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SUBLIMÉ CORROSIF

Dans les cas graves la malade présente parfois l'aspect général et toute la symptomatologie delà stomatite iilcéro-membraneuse ; mais si la stomatite mercurielle est traitée de bonne heure, elle se borne à un peu de gingivite et à quelques ulcérations des joncs et de la langue.

Les urines sont peu abondantes, troubles, quelquefois sanguinolentes: elles contiennent presque toujours de l'albumine : tantôt l'albuminurie existait avant l'intoxication, tantôt elle en est la conséquence. Au micro scope on y trouve des cylindres hyalins, des cylindres épithéliaux et des cellules épithéliales de la vessie.

On a noté dans certains cas des épistaxis, et des phénomènes de congestion de l'appareil broncho-pulmonaire.

Les éruptions cutanées sont assez fréquentes : elles consistent en des taches, en des érythèmes rubéoliformes ou scarlatiniformes qui débutent par les membres ; ce sont des taches qui s'élargissent, se joignent par I leurs bords et forment de larges plaques, a bords sinueux et irréguliers. I plus pâles au centre qu'à la périphérie; débutant par les membres supérieurs, ces éruptions gagnent les jambes et les cuisses, puis l'abdomen t et la poitrine.

L'éruption décroît d'abord dans les régions primitivement envahies ; 1 la peau devient sèche, ridée et se desquame par places.

« Ces éruptions hydrargyriques, dit Tanner1, s'accompagnent presque I toujours de chaleur de la peau, de cuisson et de démangeaisons, si vives parfois qu'elles empêchent les malades de prendre le moindre repos, ni le jour ni la nuit. L'intensité des démangeaisons n'a d'ailleurs aucune valeur au point de vue du pronostic. »

Quant aux symptômes généraux, ils sont variables : le pouls est généralement faible, assez fréquent (100 à 120 pulsations par minute); la température est normale ou plutôt s'abaisse au-dessous de 57 degrés. Assez «souvent la femme présente l'aspect d'une femme atteinte de fièvre typhoïde à forme ataxique ou adynamique.

fa mort survient lorsque la femme tombe dans le collapsus, généralement du sixième au douzième jour, quelquefois plus tard au bout de dix-huit jours : les lésions les plus marquées sont, à l'autopsie, celles des rreins et du gros intestin.

Les reins sont augmentés de volume, décolorés, mous ; la couche •corticale, hypertrophiée, est d'une coloration grisâtre; les pyramides de Malpighi ont au contraire un aspect rouge vif ou môme lie de vin. Si la mort a été rapide, il n'y a que de la congestion; lorsque la ma ladic a duré quelques jours, on trouve une véritable néphrite paren-

1 Loc. cit., p. 252.

PRÉCIS D'OBSTÉTRIQUE. |(j

DE L'ANTISEPSIE OBSTÉTRICALE

chymateuse aiguë avec dégénérescence graisseuse. - Le foie est graisseux.

Les lésions de la bouche sont plus ou moins marquées; le pharynx el l'œsophage présentent des suffusions sanguines. On rencontre d'ailleurs sur la plupart des muqueuses de la congestion et des ecchymoses superficielles.

Les lésions les plus importantes portent sur la dernière portion de l'intestin grêle et sur le gros intestin; elles présentent des degré- divers, depuis la congestion intense avec suffusion sanguine ou des ecchymoses jusqu'à l'ulcération étendue. La muqueuse de l'intestin est frappée par place de nécrose superficielle; elle présente même de véritables ilôts, de grandes plaques d'apparence diphtéroïde : lorsque ces plaques se détachent, elles laissent à nu des ulcérations superficielles ou profondes, à bords épais et nets.

On a trouvé du mercure dans l'urine, les reins, le l'oie et au niveau des lésions intestinales.

Kaufmann, Pilliet et d'autres auteurs, en produisant chez des chiennes et des lapines une intoxication par le sublimé, ont trouvé de la stase veineuse avec des thromboses capillaires dans les différents organes.

La marche de V intoxication grave est variable; la mort est un fait rare: le plus habituellement les symptômes s'atténuent assez rapidement lorsqu'on a établi le diagnostic et cessé l'usage du poison. Le pronostic dépend non seulement de la quantité de sublimé absorbé, mais de l'état des organes de la femme : aussi chez les albuminuriques, dont les reins et souvent le foie fonctionnent mal, le sublimé ne doit-il jamais être employé.

Tarnier admet les contre-indications suivantes à l'usage du sublimé : 1° Rétention du placenta ou des membranes; 'l0 grandes plaies anfractueuses du périnée ou du vagin ; 5° hémorrhagies graves à cause de la puissance d'absorption des muqueuses; 4° albuminurie; 5° cachexie. « De plus, ajoute-t-il, même chez les accouchées bien portantes, il faut être, pour ainsi dire, à l'affût des accidents d'intoxication, afin de suspendre immédiatement les injections mcrcurielles, quand il en est temps encore. »

Le sublimé peut être employé en injections vaginales ; mais on doit lui préférer un autre antiseptique pour les injections intra-utérines (Tarnier).

Biiodure de mercure. — Cet agent, employé dans le traitement de la syphilis depuis longtemps (sirop de Gibert) , a été introduit en 1883 par Pinard dans la pratique obstétricale, puis plus tard par Bernardy (de Philadelphie).

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