‹ Précis d'obstétrique. Ptie. 1Chapitre 76 sur 173 · SUBLIMÉ CORROSIF · texte numérisé non relu

SUBLIMÉ CORROSIF

L'alcool est dopais longtemps employé dans ce but, dans la liqueur de Van Swieten dont voici la formule :

Eau distillée 900 gr.

Alcool 100 srr.

Bichlorure de mercure 1

Celle solution est d'un prix relativement élevé; aussi a-t-on remplacé l'alcool par du chlorure de sodium, du chlorhydrate d'ammoniaque ou de l'acide tartrique, en poids double de celui du sublimé. On formule alors :

Eau 1 litre.

Sublimé corrosif 1 gr.

Chlorure de sodium j

ou Chlorhydrate d'ammoniaque [ 2 gr.

ou Acide tartrique ]

pour usage externe.

Les solutions faites avec de l'eau ordinaire, et dans lesquelles il entre du chlorhydrate d'ammoniaque s'altèrent : il s'y forme des chlorures de mer cure ammonium, presque insolubles et dont les propriétés sont caustiques.

Les mêmes préparations faites avec l'acide tartrique ne se décomposent pas.

Toutes ces solutions sont incolores ; il est d'usage de les colorer soit avec des matières colorantes extraites de la houille, comme le bleu de méthylène, la fuchsine, soit avec du carmin d'indigo ; il ne faut pas oublier que dans les solutions colorées, lorsqu'elles sont concentrées, le sublimé se combine avec les matières colorantes.

Un certain nombre de médecins, pour pouvoir se servir plus commodément des solutions de sublimé et en même temps pour raison d'économie, prescrivent des solutions concentrées de sublimé ; Tarnier s'élève contre cette pratique qu'il considère comme dangereuse.

Une c6mmission nommée en 1890 par l'Académie de médecine, pour savoir s'il fallait autoriser les sages-femmes à se servir des antiseptiques, a répondu en indiquant l'antiseptique qu'elle préférait voir entre les mains des sages-femmes ; sur le rapport de Budin, l'Académie a autorisé les sages-femmes à ordonner des paquets de sublimé dont voici la formule :

Sublimé corrosif 25 cenli°r

Acide tartrique j „r

Solution alcoolisée de carmin d'indigo à 5 p. 100. . une "outte.

pour un paquet — à faire dissoudre dans 1 litre d'eau pour obtenir une solution à 1 p. 4000.

Tarnier, bien qu'ayant fait partie de la Commission, et approuvant en principe l'usage des paquets, trouve leur formule défectueuse : il eût

222 DE L'ANTISEPSIE OBSTÉTRICALE.

préféré que la dose de sublimé fût seulemenl de 20 centigrammes; m outre, d'après lui, la présence de l'acide tartrique, en empêchant la formai lion d'un albuminate de mercure insoluble, rend la solution plus toxiqucj

Il est bien certain que l'emploi des paquets de sublimé à 20 ou 25 centigrammes par les sages-femmes réalise un progrès : les sages-femmes onl ainsi en mains un antiseptique puissant qu'elles peuvent facilement manier. Et cependant n'eût-il point, été préférable de laisser aux sages-! femmes le libre usage des antiseptiques?. N'y a-t-il pns inconvénienl à né mettre entre leurs mains que l'antiseptique le plus dangereux, celui qui ne doit jamais être employé chez les aïbuminuriques, chez les femmes ayant eu des hémorrhagies abondantes ou des pluies, étendues du vagin'!

C'est l'avis de L. Ghainpionnière 1 qui dit « que pour l'emploi vulgaire l'acide phénique était beaucoup mieux indiqué et moins dangereux que le

sublimé Il eut été préférable de traiter plus généreusement les sages^

femmes et de leur laisser une certaine marge dans le choix des antiseptiques tout en limitant leur faculté de prescription de telle façon qu'elles eussent de véritables antiseptiques dans les mains ».

11 y a d'autres préparations faites pour que le praticien ait toujours à sa disposition une certaine dose de sublimé : certains pharmaciens ont préparé (les petits tubes bouchés renfermant le sublimé soit en poudre, soit en solution concentrée contenant la quantité nécessaire pour faire I litre de solution mcrcurielle.

D'autres ont fabriqué des petits carrés de papier imprégnés à la dose voulue, de sublimé et de matière colorante; si ces procédés sont commodes et sans danger, il n'en est pas de même des pastilles de sublimé qui, en raison même de leur forme, peuvent être prises pour des bonbons.

Lorsqu'on se sert de solutions de sublimé en grande quantité, comme dans les Maternités, il faut veiller avec soin à leur préparation : « à la Clinique, dit Tarnier, la solution de sublimé est contenue dans de grands réservoirs en grès, qui sont remplis tous les jours. A cet effet, le pbarinacien du service verse dans chaque réservoir, Ton après l'autre, le sublimé, la matière colorante, l'eau, puis on agite. Un robinet en bois, situé vers la partie inférieure du récipient, sert à la prise de la solution mercurielle. »

Il faut avoir soin chaque fois que l'on remplit les jarres de bien les laver, afin de les débarrasser des précipités mercuriels qui se déposent à leurs tonds; déplus, il est bon que les robinets soient un peu au-dessus du fond des réservoirs, et par conséquent au-dessus de ces précipites.

Des recherches de Tarnier et deVignalsurle pouvoir microbicide du sublimé, il résulte que le streptocoque est influencé de la même manière par

1 Journal de médecine cl de. chirurgie pratiqués, janvier, 1891.

Page 1