceaux élastiques et conjonctofs et ne peut ghss, , ur lie Elle eSt formée d'un derme épais, ricU en fibres Masques, ouleve par de nombreuses papilles, et recouvert par un *. Mhumpav,

ZZI stratifié; elle ne renferme pas de glandes, bien ou d -

le vagin une sécrétion liquide d'un blanc laiteuN .

Vaisseaux. - Les artères proviennent de l'artère vagmale qu tantôt suiTlV " utérine, tantôt est située au-dessous e. en avant d elle: elle e hnrd du v ™ et fournit des branches transversales pour es

Sicetl:' ' des rameau, important, a» co. de la vesste, a Tu-

rèthre, au bulbe érectile.

ORGANES HE LA COI'ULATION

Los veines sont volumineuses : elles si1 réunissent en plexus vaginaux et se déversent dans la veine hypogastriqué, après avoir communiqué par des anastomoses avec les plexus utérins, les plexus vésicaux el les veines hémorrhoïdales.

Les lymphatiques proviennent d'un double réseau qui naît de la couche muqueuse et de la couche musculaire; les troncs afférents naissent aux deux extrémités du vagin, surtout à l'extrémité supérieure où ils s'accolent aux lymphatiques du col utérin pour se rendre aux ganglions latéro-pelviens. Quelques lymphatiques de la région vulve-vaginale se rendent aux ganglions inguinaux. Le groupe moyen est constitué par deux ou trois vaisseaux qui suivent le trajet de l'artère vaginale et se rendent aux ganglions pelviens les plus inférieurs.

Nerfs. — Les nerfs viennent du plexus hypogastriqué : ils sont surtout nombreux à la partie inférieure du vagin, et se distribuent les uns à In tunique musculaire, les autres à la tunique muqueuse.

Bulbes du vagin. — Ce sont deux organes érectilcs situés sur les parties latérales de l'orifice du vagin, au-dessous et en dedans des branches ischio-pubiennes ; lorsqu'ils sont injectés ou à l'état d'érection, leur longueur moyenne est d'environ 4 centimètres, leur largeur de 15 millimètres et leur épaisseur de 10 à 12 millimètres.

Leur extrémité supérieure est mince, allongée et répond à l'urèthre et au clitoris. Elle est unie à celle du côté opposé par des rameaux veineux et par des fibres musculaires lisses qui passent d'un côté à l'autre.

L'extrémité inférieure ou grosse extrémité est arrondie : elle descend au-dessous de la partie inférieure de l'orifice vaginal.

La face supéro-externe, un peu convexe, est en rapport avec le muscle constricteur de la vulve ; la face inféro-interne, concave, s'applique sur L'orifice vaginal.

Le bord antérieur est mince : il donne naissance à des veines nombreuses qui communiquent avec celles des petites lèvres et du clitoris. Le bord postérieur est plus épais.

Les bulbes du vagin, rapprochés l'un de l'autre, constitueraient par leur adossement un corps analogue au bulbe de l'urèthre chez l'homme.

Développement. — Le vagin, comme l'utérus, se développe aux dépens des canaux de Millier ; d'abord indépendants, les deux canaux se soudent à leur partie inférieure: il existe alors un vagin cloisonné. Cette cloison se résorbe peu à peu de bas en haut et le vagin présente une cavité unique.

Usages du vagin. — Le vagin est essentiellement l'organe destiné à la copulation; il sert de réceptacle au sperme. Les nombreux plis qu'il présente servent à l'ampliation de la cavité au moment de l'accouchement.

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