DE L'INVERSION UTÉRINE
Puech a recueilli dans la littérature obstétricale 5 observations dans lesquelles l'arrachement de l'utérus a été la conséquence d'une erreur de diagnostic. Une femme seulement a succombé à ce traumatisme opératoire!
Pronostic. — Le pronostic est grave. Souvent la mort survient en quelques heures; quelquefois elle est due à des accidents éloignés quand la réduction n'a pu être obtenue.
Traitement. — Indiquons rapidement ce qu'on pourrait appeler le traitement préventif de l'inversion utérine : surveiller l'utérus après l'accouchement; attendre, pour exercer des tractions sur le cordon, que le placenta soit entièrement décollé de l'utérus et ne jamais pratiquer la délivrance sans avoir une main appliquée sur le fond de l'utérus.
Le traitement curatif immédiat comprend deux indications principales à remplir : 1° réduire l'inversion, 2° s'opposer à sa reproduction, et combattre les accidents qui peuvent persister après la réduction.
1° En présence d'une inversion qui vient de se produire alors que le placenta est détaché et enlevé, il ne faut, quel que soit le degré de l'inversion, songer qu'à la réduire.
Si le placenta est encore adhérent, convient-il de le décoller au préalable pour réduire immédiatement après? Vaut-il mieux, au contraire, réduire en masse utérus et placenta et ne décoller ce dernier qu'après avoir, par les moyens appropriés, redonné à l'utérus sa tonicité physiologique?
Le degré de l'inversion et l'étendue de l'adhérence placentaire doivent être ici pris en considération. Si l'inversion est incomplète, et le placenta complètement adhérent, on réduit d'abord puisque l'adhérence totale du placenta met à l'abri de l'hémorrhagie ; puis on excite l'utérus par les frictions, le massage, et l'on ne procède à la délivrance qu'après avoir constaté l'état de parfaite rétraction de l'organe.
Si l'inversion est complète, et le placenta totalement adhérent, on peut hésiter entre les deux conduites. La séparation du placenta rend moins volumineuse la tumeur utérine qu'il s'agit de faire passer à travers le col plus ou moins rétracté, mais elle rend inévitable la perte de sang qui deviendra rapidement dangereuse, si la réduction présente des difficultés qui en retardent l'exécution.
Quand le placenta est au contraire partiellement décollé, nous croyons préférable d'en achever le décollement, et de réduire ensuite.
La réduction sera d'autant plus facile qu'elle sera plus hâtive.
Plus on attend, plus elle devient laborieuse par suite de l'augmentation de volume de la masse à réduire, d'une part, et, d'autre part, par suite du retrait du col utérin. On a pu cependant réussir à remettre l'utérus en place, une ou plusieurs semaines après l'accident.
ACCOUCIIKMIM.
La IV.. un," est placée dans la situation obstétricale. Deux aides maintiennent 1rs cuisses écartées, un autre immobilise L'utérus par la région hypogastrique .
La réducti st manuelle ou instrumentale.
La main introduite dans le vagin peu! agir de deux manières : ou bien en pratiquanl une sorte de taxis qui porte sur la région de l'utérus la plus voisine du col, ou bien en refoulant directement le fond de l'utérus.
La réduction instrumentale peul être obtenue h l'aide depessaire à air introduit dans la vagin, ou à l'aide de repoussoir, comme l'ont conseillé Viardel, Baudelocque, Depaul.
Le repoussoir, composé d'une baguette de bois solide, à extrémité mousse et garnie d'ouate, agit sur le fond de l'utérus qu'il cherche à refouler pendant que le col est immobilisé par les mains d'un aide.
"2° Quand la réduction est obtenue (ce dont on est averti par la sensation de résistance vaincue, par l'apparition du globe utérin à la région hypogastrique, par la reconstitution de la cavité utérine dans laquelle la main pénètre sans peine), il faut s'efforcer de maintenir le résultat
Fif,r. 298. — Utérus complètement npfnijs; inversé : le fond de l'utérus fait ' "
saillie hors la vulve. Les injections intra-utérines à la t empérature
de 48 à 50 degrés, l'administration d'ergoi de seigle, le massage de l'utérus et, par-dessus tout le séjour de la main dans sa cavité prolongé jusqu'au réveil de la rétraction et des contractions utérines rempliront ce but.
b. Accidents tardifs. — Des hémorrhagies dites secondaires ou tardives se produisent quelques bernes ou quelques jours après la délivrance.
Celles que l'on observe dans les heures qui suivent l'accouchement sont habituellement liées h de l'inertie utérine qui envahit de nouveau l'organe avant que les sinus aient pu être oblitérés par de solides caillots : devant une hémorrhagie de cette nature, il faut exprimer l'utérus pour en chasser les caillots qu'il contient, introduire au besoin la main et user de l'irrigation vaginale ou intra-utérine avec de l'eau à 48 degrés.
Quand une perte survient plus lard (4, 5, G, 10, 15 jours après la