MODIFICATIONS DU CORPS DE L UTÉRUS
Simpson l'a même évaluée à 6 ou 8 litres : ce qui, pour h moyenne des cas, est exagéré.
Le volume de reniant, la quantité de liquide amniotique contenu dans l'œuf, la présence de fœtus multiples sont autant de causes qui font varier dans des proportions considérables de la capacité l'utérus gravide.
Poids. — La balance donne une bonne idée de l'hypertrophie de l'utérus. On sait que le poids de cet organe avant la conception est en moyenne de 42 grammes chez les femmes primipares et de 55 grammes chez les multipares. Après l'accouchement et la délivrance l'utérus, sans ses annexes, pèse :
000 à 800 grammes (Dcpaul); 750 à 1000 — (Naegelé); 900 à 1500 — (Tarnier).
Morcau a observé un utérus pesant 1 700 grammes. Si la surface extérieure de l'utérus est 21 fois plus grande au terme de la grossesse qu'à l'état de vacuité, comme l'a montré Levret (voy. p. 152), le poids de cet organe subit une augmentation qui peut approximativement être exprimée par le même chiffre.
Le poids semble d'ailleurs proportionnel à la surface.
Forme. — Les différentes régions du corps de l'utérus ne se développent pas simultanément, mais bien successivement.
Dans les deux premiers mois de la grossesse, la capacité de l'utérus s'accroît surtout, grâce à ce que ses parois antérieure et postérieure, de planes qu'elles étaient, deviennent presque demi-cylindriques. Il en résulte qu'elles s'écartent l'une de l'autre et s'unissent avec les bords, en donnant à l'utérus un aspect piriforme (fig. 80).
Au troisième mois l'utérus est presque sphérique ((îg. 81). A partir de ce moment, le fond fournit l'élément principal de l'accroissement de l'utérus, qui prend une forme ovoïde bien marquée au cinquième et au sixième mois de la grossesse. Les rapports du point d'insertion des trompes avec le fond de l'utérus, montrent la modification de forme que subit cette région (fig. 82). Sur un utérus vide, les trompes s'insèrent au niveau du bord supérieur de l'organe ; au cinquième ou sixième mois de la grossesse cette insertion s'en trouve assez éloignée.
Le segment inférieur de l'utérus se développe enfin dans les trois der Diers mois de la grossesse (fig. 85). L'organe prend alors la forme d'un ovoïde à grosse extrémité supérieure, et légèrement aplati d'avant en arrière. H n'y a pas seulement un développement successif des dilï'ércntcs
l i- 82. — Utérus ;ui sixième mois de la grossesse.
régions de l'utérus, mais un développement inégal. Ainsi la région antérieure de cet ovoïde est plus convexe que la région postérieure qui présentait sur une coupe une sorte de dépression en rapport avec la
saillie, de l'angle sacro-vertébral
(fig. or>, P. 150).
La partie supérieure de l'ovoïde qui représente le fond de l'utérus est rarement régulière. Herrgotl père a montré dans sa thèse1 que celle région était assez souvcnl
inégalement développée et que la moitié droite du fond de l'utérus, le plus habituellement occupée par l'extrémité pelvienne du fœtus, se trouvait plus élevée que la moitié gauche.
De même, en règle ordinaire, la partie antérieure du segment inférieur de l'utérus est plus développée que la partie postérieure. 11 en résulte que l'axe longitudinal de l'ovoïde utérin passe en avant du col.
L'exagération de cette disposition est connue, sous le nom de dilatation sacci forme du segment inférieur de l'utérus.
Situation. — Cette situation offre, aux différentes époques de la grossesse, des différences individuelles signalées par Tarnier et Chantreuir, et par Pinard5. Elle subit fatalement au début de la grossesse l'influence de l'étal de réplétion de la vessie et du rectum.
La conformation du bassin, la compression exercée par le corset sur le paquet intestinal, sont autant de causes qui modifient la situation de l'utérus pendant les deux premiers mois de la gestation.
i Herugott. Essais sur /es différentes variétés de forme de la matrice pendant lagestalion cl l'accouchement. Strasbourg, 1859.
a Traité de l'art des accouchements, p. 180. Taris. 1882. s Article Grossesse du Dict. EncycL, t. XI, p. 20.
Fig. 83. — Utérus à lerme,