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HABILLEMENT DU NOUVEAU-NÉ

Il faut avoir soin que ce maillot ne soit pas trop serré à la base du thorax, afin de ne pas gêner les mouvements respiratoires; il ne doit pas non plus remonter trop haut sous les aisselles, parce que le bourrelet formé par le bord libre des langes peut comprimer les vaisseaux axillaires, lorsque l'enfant tient les bras rapprochés du tronc : d'où œdème des mains.

Tel est le maillot actuellement employé eh France : il diffère quelque peu des maillots serrés qu'on employait autrefois et qui emprisonnaient en même temps les membres supérieurs. On peut encore le simplifier en ajoutant une pièce de linge lin, plié en triangle, sur lequel repose directement le siège du fœtus; la pointe du triangle est ramenée en avant, chacune des parties latérales enveloppe un membre inférieur; lorsque l'enfant est mouillé ou lorsqu'il s'est sali, il suffit la plupart du temps d'enlever ce linge, sans avoir à défaire et à refaire complètement le maillot.

Méthode anglaise. — Il est une méthode plus simple encore d'habiller les nouveau-nés, c'est l'habillement dit à ['anglaise; la chemise et les brassières sont les mêmes que pour l'emmaillotement ordinaire; le siège du fœtus, ainsi que les membres inférieurs, sont recouverts d'un linge plié en triangle, comme nous l'avons indiqué ci-dessus ; par-dessus on met une petite culotte en flanelle dont la base s'attache autour de la taille et dont la pointe et les côtés viennent se boutonner sur la partie latérale.

La partie inférieure de la culotte arrive un peu au-dessous des genoux ; les jambes et les pieds sont recouverts de petites chaussettes de tricot remontant assez haut et par-dessus lesquelles on met des chaussons. L'enfant est ensuite recouvert d'une longue robe de flanelle qui descend beaucoup plus bas que les pieds.

I»;ms les deux modes d'habillement, il est utile de mettre autour du cou un petit fichu qui recouvre un peu les épaules; il est destiné à empêcher la partie supérieure des brassières d'être souillées par le lait que l'enfant régurgite par intervalles ; on dispose le fichu en mettant la partie moyenne en arrière des épaules, on en ramène les deux chefs en avant, puis ou les met de nouveau en arrière pour les attacher définitivement.

L'usage du bonnet est plus discuté : il ne doit plus être question de superposer comme jadis sur la tête de l'enfant deux ou trois bonnets qui vont en augmentant d'épaisseur; mais est-il utile de mettre un simple bonnet? .Non ; il est préférable de laisser la tête de l'enfant à l'air libre lorsque la chambre où il séjourne est suffisamment chauffée. Il est d'observation courante que les nouveau-nés ne s'enrhument pas plus avec (pie

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sans bonnet; nous ne parlerons pas du bonnet employé comme moyen prophylactique (!) de l'ophtalmie.

En un mot il faut simplifier le plus possible le vêlement du nouveauné ; il doit être disposé de manière à laisser à l'enfanl la plus grande liberté des mouvements. A ce point de vue l'habillement à l'anglaise a une supériorité incontestable sur le maillot; de plus il rend plus facile le change de l'enfant; il n'a d'autre inconvénient que de couler un peu plus cher et de nécessiter un peu plus d'entretien.

Le maillot conserve mieux la chaleur du corps du nouveau-né, mais en même temps il favorise la macération de l'épidermc des fesses. Il doit être réservé aux enfants qui viennent prématurément, en état de faiblesse congénitale ou aux enfants qui vivent dans des milieux pauvres, où il est impossible d'obtenir dans les pièces une température suffisante.

Un des inconvénients de l'habillement anglais, c'est que si l'enfant se salit, sa culotte de flanelle est rapidement traversée et qu'il en faut, changer souvent, aussi certaines inères da famille prennent-elles l'habitude de la garantir en interposant entre elle et la couche une petite culotte de caoutchouc, de mêmes dimensions, qui la protège; cette enveloppe, qui a l'avantage d'empêcher les robes d'être souillées par les urines et les matières fécales, a un inconvénient : « c'est que, si l'enfant n'est pas changé souvent, les liquides remontent dans le dos et mouillent la chemise et les brassières, de sorte que les enfants s'enrhument parfois de cette façon.

« Il y a du reste un moyen d'empêcher les robes d'être mouillées, c'est de déshabiller souvent l'enfant dans la journée ou du moins de déboutonner sa petite culotte et de le mettre sur un vase de nuit, en lui relevant les jambes; il s'habitue ainsi à n'aller à la selle et à n'uriner qu'au moment où on le met dans cette posture. Nous avons vu des nouveau-nés auxquels on avait donné cette habitude, qui ne mouillaient pas plus de deux couches par jour. Aussi ces enfants n'ont-ils jamais de rougeurs, d'érythèmes ou d'excoriations, comme on en rencontre souvent chez ceux qu'on laisse mouillés trop longtemps dans leurs langes. » (Tarnier et Budin.)

Avec du soin et de la patience, on arrive à ce qu'un enfant de deux ou trois mois se souille rarement dans la journée et très peu la nuit, si on lui fait prendre l'habitude, d'uriner et même d'évacuer les matières fécales lorsqu'on le met sur le vase; il faut avoir soin également la nuit, au moindre cri de l'enfant, de se lever pour qu'il puisse satisfaire ses divers besoins.

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Lit de l'enfant. Sous aucun prétexte, lé nouveau-né no doit être couché dans le lit de sa mère : celle-ci peut en effet, pendant son sommeil, s'appuyer sur lui et l'étouffer ; elle peut encore le projeter involontairement hors du lit.

Le berceau de l'enfant doit être préparé à l'avance; l'ossature en doit être en métal, afin de pouvoir être lavée facilement. On met dans ce berceau un ou deux paillassons que l'on recouvre d'un petit drap par-dessus lequel on met un feutre absorbant, de 2 à 3 centimètres d'épaisseur, ou une toile imperméable qui empêche le lit d'être souillé; le feutre absorbant est très pratique; il faut en avoir un de rechange afin de pouvoir sécher celui qui a été mouillé.

L'enfant est ainsi couché tout habillé dans le berceau ; s'il est vêtu à l'anglaise, on peut lui retirer sa robe de flanelle. Suivant les saisons et suivant la température de la chambre, on met dans le berceau de l'enfant une ou deux boules d'eau chaude. Il faut soigneusement envelopper ces boules avec une serviette et les placer à quelque distance de l'enfant pour qu'elles ne puissent pas le brûler.

Il est un mode de couchage, usité dans certains pays, qui consiste à remplacer paillassons et feutre par une couche de 25 à 55 centimètres de son; on ne laisse à l'enfant que sa chemise et ses brassières de telle sorte que toute la partie du corps située au-dessous de l'ombilic est à nu. L'enfant est placé ainsi plongeant à mi-corps dans le son et recouvert d'un drap et d'une couverture; l'urine et les matières fécales forment avec le son de grosses boulettes que l'on enlève chaque fois que l'on sort l'enfant du berceau ; de cette manière le siège de l'enfant est toujours à sec et ne s'excorie pas. Cette façon d'élever les enfants est assez pratique et surtout économique.

Faut-il mettre des rideaux au berceau du nouveau-né? Si la pièce dans laquelle il se trouve est confortable, si elle peut être suffisamment chauffée, les rideaux sont tout à fait inutiles. Us ont même deux inconvénients : celui de se charger de poussières que l'on secoue au-dessus de I enfant chaque fois que l'on remue ces rideaux; en outre nombre de mères, par une sollicitude exagérée, enveloppent complètement le berceau avec ces rideaux, les attachent même, de manière a mettre l'enfant à l'abri de la lumière. L'enfant respire ainsi un air absolument confiné et pauvre en oxygène. Il faut donc proscrire absolument les rideaux.

Si la pièce n'est pas bien disposée et si l'enfant se trouve exposé directemenl a recevoir de l'air au moment de l'ouverture d'une porte, rien de plus facile que de le protéger à l'aide d'un paravent. Quelques précis d'obstétrique. 38

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jeunes mères se résignent difficilement à la suppression des rideaux du berceau, qu'elles défendent au point de vue de l'esthétique : si l'on ne peut absolument les convaincre de l'utilité de cette suppression au point de vue hygiénique, il faut tout au moins obtenir d'elles qu'il n'y ail qu'un seul rideau en tissu léger et qu'il soit ramené le plus possible le long de la flèche.

Le nouveau-né dort généralement dans l'intervalle des tetées ; lorsqu'il est habitué à teter à des heures régulières, il se réveille tout naturellement à ce moment; on le lève, on le fait uriner, on le change s'il est mouillé et on le met au sein.

Au bout de quelques semaines, l'enfant se tient éveillé une partie de la journée : on peut à ce moment le tenir dans les bras.

Cris. — Le cri chez le nouveau-né est presque la seule manière de traduire ses impressions, de manifester ses besoins et ses désirs; ces cris constituent tout un petit langage, difficile à comprendre et que souvent l'amour maternel interprète mal.

Habituellement, le nouveau-né bien portant crie lorsqu'il éprouve la sensation de soif ou de faim, lorsqu'il se sent mouillé par l'urine ou sali par les matières fécales ; quelquefois l'enfant pleure dès qu'il est mis éveillé dans son berceau ou dès qu'il aperçoit sa nourrice à un moment proche de l'heure de la tetée.

Lorsque les digestions du nouveau-né se font mal, ce qui est souvent dû à une mauvaise direction de l'allaitement, les enfants crient et se plaignent. Comme souvent les évacuations se produisent en même temps, on en conclut que l'enfant avait des coliques ; c'est l'explication habituelle que donnent toutes les nourrices lorsqu'un nouveau-né crie plus que de coutume.

Des soins de propreté. — Chaque fois que l'enfant est mouillé ou sali, il faut le laver, l'essuyer et saupoudrer les régions fessière et génitale avec de la poudre d'amidon ou de lycopode.

C'est la meilleure manière d'empêcher les érythèmes, les excoriations de se produire au niveau de la région fessière. L'irritation due au contact prolongé des matières fécales, de l'urine, produit ces érythèmes. Il est bon, lorsqu'ils existent, de donner à l'enfant une petite potion alcaline ou plus simplement quelques cuillerées à café d'eau minérale alcaline (Vichy ou Vais).

Une bonne pratique consiste à donner chaque jour un bain de courte durée (2 à 5 minutes à l'enfant). Cette immersion rapide dans de l'eau à 25° ou 50° a l'avantage de bien nettoyer la peau; les enfants s'y habituent vite. — Certains médecins conseillent de donner ce bain le soir

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à une température do 50° à 52° pour calmer les enfants dont le sommeil est agité.

Il est utile pendant les semaines qui suivent la naissance de laver avec un soin minutieux les yeux de l'enfant, avec de l'eau boriquée par exemple ; c'est la meilleure manière d'empêcher le développement de l'ophtalmie secondaire. Nous verrons, à propos de la pathologie du fœtus pendant les jours qui suivent la naissance, quel doit être le traitement de cette redoutable complication, l'ophtalmie purulente des nouveau-nés.

Des promenades du nouveau -né. — La première sortie du nouveauné varie suivant la saison dans laquelle il est né et suivant la température extérieure.

En hiver ce n'est guère qu'au bout de 20 à 25 jours que l'enfant doit être sorti et à la condition qu'il ne fasse pas un froid rigoureux ; en été on peut hâter cette sortie et la faire faire dès la fin de la première semaine.

Les promenades au grand air ont non seulement pour résultat d'exciter les fonctions digestives, mais encore de calmer l'enfant et de lui procurer un meilleur sommeil.

De l'âge auquel l'enfant peut être circoncis et vacciné. — Dans les familles israélites, on est souvent consulté pour savoir s'il n'y a pas d'inconvénient à pratiquer la circoncision qui se fait habituellement sept jours après la naissance ; lorsque l'enfant est né prématurément, mieux vaut retarder cette petite opération de quelques semaines.

Quant à la vaccination, à moins d'épidémie variolique, il est préférable d'attendre que l'enfant ait au moins trois ou quatre mois pour la pratiquer : lorsque surtout les nouveau-nés ne sont pas à terme, bien développés, la vaccination prématurée a l'inconvénient de produire parfois de petites ulcérations. Le fait est observé dans les services d'accouchements, où par une mesure nécessaire, la vaccination est pratiquée dans les huit jours qui suivent la naissance.

Nous ne pouvons quitter ce chapitre des soins à donner au nouveauné sans aborder l'étude de quelques phénomènes physiologiques qui se passent chez l'enfant pendant les premiers temps de la vie extra-utérine.

Appareil circulatoire. — Nous ne reviendrons pas sur les modifications par suite desquelles la circulation fœtale se transforme en circulation définitive par suite de l'oblitération du canal veineux, du trou ovale, du canal artériel, eu même temps qui; certains vaisseaux, que les artères et veines pulmonaires augmentent de calibre; en outre le ventricule gauche s'épaissit.

Li s recherches d'Hayem sur le sang des nouveau-nés ont montré (pic

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les globules rouges y sont plus inégaux et plus nombreux que chez le nouveau-né; les globules blancs y sont plus petits et plus nombreux. Les hématoblastes présentent les mêmes caractères que chez l'adulte, mais leur nombre est moins considérable. D'ailleurs la proportion des différents éléments constituants du sang varie beaucoup pendant les jours qui suivent la naissance. Ce qui caractérise le sang du nouveau-né, ce sont justement ces variations physiologiques si multiples (Hayem).

Le nombre des pulsations du nouveau-né est en moyenne le double de celui de l'adulte (Trousseau); il est environ de 157 par minute pendant les deux premiers mois, puis de 128 de deux à six mois et de 120 pendant les six derniers mois de la première année. En règle générale les pulsations sont d'autant plus régulières, d'autant moins fréquentes que l'enfant est plus fort .

Les modifications qui surviennent du côté des vaisseaux ombilicaux doivent être étudiées : 1° au niveau du cordon; 2° dans leur portion abdominale.

1° Au niveau du cordon. — Lorsque le sang ne circule plus dans les vaisseaux du cordon, il se forme un caillot dans la veine; les artères se rétractent, puis peu à peu la portion de cordon qui n'a pas été coupée diminue, se dessèche; elle forme un cordon aplati, de couleur brunâtre, de consistance cornée; au niveau de son insertion abdominale, il se forme un sillon d'élimination. Bientôt le cordon ainsi desséché se détache et tombe vers le quatrième ou cinquième jour ; cette chute du cordon est un peu plus tardive chez les enfants débiles, prématurés dont l'alimentation serait mal. Inversement, on observe aussi cette chute tardive chez les enfants très forts dont le cordon est volumineux et qui ne tombe parfois que vers le quinzième jour.

Quant au mécanisme d'après lequel se font la dessiccation et la chute du cordon, on admet aujourd'hui que c'est par nécrose des tissus et élimination comme a la suite de la gangrène. Ce mode d'élimination du cordon résulte de sa constitution : « Il ne renferme pas de vaisseaux dans son tissu, ceux du derme cutané s'arrêtant à sa base où ils forment un cercle très net. Dès qu'il a cessé d'être baigné par le liquide amniotique ci d'être parcouru par le sang des artères et de la veine ombilicale, il ne peul plus se nourrir et meurt; seule la portion qui se trouve unie aux tissus vasculaires continue a vivre; l'autre se mortifie et se détache de la première, au point même où cesse la vascularisation « (Parrot).

On n'admet plus la théorie de Richet, d'après laquelle la chute du cordon serait liée à la striction exercée sur les vaisseaux par un anneau ombilical constituant une sorte de sphincter.

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b. Dans la portion abdominale. — Les tuniques internes des vaisseaux; ombilicaux se fixent au pourtour de l'anneau fibreux de l'ombilic : les autres tuniques des artères se rétractent peu à pou vers le pubis, de telle sorte que ces vaisseaux sont situés de chaque côté de la vessie; par le même mécanisme, la veine se rétracte du côté du foie et reste fixe dans le ligament falciform'e. — La tunique externe s'hypertrophie et transforme les trois vaisseaux en cordons fibreux.

Appareil respiratoire. — Nous avons vu comment s'établissait la première respiration chez le nouvé'au-né. — Le nombre des mouvements respiratoires est d'environ cinquante-quatre par minute; ils seraient un peu plus fréquents pendant le sommeil.

D'après Depaul, le type respiratoire des nouveau-nés serait costal pendant la veille et abdominal pendant le sommeil.

La température du nouveau-né est en moyenne de 57°, 6; il existe une différence de 0°, 12 entre la température axillaire et la température rectale.

Appareil digestif. — Nous n'entrerons pas dans de longs détails sur la manière dont le lait est aspiré par le nouveau-né à l'aide de mouvements de succion ni sur la façon dont il est digéré. — Le lait ne fait que traverser la bouche et n'y subit guère de modifications ; aussi pendant les deux ou trois premiers mois de la vie extra-utérine, la quantité de salive est-elle minime, de telle sorte que la transformation des aliments amylacés en sucre n'est guère possible.

La digestion stomacale est plus active, bien que la capacité de l'estomac soit peu considérable : elle n'est que de 46 centimètres cubes pendant la première semaine, de 78 centimètres cubes. pendant la seconde semaine, de 80 à 92 centimètres cubes de la troisième à la quatrième semaine, de 140 centimètres cubes dans le troisième mois, de 260 centimètres cubes dans le cinquième mois (Fleischmann).

Ces petites dimensions de l'estomac expliquent pourquoi les aliments, le lait ne doivent être donnés qu'en petites quantités au nouveau-né.

Le lait se coagule très vite dans l'estomac, ce qui tient à ce que la pepsine des nouveau-nés a probablement une activité grande. Le sérum du lait est absorbé par l'estomac. Quant à la caséine et aux autres substances alburninoïdes, elles sont transformées en substances solubles, plus assimilables.

Digestion intestinale. — Ces substances passent dans le duodénum où elles prennent une réaction acide sous l'influence du suc pancréatique et où elles se dissolvent après avoir été transformées en peptoncs. — La bile, qui est sécrétée en grande abondance chez le nouveau-né, vient ajouter son action à celle du suc pancréatique et empêcher la putréfaction

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du contenu intestinal; aussi les garde-robes des nouveau-nés sont-elles habituellement abondantes.

Ces garde-robes sont constituées pendant les premiers jours qui suivenl la naissance par le méconium, ainsi appelé à cause de sa ressemblance avec le suc épais du pavot ([xfytwv, pavot). Nous avons vu quelle était sa composition; la quantité de méconium ainsi expulsée pendant les trois ou quatre jours qui suivent la naissance est en moyenne de 72 grammes (Depaul).

Lorsque l'enfant est allaité par sa mère, les garde-robes sont peu consistantes et présentent une coloration légèrement verdâtre pendant quelques jours, jusqu'à ce que le lait ait une composition normale; si l'enfant est d'emblée mis au sein d'une nourrice qui allaite déjà, ces garde-robes sont plus rapidement jaunâtres. — Lorsque les digestions sont bonnes et régulières, les garde-robes présentent une consistance assez épaisse et une coloration d'un beau jaune.

Parfois les garde-robes ont une couleur verte au moment où elles sont expulsées ou bien elles prennent cette coloration lorsque les couches qui les contiennent sont exposées à l'air; cette coloration est due à l'une des matières colorantes de la bile : la biliverdinc. Il est. souvent alors nécessaire d'administrer les alcalins pour rendre les selles moins acides et de veiller surtout à ce que les tetées soient prises d'une manière régulière.

Le nombre des garde-robes est de deux à quatre dans les premiers jours qui suivent la naissance; plus tard il n'y a plus qu'une ou deux garde-robes par vingt-quatre heures. — Certains enfants restent parfois vingt-quatre ou quarante-huit heures sans avoir de selle : cela tient ou bien à ce que l'absorption est très active, de sorte que le travail de la digestion ne laisse que peu de résidu, ou plus souvent à ce que l'alimentation n'est pas suffisante.

Sécrétion urinaire. — La quantité d'urine émise par le fœtus lors de sa première miction est de 10 grammes environ; pendant les deux ou trois premiers jours qui suivent la naissance, la quantité d'urine varie de 12 à 56 grammes; les jours suivants elle varie de 70 à 200 grammes; puis du sixième ou huitième jour, la quantité moyenne émise par jour est de 200 à ,"00 centimètres cubes (Parrot et A, Robin) ; au fur et à mesure que l'enfant augmente de poids, la quantité d'urine émise chaque jour devient plus considérable.

La densité de l'urine pendant le premier mois est environ de 1005. Sa réaction est neutre. L'urée est en petite quantité dans les urines, l'acide urique, assez abondant pendant les premiers jours, diminue ensuite,

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puis augmente de nouveau. Les reins des nouveau-nés contiennent des infarctus uratiques que Virchow considérait comme formés par des cristaux d'urate de soude.

Quelques auteurs ont trouvé de Yalbumine dans l'urine des nouveaunés immédiatement après la naissance; elle contient en outre une très petite quantité de substances inorganiques (chlorures, phosphates et sulfates). Enfin si l'on examine le dépôt formé par l'urine, on y trouve des cristaux d'acide urique, d'oxalate de chaux et de soude et des cellules épithéliales provenant des voies urinaires.

Modifications de la peau. — La peau du nouveau-né présente dans les premiers jours qui suivent la naissance une couleur jaunâtre plus ou moins accusée. Elle est un peu bleuâtre aux extrémités et rougeâtre sur le reste du corps pendant les premières heures de la vie.

En outre, quelques jours après la naissance, la peau desquame soit par petites écailles, soit par larges plaques. Cette desquamation est plus rapide et plus complète chez les enfants nés à terme que chez les prématurés.

Quelquefois la desquamation se fait alors que le fœtus vient de naître, ainsi que Depaul, Charrier et nous-mêmes en avons observé des exemples .

De la fluxion mammaire chez les nouveau-nés. — Chez un certain nombre de nouveau-nés des deux sexes, on constate quelques jours après la naissance une tuméfaction assez considérable au niveau des deux seins ; bientôt il se produit un écoulement de liquide lactescent plus ou moins épais qui contient au début des débris de cellules épithéliales, puis plus tard, vers le troisième ou quatrième jour, des globules graisseux du lait. L'examen chimique a montré que le liquide qui s'écoule contenait les principales substances du lait.

Cette fluxion mammaire s'accompagne de gonflement douloureux; la peau est parfois rougeâtre et il se forme un véritable abcès qu'on est obligé d'inciser. — La sécrétion lactée peut persister pendant plusieurs se niai nés.

On peut ranger cette fluxion mammaire parmi les congestions qui se produisent pliysiologiquement au niveau du sein et qui sont en rapport avec le développement même de l'organe. En effet, « à la naissance, en même temps que les bourgeons épithéliaux se ramifient, ils se creusent, par liquéfaction de leurs éléments centraux; et ce sont ces derniers qui, expulsés à l'extérieur, forment ce qu'on appelle le premier lait du nouveau-né (H. Morau) ».

Le traitement de ce petit incident consiste à appliquer sur chaque sein des cataplasmes boriqués ou un pansement boriqué humide. Il faut

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s'abstenir de toute pression, de tout massage sur la glande mammaire ainsi tuméfiée.

Lorsqu'un abcès se forme, il est utile de l'ouvrir par un coup de bistouri.

Écoulement sanguin vulvaire. — C'est sans doute un phénomène congestif'de même nature qui s'observe chez les petites filles pendant les jours qui suivent la naissance et qui est caractérisé par l'écoulement par la vulve d'une petite quantité de sang. Il est probable que cet écoulement de sang est produit par une congestion de l'appareil utéro-ovarien.

DE L'ALLAITEMENT

Quelques notions générales sur l'anatomie et la physiologie de la glande mammaire, ainsi que sur la composition et les qualités du lait, doivent précéder l'étude de l'allaitement du nouveau-né.

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