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DES ANTISEPTIQUES EMPLOYÉS EN OBSTÉTRIQUE

Des qualités d'un bon antiseptique obstétrical. — D'une manière générale, l'antiseptique obstétrical doit répondre aux conditions suivantes : il doit être d'un prix peu élevé, sans odeur désagréable, être facilement supporté par la femme et ne déterminer chez elle ni érythème local ni intoxication générale de l'organisme. Il ne doit pas être irritant pour les mains de l'accoucheur, son pouvoir microbicide doit être grand, de telle sorte qu'il suffise d'une faible dose pour assurer l'antisepsie; mais d'autre part il ne doit pas être toxique.

Ces nombreux désiderata font tout d'abord pressentir qu'il n'y a pas un seul antiseptique obstétrical qui puisse être bon en toute occurrence; tel antiseptique, le sublimé, par exemple, qui est un microbicide parfait, devient dans la pratique un agent qu'il faut manier avec irudence en raison de sa toxicité, à cause des accidents qu'il produit rorsqu'il est absorbé en trop grande quantité.

L'accoucheur se trouve donc partagé entre le désir de lutter contre le microbe et la crainte d'empoisonner la femme : pour éviter la septicémie, il ne doit pas créer l'empoisonnement.

Dans les premiers temps de l'antisepsie obstétricale. L'acide phénique a été seul employé ; on ne tarda pas à lui reprocher son odeur un peu désagréable, son action parfois irritante. De plus l'expérimentation montra que son pouvoir antiseptique était plus faible que celui des sels mereuriels : Tarnier eut alors recours au sublimé.

Quelques accidents étant survenus à la suite des injections mercurielles, on revint en partie à l'acide phénique; puis, au fur et à mesure «les découvertes des chimistes, on employa en obstétrique des antiseptiques nouveaux en assez grand nombre pour en rendre <t priori le choix difficile.

La question ne peut être jugée que par les résultats cliniques et par les recherches expérimentales. — Les premiers sont à notre avis les plus importants, surtout lorsqu'ils sont publiés par des observateurs consciencieux; ils peuvent cependant varier pour le même antiseptique, suivant .que la méthode antiseptique est appliquée d'une manière plus ou moins

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rationnelle. Tarnier a pu, dans son service, comparer ainsi cliniquement U>s qualités de différents antiseptiques en les employant à la même époque dans des salles différentes.

Les recherches expérimentales ont toujours l'inconvénient d'être faites in vitro; c'est cependant depuis les recherches de O'Nial, de Jalan de La Croix, de Miquel, qu'on connaît exactement le pouvoir microbicide de chaque antiseptique.

Recherches expérimentales sur les antiseptiques. — Nous devons résumer ici les recherches si intéressantes entreprises récemment par Tarnier et Vignal. Ces auteurs ont cherché quelle était l'action des principaux antiseptiques employés sur les deux ou trois microbes, qui passent à bon droit pour être les agents habituels des septicémies puerpérales : le streptococcus pyogencs, le staphylococcus aureus, le vibrion septique.

Les expériences faites sur le staphylocoque et le streptocoque ont donné des résultats analogues ; elles comprennent différentes séries d'expériences que nous pouvons ainsi résumer dans leurs points essentiels : lre Série. — Inoculation d'un bouillon de culture avec l'un de ces i deux microbes. Recherche de la quantité d'antiseptique nécessaire pour empêcher le développement du microbe.

2e Série. — Le bouillon de culture a été ensemencé ; le ballon a été porté ; à l'étuve pendant vingt-quatre heures. C'est a ce moment seulement, alors que le streptocoque est déjà en voie de développement, qu'on recherche la dose d'antiseptique nécessaire pour arrêter la genèse microbienne.

5e Série. — Ces expériences, analogues à celles de Koch sur la bactérie i charbonneuse, ont pour but de rechercher le temps nécessaire à une solution antiseptique pour tuer le microbe.

Voici en quoi elles consistent : des fils de soie grège sont trempés clans une culture de streptocoque; on les laisse sécher dans un tube stérilisé ; on les divise en petits paquets ayant un centimètre de long. Ces paquets sont ensuite plongés dans une solution antiseptique ; après avoir été lavés • dans de l'eau stérilisée et débarrassés ainsi du reste de l'antiseptique, ces i morceaux de soie servent à ensemencer des tubes de culture.

4e Série. - Les mêmes expériences sont faites avec la flanelle bien feutrée, au lieu de fils soie de grège, afin de se rapprocher davantage des conditions où l'on se trouve habituellement en clinique : les microbes ne se trouvent point en effet, seulement à la surface des tissus, mais pénètrent dans la profondeur de ces tissus.

5e Série. — Les mêmes expériences sont faites avec des cultures de microbe contenant de l'albumine d'œuf de poule ajoutée à volume égal ; cette précaution est prise pour se rapprocher des conditions dans lesquelles

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les microbes se Erouyent dans l'organisme, c'est-à-dire dans des milieux iiiii(|iicii\ et alb.ujmineux.

0e Série. — Le liquide antiseptique, qui sert aux expériences, est constamment renouvelé, an lien d'être simplement contenu <lans un réci-i pient ; ces expérience^ inontre'nl que L'action des liquides antiseptique! est à peu près indépendante de leur état de repos ou de mouvement.

7° Série. — Les fragments de flanelle albumineux, au sortir des liquides antiseptiques, sont mis dans les tubes de culture sans clic lavés, de telle sorte qu'ils restent imprégnés d'antiseptique dont l'action est alors bien plus manifeste.

De ees expériences, et surtout de celles de la dernière série, Tarnier et Vignal 001101110111' que les antiseptiques peuvent être divisés en deux catégffi ries : ceux qui sont réellement actifs, et ceux qui sont sans grande valeur. A. Dans la première catégorie il faut distinguer : 1° Lesantiseptiqucsactilsctd'un emploi pratique qui sont actuellement au nombre de six; ils peuvent être rangés dans le tableau suivant, qui indiqua le degré de puissance de leurs solutions préparées au titre le plus compatible avec les exigences de la clinique obstétricale et qui donne en outre en minutes le temps nécessaire pour stériliser une flanelle albumiiieusé septique : 1- Le bichlorurc de merci»»:. ... à 0,20 pour 1 000 (2 minutes)

2° Le biiodure de mercure à 0,25 (6 —

5° La microcidine. à 4 (8 — )

A" L'acide phénique à 20 (10— )

5° Le sulfate de cuivre à 5 --- (10 — )

0° Le permanganate de potasse. ... à 0,25 (15 — )

2° Certains antiseptiques dont l'action est assez, active, tels que le thymol, le lysol, l'iode, l'oxycyanure de mercure, l'acide phénylsulfurique, ne sont guère utilisés pour des raisons diverses (difficulté de préparation ou d'emploi, prix élevé, etc.).

IL Dans le groupe des antiseptiques médiocres ou insuffisants dans L'habitude de l'obstétrique « nous avons réuni, dit Tarnier. le chloral. l'acide borique, le naphtol, l'acide salicylique, le bichlorurc de cuivre, le sulfate de cuivre ammoniacal, l'azotate de cuivre ammoniacal, la neatme. le lluocblorurc de sodium, la cyanine, la safranine, le violet et le jaune de inétliyle ... Ouelques-iuis de ces corps (cbloral. acide borique, napbtol. acide salicvlique) peuvent cependant rendre de réels services.

8e Série cVexpérdencas. — A côté de ces expériences. Vignal et Tissiee eu (Hit institué d'autres pour recbereber si le mucus utérin des nouvelles accouchées contenait ou non des microbes, suivant qu'elles étaient soumises à des injections faites avec t.d ou tel antiseptique.

1 hoc. cil-, p. 155.

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