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CHAPITRE IV

FÉCONDATION

La fécondation ou imprégna! ion consiste dans le contact immédiat, dans la fusion intime du spermatozoïde (élément mâle) et de Yovule (élément femelle); il importe de savoir comment le spermatozoïde et l'ovule cheminent l'un vers l'autre, en quel endroit se fait leur rencontre, et de décrire les phénomènes qui en résultent.

Progression du spermatozoïde. — Nombre d'opinions ont été émises pour expliquer cette ascension du spermatozoïde qui, déposé dans le vagin ou au niveau du col, pénètre dans les parties les plus profondes des organes génitaux internes.

A. Les anciens auteurs admettaient que le sperme était en quelque sorte aspiré par l'utérus qui, au moment du coït, s'entr'ouvre et forme ventouse.

B. C'est une théorie un peu analogue à celle de la capillarité émise par Coste, acceptée par Liégeois et d'autres auteurs : le sperme monterait entre les deux surfaces internes des organes génitaux appliquées l'une contre l'autre comme l'eau, mise entre deux plaques de verre, se répartit sur toute leur surface.

Cette théorie n'est guère défendable puisque ce n'est point du sperme en nature, mais seulement des spermatozoïdes que l'on trouve dans la trompe. Si la capillarité était réellement et seule en jeu. tout le liquide séminal devrait ainsi pénétrer dans la profondeur.

(1. L'action des cils vihratiles de la muqueuse utérine et de la muqueuse tubaire a été invoquée; mais on a fait remarquer avec raison «pie les cils vibratiles s'inclinent de la trompe vers l'utérus, et qu'ils facilitent surtout la migration de l'ovule vers l'utérus.

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D. La migration du spermatozoïde est surtout duo aux mouvements propres dont il est animé; c'est à l'aide des mouvements de la queue qu'il progresse, et qu'il peut cheminer non seulement dans l'utérus, la trompe, l'ovaire, mais même à la surface du péritoine.

Migration de l'ovule. - - D'après Rouget, au moment de la ponte, le pavillon de la trompe se trouverait entraîné sur l'ovaire et s'appliquerait sur lui de manière à recueillir l'ovule qui, déposé ainsi dans la trompe, progresserait ensuite à l'aide des cils vibratiles.

Cette adaptation de la trompe n'est pas admise par tous les auteurs : il paraît plus légitime d'admettre, qu'il y a au pourtour de l'endroit où se fait la ponte un épithélium à cils vibratiles qui recueille l'ovule et le transporte jusqu'au niveau du pavillon. Il parait certain, d'après les recherches expérimentales de Bruzzi, qu'un ovule, issu d'un ovaire, peut pénétrer dans l'utérus par la trompe du côté opposé.

Rencontre de l'ovule et du spermatozoïde. — La rencontre de V ovule et du spermatozoïde (fig. 55, p. 74) n'a point lieu dans la cavité utérine. Les cas de grossesse extra-utérine prouvent déjà que la fécondation peut se produire hors la cavité utérine ; différentes recherches expérimentales démontrent que c'est seulement dans le tiers externe de la trompe ou même sur l'ovaire que se fait cette rencontre.

Ainsi Nûck, trois jours après l'accouplement d'une chienne, a pratiqué la ligature d'une corne utérine et a trouvé au bout de quelque temps deux embryons en voie de développement dans la trompe; de plus Bischoff, Wagner, Barry trouvèrent au niveau de l'ovaire des spermatozoïdes chez une chienne accouplée vingt heures auparavant.

Enfin. Coste a montré qu'au fur et à mesure que l'ovule progresse dans la trompe, il s'enveloppe d'une couche d'albumine qui gène d'abord la pénétration du spermatozoïde et bientôt l'empêche complètement, si bien qu'on ne trouve pas dans les deux tiers internes de la trompe d'ovule subissant le contact de l'élément mâle.

Phénomènes de maturation et de fécondation. — On admettait jusqu'en ces dernières années qu'avant d'être fécondé, l'ovule subissait différentes modifications : la vésicule embryogène n'était plus visible, la tache germinative disparaissait; le vitellus se condensait; des mouvements giratoires se produisaient en amenant l'émission hors l'ovule de globules polaires, l'œuf était alors privé de noyau, et ne tardait pas à disparaître s'il n'était pas fécondé.

Quant à la fécondation, Barry ayant vu tout autour de l'œuf une grande quantité de spermatozoïdes qui cherchaient à y pénétrer, en conclut qu'un grand nombre y parvenaient et s'y dissolvaient. Sous l'influence de cette

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Fig. 51. — Amphiaster de rebut.

pénétration, il se formait un noyau vitellin, et une segmentation de la masse vitelline qui aboutissait peu à peu à la formation du blastoderme

(Ch. Robin, van Beneden).

D'autres auteurs, Bûtchli, Aucrbach, trouvèrent après fécondation et élimination des globules polaires, deux noyaux, dont ils ne purent préciser l'origine , mais qu'ils virent se conjuguer.

C'est à une nouvelle théorie de la transformation cellulaire, celle de la karyokinèsc (y.ap'jov, noyau, y.tvr4aiç, mouvement), c'est-à-dire de la division cellulaire précédée de mouvements et de métamorphoses du noyau qu'il appartenait d'apporter une certaine clarté dans l'étude du développement de l'œuf.

C'est aux travaux d'Herman Fol, de Selenka, d'Oscar Henvtig (d'iéna), qu'esl due la connaissance de' ce qui se passe dans l'ovule au moment de la fécondation '.

Ces phénomènes se divisent en deux phases :

1° l'ovule arrive à maturité, et se prépare à recevoir le spermatozoïde: 2° le spermatozoïde se conjugue avec

l'ovule.

1° La vésicule germinative, et la tache germinative rie de rœuf pâlissent : celle-ci disparaît.

une saillie qui sera le globule polaire. veSicule se translonne

en tache claire et msiforme. Ce fuseau nucléaire (fuseau de Mrectio£ voyage, se déplace dans le protoplasma de l'ovule ou vitellus , « Habfak. Revue sur la karyokinèse. [Bulletin médical, juillet 1887.)

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Fig. 53. — Amphiaster se séparant du globule polaire.

rête et chacune de ses extrémités devient un centre d'attraction poulies granulations vitellines qui se groupent en étoile : celle figure (fig. 34) de deux soleils en asters reliés par un fuseau l'ornié de 'filamentefjFol l'appelle ampkiaster de rebut parce que c'est le point de départ du rejet do matériaux inutiles, les globules polaires.

L'amphiaster se rapproche de la périphérie de la membrane vitellinc (fig.

52), et se divise en émettant une petite protubérance qui se loge dans une dépression formée par un soulèvement de la membrane. Cette protubérance se détache du reste de l'œuf par un étranglement entraînant avec lui l'aster qu'il contient ; c'est le premier globule polaire (fig. 35).

La moitié restante de l'amphiaster se promène à nouveau dans le vitellus, se réorganise en un deuxième amphiaster de rebut qui forme, d'après le même mécanisme, un deuxième globule polaire qui est excrété en entraînant avec lui une moitié d'amphiaster.

L'aster qui reste se condense, regagne le centre de l'œuf et forme un petit noyau, le pronucléus femelle (Fol) (fig. 34) : cet aster re présents à peu près

la moitié de la vésicule germinative, et serait de nature exclusivement féminine, tandis que les globules polaires seraient constitués par les éléments masculins du noyau ovulaire transmis à ce noyau par voie hé-

Fig. ôi. — Amphiaster libre dans le vitellus.

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réditaire. — « Ainsi l'œuf mûr a conservé, contrairement à L'opinion jusqu'alors régnante, une partie du noyau qu'il contenait avant maturité (Prenant). »

2° Lorsque la maturation de l'œuf esl achevée, les spermatozoïdes abondent autour de lui, et viennent s'agglutiner au mucus épais qui l'enveloppe (fig. 35). Un1 des spermatozoïdes pénètre plus avant dans cette couche mucilagineuse; le vitellus se soulevé vers lui et forme une sorte de protubérance, de « cône d'attraction » qui entraîne pour ainsi dire le spermatozoïde dans l'intérieur de l'œuf (fig. 55). La tête seule y pénètre, se séparant du flagellum qui reste à la périphérie de l'œuf. La couche superficielle du vitellus Fig. 55. — Spermatozoïdes se rendant s'épaissit alors en une membrane qui emiï^?^££#S£ pèche la pénétration d'autres spermatozoïdes, dans l'ovule. Quant ^ l'extrémité céphalique du sperma-

tozoïde, elle se gonfle, s'épaissit, et forme une petite tache claire qui

est d'abord immobile: puis elle progresse, s'entoure de rayons, et Aevientpronucléus mâle.

Ce pronucléus mâle (fig. 36, PM I marche vers le pronucléus femelle (fig. 36, PF) qui se creuse en cupule pour le recevoir : la fusion s'opère, l'acte de la fécondation est consommé. Ces deux pronucléus réunis constituent alors une tache claire unique, ornée d'un aster :

c'est le noyau de Vœnf ou noyau vitellin.

L'œuf est alors une cellub dont le noyau vitellin est le noyau et le vitellus le protoplasma.

SLSESfi co^a- l'uni „ *m fe^le: d'où «ion van

Fi". 56. — PM, Pronucléus mâle; PF, Pronucléus femelle.

FÉCONDATION

Lorsque le noyau vitellin est formé, la segmentation commence de suite : elle se fait non pas par division directe, mais uniquement par cl. ^ phénomènes de karyokinèse. A partir de ce moment la grossesse existe : l'embryon va se former et se développer.

Du moment le plus favorable à la fécondation. L'époque menstruelle est le moment où la fécondation a le plus de chance de se produire. La plupart des grossesses surviennent, en effet, dans les quelques jours qui précèdent, et surtout dans les jours qui suivent l'apparition des règles (Raciborsky). Certaines .femmes n'ont pu concevoir qu'en ayant des rapports pendant leurs menstrues.

Mais il ne faudrait pas, comme l'a prétendu Avrard (de la Rochelle), croire que chez les femmes, comme chez les femelles animales, il existe une période agénésique, la période intermenstruelle.

Chez la femme, en effet, l'ovulation ne coïncide pas toujours avec la menstruation, et d'autre part les spermatozoïdes peuvent parfaitement continuer à vivre quelque temps dans les organes génitaux de la femme, et attendre ainsi la maturité et la rupture d'un ovisac.

Stérilité. — La stérilité est pour l'homme l'impossihiiité de déposer dans les organes de, la femme un sperme possédant des spermatozoïdes vivants; pour la femme, c'est l'impossibilité de sécréter des ovules ou de permettre leur rencontre avec les spermatozoïdes.

Liée quelquefois à V impuissance, elle nedoitpas être confondue avec elle.

Dans l'un et l'autre sexe on peut être stérile sans pour cela être impuissant. On peut par contre être impuissant sans être stérile.

Stérilité chez l'homme. — Reaucoup plus fréquente qu'on ne le croit dans le public, qui confond trop la stérilité avec l'impuissance, la stérilité de l'homme reconnaît des causes multiples.

D'après une statistique récente de Lier et Ascher, sur 424 ménages stériles, dans 169 cas, c'est-à-dire dans 40 pour 100 des cas, c'est le mari qui était stérile.

fa stérilité chez l'homme peut, d'après la nature de la cause, être divisée en plusieurs groupes :

1° Stérilité par absence de spermatozoïdes ou azoospermie. Les hommes qui appartiennent à cette catégorie ont des érections et des éjaculations, mais le sperme est privé de spermatozoïdes, ce qui résulte d'une des causes suivantes : anorchidie, cryptorchidie bilatérale, atrophie des test icules, épididymite tuberculeuse ou blenhorrhagique double, etc.

2° Stérilité par absence d'éjaculation ou aspermalisme. 11 y a bien

vitellin volumineux auquel succède une période de segmentation. Ce peut être là l'origine des monstres doubles.

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érection, mais sans éjaculation. L'oblitération, la déviation des conduits éjaculateurs, un obstacle uréthral, amènent un aspermatisme permanent.

D'autres causes, diminution d'excitabilité de la moelle, nervosisme, défaut d'excitabilité des nerfs péniens, etc., produisent un aspermatisme qui peut cire temporaire.

5° Stérilité par vice de conformation des organes génitaux exterm - (hypospadias, épispadias).

Cette stérilité n'est que relative toutefois, puisque d'une pari dans la plupart des cas une opération chirurgicale peut y remédier, et que d'autre part grâce à la fécondation artificielle la procréation n'est pas interdite aux hommes porteurs de ces vices de conformation.

i° Stérilité par impuissance. Elle s'observe généralement chez, des neurasthéniques et présente les formes les plus diverses. Tantôt le sujet n'a pas du tout d'érections; tantôt l'érection est incomplète et l'éjaculation n'a pas lieu. Parfois le sujet a des érections, mais au moment de pratiquer le coït, l'érection fait défaut.

Les émotions morales, certaines maladies générales (le diabète, par exemple) créent l'impuissance qui peut être complète ou incomplète. Elle est habituelle chez le vieillard.

Stérilité chez la femme. — Comme chez l'homme la stérilité est congénitale ou acquise. Certaines femmes en effet présentent des vices de conformation qui les empêchent d'avoir des enfants, d'autres qui eu ont eu, cessent longtemps avant l'càge de la ménopause d'être fécondes.

Les différentes causes de stérilité chez la femme agissent soit en entravant la fonction ovarienne, soit en mettant obstacle à la rencontre du spermatozoïde et de l'ovule.

1° Stérilité par absence d'ovulation.

V absence des deux ovaires liée ordinairement à d'autres malformations ne semble pas compatible avec la vie. Il n'eu est pas de même des ovaires rudimentaires qui coïncident habituellement avec un état rudimentaire de l'utérus.

L'ovarite, en déterminant une atrophie ou même la disparition des follicules; la périovarite, en noyant l'ovaire au milieu d'une couche plus ou moins épaisse de fausses membranes, sont des causes de stérilité acquise et absolue.

Les tumeurs ovariennes (dégénérescences fibreuse, cancéreuse, kystique, tuberculeuse) à moins d'envahir la totalité des deux organes, ne sont pas une cause absolue de stérilité.

Il est possible en outre que les ovules bien que normaux, en apparence, ne soient pas fécondables. Les maladies générales (chlorose, syphilis, tuberculose, etc., etc.) n'agissent peut-être pas autrement.

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2° Stérilité par obstacle à la rencontre des germes mâle et femelle.

Examinons successivement les obstacles qui empêchent l'ovule d'exécuter sa migration normale, et les causes qui empêchent le spermatozoïde (l'arriver jusqu'à lui.

a. Les changements de rapport de l'ovaire et du pavillon de la trompe (déplacements, tumeurs, hernies, disparition des cellules à cils vihratiles qui revêtent le voisinage de l'extrémité tubaire); l'imperforation des deux trompes et l'étroitesse de leur ouverture abdominale, les déviations, l'inflammation bilatérale sont des causes plus ou moins absolues de stérilité qui appartiennent à la première catégorie.

b. Le second groupe comprend les atrésies de la vulve, du vagin, de l'utérus, de la trompe, qui selon leur siège rendent la femme simplement stérile ou à la fois stérile et impuissante.

Le vaginisme peut les rendre impuissantes à la copulation, sans pour cela empêcher absolument la fécondation.

La brièveté du vagin conduit souvent à la stérilité par le mécanisme des fausses routes. Le cul-de-sac postérieur acquiert une profondeur exagérée sous l'influence du coït (Pajot).

L'absence de vagin, d'utérus, ou l'arrêt de développement de ce dernier (utérus pubescent), la non-perméabilité du col de l'utérus congénitale ou acquise, le rétrécissement du col sont des causes de stérilité le plus souvent absolues.

A côté de ces obstacles mécaniques, il convient de signaler l'importance des empêchements d'ordre thermique ou chimique, ceux-ci consistant dans l'altération des liquides des organes génitaux devenus impropres à entretenir la vitalité des spermatozoïdes.

Les mouvements des spermatozoïdes s'arrêtent au-dessous de 10 degrés et au-dessus de 50. Cependant Mantegazza a pu faire congeler du sperme, humain et voir, après l'avoir fait dégeler avec précaution, les spermatozoïdes reprendre leurs mouvements. Parmi les substances chimiques les unes favorisent, les autres entravent ou même abolissent ces mouvements.

Les acides sont dangereux pour les spermatozoïdes. « Les acides chlorhydrique et acétique les tuent h la dose de 1 pour 7 500 d'eau. Il en est de même pour toutes les substances qui coagulent le liquide dans lequel ils se trouvent.... La salive, le tannin, la créosote sont également toxiques pour les éléments reproducteurs. Il en est de même des anesthésiques, alcool, éther, chloroforme. Toutefois lorsqu'on emploie des solutions faibles on peut ralentir leurs mouvements assez progressivement pour qu'ils fécondent encore des œufs.

L'eau pure, surtout l'eau distillée, est un poison violent pour les sper-

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matozoïdes des animaux supérieurs et de L'homme.... Certains sels métaltiques tuent instantanément les éléments spermatiques,même à doses très minimes. Ainsi, il suffît pour cela, de un dix-millième de biohlorure de mercure. — Au contraire, leur vitalité est conservée et même augmentée par les préparations alcalines, telles que les chlorures ou azotates alcalins à la dose de 1 pour 100. Leurs mouvements ayant déjà disparu, on les voit renaître sous l'influence de liquides contenant du sucre, de l'albumine, ou de l'urée en proportion de 10 à 50 pour 100 d'eau, de phosphate de soude ou de chlorure de sodium à I pour 100. Le mélange le plus actif serait, d'après Kôlliker, de 150 parties de sucre et de une de potasse ou de soude pour 1 000 d'eau1 » (de Sinéty).

De la fécondation artificielle. — limiter, le premier, conseilla pour remédier à la stérilité dans l'espèce humaine de recourir à la fécondation artificielle qui, entre les mains de Jacobi (1765), Spallanzani (1770) et de Rossi (1782), avait donné chez les animaux des résultats positifs.

Elle n'est indiquée que pour faciliter la rencontre de l'ovule et du spermatozoïde en remédiant à l'obstacle qui soit chez la femme (déviations, flexions de l'utérus, difformité du col, etc.), soit chez l'homme (épispadias, hypospadias, etc.), s'oppose à cette rencontre.

L'opération consiste essentiellement dans l'injection faite dans la cavité utérine du sperme recueilli dans le vagin immédiatement après le coït.

Il va de soi, qu'avant de l'exécuter, il est indispensable de s'assurer au préalable par l'examen microscopique que le sperme contient des spermatozoïdes bien vivants.

Le produit de l'éjaculation recueilli soit dans un condom (Courty), soil dans le vagin à l'aide de l'hystéromètre creux, construit dans ce but par Pajot, sera introduit dans une petite seringue stérilisée à l'eau bouillante ou à l'étuve, et maintenue depuis quelques instants par l'immersion dans l'eau tiède à une température de 57 degrés. Au bec de cette seringue est adaptée une sonde élastique assez line pour pénétrer jusque dans la cavité du corps de l'utérus.

La femme sera couchée, le bassin un peu relevé. Elle gardera le repos au lit pendant les vingt-quatre heures qui suivront l'opération. La présence d'un confrère et celle du mari pendant toute la durée de l'opération nous paraissent, comme à Tarnier, indispensables

Il faut bien savoir que le succès n'a parfois été obtenu qu'à la suite de plusieurs tentatives infructueuses. Le moment d'élection est la période qui précède ou celle qui suit l'apparition des règles.

• De la stérilité chez la femme et de son traitement. Paris, J- Rucff, 1892.

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