‹ Précis d'obstétrique. Ptie. 1Chapitre 164 sur 173 · MAMELLES · texte numérisé non relu

MAMELLES

Nombre. — Elles sont au nombre de deux; dans des cas tout à fait exceptionnels on a noté l'absence complète d'une mamelle ; il est moins rare de trouver plus de deux mamelles (polymastite). Les mamelles surnuméraires siègent au niveau de la ceinture et du creux de l'aisselle ; elles ont la même structure que la glande normale, mais sont moins développées.

Situation. — Les mamelles sont situées à la partie antéro-supérieure du thorax de chaque côté du sternum; elles recouvrent habituellement les 3e, 4e, 5e et 6e côtes; elles peuvent descendre un peu plus bas lorsque leur développement est assez considérable.

Volume. — 11 varie beaucoup suivant les individus et suivant les races; chez certaines peuplades sauvages le développement des seins est considérable. Les deux seins sont assez souvent de volume inégal. . La plupart des auteurs admettent que « la mamelle gauche est souvent plus grosse que celle du côté droit, et les nourrices en quête d'un nourrisson le savent si bien, qu'elles montrent d'abord la mamelle la plus volumineuse, et ne se décident, qu'à regret à laisser voir l'autre sein ». (Tarnier et Budin.)

Les recherches de Hcnnig, de Ripault semblent montrer au contraire que c'est le sein droit qui est habituellement le plus développé. Le poids moyen de la glande mammaire est de 180 à 200 grammes.

DE L'ALLAITEMENT

11 semble que par une sorte d'atavisme, les femmes dont les mères ont allaité aient elles-mêmes les seins plus développés que celles qui se trouvent dans les conditions inverses. Nous ne pouvons passer en revue toutes les causes physiologiques ou pathologiques qui influent sur le développement de la glande mammaire ; nous avons vu que sous la seule influence de la grossesse la glande mammaire s'hypertrophiait ; l'allaitement va encore en augmenter le volume. Nous verrons (p. 604) comment vers le troisième jour qui suit l'accouchement il se produit un gonflement considérable de la mamelle.

À la naissance, la glande mammaire est très peu développée ; quelquefois dans les jours qui suivent la naissance, il se fait une sorte de fluxion qui rend les seins du nouveau-né volumineux (p. 599).

Forme- — La forme de la glande mammaire ou plutôt du sein est arrondie, hémisphérique; elle présente assez souvent la forme d'un cône aplati dont la base s'appliquerait sur la paroi thoracique.

Mamelon et aréole. — Au sommet du cône se trouve une saillie plus ou moins marquée, le mamelon, autour duquel la peau de la région mammaire présente une coloration brunâtre sous forme de zone concentrique, c'est l'aréole.

Le mamelon est habituellement situé au sommet de la glande ; il présente une longueur moyenne de 12 millimètres ; sa grosseur est variable. Sa forme est conique ; quelquefois cependant il est plus large au sommet qu'à la base.

11 fait une saillie plus ou moins marquée à la surface du sein ; plus cette saillie est accentuée, plus le mamelon est bien disposé pour l'allaitement. Il n'en est pas de même lorsque le mamelon est enfoncé dans l'aréole, formant une sorte de dépression (mamelon ombiliqué). Cette disposition peut être un obstacle absolu à l'allaitement. Il ne faut pas confondre cette disposition avec l'absence totale du mamelon (athèlie) qui est rare.

Au sommet du mamelon se trouvent les orifices des conduits lactifères, au nombre de 12 ou 15, qui traversent le mamelon dans toute sa hauteur. La peau du mamelon est très fine et constitue presque une sorte d'épithélium ; elle renferme de nombreuses papilles qui sont séparées par des plis au fond desquels s'ouvrent des glandes sébacées.

Varéole est rosée chez les jeunes filles, de couleur plus foncée chez les femmes qui ont eu des enfants. La largeur de l'aréole est de 5 à 5 centimètres ; sa forme est circulaire. La peau y est fine; elle contient de nombreuses glandes sébacées. Elle présente par places de petits tubercules, disposés soit en cercle, soit irrégulièrement : ce sont les tubercule* de Montgomery. Les mis sont constitués par des glandes sébacées.

002 DES SOINS A DONNER AU NOUVEAU-NÉ

les autres par de petites glandes mammaires accessoires. Ces glandules ont un canal excréteur qui débouche à la surface de l'aréole; pendant la grossesse, elles s'hypertrophient, et donnent issue par la pression à quelques gouttes de liquide séro-laiteux.

La peau du mamelon et de l'aréole n'est pas, comme celle du sein séparée de la glande mammaire par une couche abondante de tissu cellulo-adipeux : elle est seulement doublée d'une mince couche de tissu cellulaire dans lequel se trouve un muscle lisse, le muscle aréolaire ; celui-ci présente une épaisseur de 2 à 5 millimètres et une coloration plus ou moins rougeàtre. Il est formé surtout de fibres circulaires qui adhèrent à la peau et de quelques libres longitudinales qui s élèvent jusqu'à l'extrémité du mamelon.

Les contractions des libres circulaires rétrécissent l'aréole et rendent le mamelon plus saillant, plus dur ; les fibres longitudinales servent au contraire à l'aire rétracter le mamelon. La saillie du mamelon ou phénomène de thélothisme n'est point une véritable érection, mais simplement le résultat de la contraction du muscle aréolaire.

Glande mammaire. — La glande mammaire est située dans un dédoublement du fascia superficialis qui envoie des prolongements au niveau des lobes de la glande. Ce fascia superficialis forme un véritable ligament de suspension à la mamelle : en haut il s'insère au bord antérieur de la clavicule ; plus bas il est fixé à l'aponévrose du grand pectoral.

La glande mammaire présente une consistance assez ferme qui se distingue nettement de la mollesse du tissu cellulo-adipeux; sur une coupe on voit qu'à la périphérie elle est constituée par les lobes de la glande, tandis qu'au centre elle est formée par un tissu plus dense, de consistance fibreuse ; ce sont les gros canaux de la glande.

La glande mammaire est formée par la réunion de 10 à 12 lobes indépendants les uns des autres ; chaque lobe comprend un certain nombre de lobules qui sont constitués eux-mêmes par des acini tapissés d'épithélium cubique dont les canalicules se réunissent les uns aux autres. Les conduits des lobules voisins s'anastomosent et forment un canal principal : conduit lactifère ou galactophore.

Ce conduit arrive à la base du mamelon et présente là un renflement, une sorte de dilatation à laquelle on donne le nom de sinus galactophore; il monte plus ou moins verticalement jusqu'à l'extrémité du mamelon et y débouche par un orifice qu'on appelle pore galactophore, après avoir habituellement présenté une seconde dilatation ; dans le mamelon Fépilhélium des conduits excréteurs est cylindrique.il n'y a pas

DE L'ALLAITEMENT

d'anastomose entre les conduits galactophores, cependant le même lobe peut avoir deux conduits galactophores qui s'abouchent en un seul canal près du mamelon (Hyrtl).

La glande mammaire est enveloppée d'une couche cellulo-adipeuse qui est séparée; en fosses adipeuses par des crêtes de tissu fibreux, qui lui donnent une consistance toute particulière.

Artères. — Elles viennent de plusieurs sources : a, de la mammaire interne qui fournit les rameaux les plus importants; b, de la mammaire externe ou thoracique inférieure, c, de Vacrornio-thoracique et des intercostales. Ces branches artérielles abordent la glande par la périphérie ou par sa face profonde : elles sont flexueuses, pénètrent entre les lobes et se ramifient à leur surface. Dans l'intérieur de la glande les vaisseaux rayonnent vers le mamelon.

Veines. — Elles constituent à la surface de la glande des cercles anastomotiques nombreux ; au niveau de l'aréole les veines ainsi disposées sont connues sous le nom de réseau de Haller.

Les veines profondes suivent le trajet des artères et se rendent soit à la veine mammaire interne, soit dans la veine axillaire.

Lymphatiques. — Ils sont de deux ordres : cutanés et glandulaires. Les réseaux cutanés sont lins et nombreux au niveau de l'aréole et du mamelon ; ce qui explique la fréquence des lymphangites lorsqu'il existe la moindre fissure au niveau de la peau de ces régions.

Les réseaux glandulaires sont situés autour des lobules et des acini ; ils sont séparés du tissu glandulaire par une capsule fibreuse relativement épaisse.

Les vaisseaux superficiels et profonds se réunissent pour former des plexus à mailles assez larges d'où partent deux ou trois troncs volumineux qui se rendent aux ganglions axillaircs.

Nerfs. — Les nerfs sont cutanés et glandulaires : les premiers proviennent du nerf sus-claviculaire et des nerfs intercostaux; les seconds proviennent uniquement des nerfs intercostaux.

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