MODIFICATIONS DU COUPS DE L'UTÉRUS
Tarnier et Chantreuil ont signalé et combattu très justement une erreur classique encore partagée par Cazeaux. Elle consiste à admettre que, pendant les sept à huit premières semaines, l'utérus s'abaisse clans l'excavation, de sorte que son segment inférieur devient plus accessible au doigt introduit dans le vagin, tandis que, malgré l'augmentation de; volume de l'organe, son fond ne serait pas senti par la main qui palpe la région sus-pubienne.
Tarnier, et Pinard n'ont jamais, pas plus que nous-mêmes, constaté l'abaissement de l'utérus. Tarnier pense, au contraire, que, sauf exceptions rares, le fond de l'utérus dépasse le niveau du bord supérieur de la symphyse pubienne dès les premières semaines de la gestation.
On admet classiquement qu'à trois mois le fond de l'utérus déborde un peu la symphyse ; qu'à quatre mois il est à un ou deux travers de doigt au-dessus du pubis, à cinq mois à un travers de doigt au-dessous de l'ombilic, à six mois à un travers de doigt au-dessus, à sept mois à trois travers de doigt, à huit mois à quatre ou cinq travers de doigt, à neuf mois près de l'appendice xiphoïde (Cazeaux).
Ces mesures manquent de précision ; d'une part, le point de repère ombilical n'est pas fixe puisqu'il n'est pas chez toutes les femmes à la même hauteur; d'autre part, l'unité de mesure choisie est très variable.
Hcckcr, Wicland ont repris cette étude et adopté le centimètre comme unité de mesure, et le bord supérieur de la symphyse comme point de repère.
D'après Wieland, le fond de l'utérus est au début :
du 4e mois, à 5 à 6 centimètres au-dessus du bord supérieur de la symphyse pubienne.
du 5e — 8 ou9 — — —
du 6?' — — — — —
du 7e — — — — —
du 8 — — — — —
du «J» — 24 — — —
Pinard trouve que le fond de l'utérus est plus élevé que ne le disent généralement les auteurs ; il admet qu'à quatre mois le fond de l'utérus avoisine l'ombilic et déclare qu'il n'a « jamais trouvé un utérus dont le fond ne dépassât pas l'ombilic au cinquième mois. »
L'utérus s'abaisse dans les quinze derniers jours de 2 à 5 centimètres, grâce à l'engagement plus profond de son segment inférieur dans l'excavation.
Chez les primipares la règle est de voir cet engagement se faire progressivement et insensiblement dans les deux derniers mois de la grossesse. Chez les multipares il est plus tardif, mais plus brusque et
produil chez elle la sensation d'abaissement qu'elles expriment en disant que leur ventre est tombé.
Direction. — En devenant organe abdominal l'utérus ne conserve pas la direction qu'il occupe quand il est organe pelvien. Son axe ne coïncide pas avec. Taxe du détroit supérieur; tantôt il est, <'ii effet, en avanl de celui-ci (femmes multipares à paroi abdominale relâchée) (fig, 85), tantôt il est en arrière (primipares à paroi abdominale tendue et résistante
Fig. 84. — Abdomen do primipare* Fig. 8j. — Abdomen de multipare (ventre en besace).
(fig. 84). Quelquefois, dès la première grossesse, la paroi abdominale distendue cède facilement et l'utérus bascule en avant, comme dans la figure 85; par contre, certaines femmes ont des grossesses répétées sans que leur paroi abdominale perde en rien son rôle de soutien de l'utérus et des intestins.
De plus, l'utérus reste très rarement sur la ligne médiane. P. Dubois etPajot ont trouvé, en effet, que sur 100 femmes arrivées au neuvième mois de la grossesse, 20 seulement avaient l'utérus situe sur la ligne médiane et en antéversion. Chez les 80 autres l'utérus était incliné 70 fois à droite, 4 fois seulement à gauche.
Cette prédisposition à la déviation latérale droite a été tour à tour