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DEUXIÈME PARTIE

AH. I. — Aniopltk»tien,

Règles générales des autoplasties

Vautoplastie, ou mieux anaplastie, comprend quatre grandes méthodes.

À. Méthode de Celse. — Dile aussi méthode française, elle consiste à combler la perte de substance par le glissement des téguments voisins disséqués et réunis au-dessus de la partie absente.

Pour favoriser ce glissement, il est souvent indispensable de joindre à la dissection, soit une seule, soit deux incisions, dites libératrices. Ces incisions, droites ou curvilignes, sont habituellement parallèles aux bords de la brèche à combler, et placées à quelque distance de ces bords. Quelquefois elles sont situées du côté de ses extrémités et perpendiculaires à son grand axe. Elles comprennent toute l'épaisseur de la peau.

Dans d'autres cas, on taille un lambeau quadrilatère sur un des côtés de la brèche, et on le dissèque jusqu'à sa base, pour l'amener par distension jusqu'au bord opposé de la plaie. Quand la perte de substance est plus considérable, on prend deux lambeaux que l'on fait glisser l'un vers l'autre.

B. Méthode indienne. — Elle consiste à prendre dans le voisinage de la perle de substance un lambeau de dimen*

Uf ACTOPLASTIES

sions convenables, que Ton dissèque et que Ton ramène sur la brèche à combler par la torsion de son pédicule.

C. Méthode italienne. — Elle consiste à prendre sur une partie éloignée le lambeau nécessaire à la réparation. Tagliacozzi laissait suppurer le lambeau avant de l'appliquer; Grœfe, de Berlin, tenta la réunion immédiate et décora cette simple modification d'un procédé depuis longtemps connu du nom de méthode allemande. Des appareils appropriés maintiennent les parties en contact jusqu'à ce que la réunion ta lambeau soit bien assurée. Alors seulement on peut diviser son pédicule.

D. Hétéro-autoplastie. — Elle ne diffère de la précédente qu'en ce que le lambeau destiné à la réparation est pris sur une personne étrangère, ou même sur un animal. La greffe épidermique, et surtout la greffe dermo-épidermique préconisée par Ollier, rentrent dans la troisième ou la quatrième méthode d'autoplastie, suivant que les lambeaux sont empruntés à l'individu lui-même ou à un être étranger ; mais il s'agit alors de véritables transplantations.

Quelques règles générales sont applicables à toutes, les autoplasties.

1° Le pédicule doit être assez large pour assurer la vitalité du lambeau ; la gangrène par excès de sang, par pléthore, n'est jamais à redouter.

2° Le lambeau doit avoir une^épaisseur suffisante. Lorsque la peau est mince et peu vasculaire, il faut lui conserver toute sa doublure celluleuse.

3° Les dimensions du lambeau doivent être calculées d'après l'étendue de la perte de substance à combler. En raison de la rétraction cutanée, il doit être environ d'un tiers plus grand dans toutes ses dimensions.

1^ 4" Le lambeau sera taillé de façon à rendre la torsion d^ son pédicule et la tension des parties aussi minimes que possible.

5° La forme du lambeau devant correspondre à celle de la perte de substance, il doit être taillé sur le même patron et ses limites exactement déterminées par avance.

6° Il faut aviver avec soin et sur la plus grande larçew

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possible les lèvres de la perte de substance et les bords correspondants du lambeau. L'avivement par surfaces a donné de magnifiques succès.

1° La section du pédicule, si elle est nécessaire, ne doit être pratiquée que lorsque la réunion du lambeau est tout à fait complète.

S° La réunion des parties, quel que soit le mode de suture employé, doit être aussi exacte que possible.

§ L — Blépharoplastie.

Deux principes dominent les opérations, toujours fort délicates, pratiquées pour la réparation des pertes de substance des paupières.

1° Conserver le plus possible de l'ancienne paupière, de son muscle orbiculaire, et principalement de son bord libre ; ^ ménager complètement, si on le peut, la conjonctive palpébrale. En outre, il faut,* ici surtout, en raison de la minceur de la peau et de sa mobilité, donner aux lambeaux une grande étendue pour éviter toute traction, un large pédicule, et les maintenir en place par un bandage qui exerce une douce pression.

Les procédés sont très-nombreux. Nous en donnerons quelques-uns; d'autres seront décrits à propos de Teciropion.

1. Un lambeau quadrilatère. Rotation (Dieffenbach) {ùg. 141, 0 G).

On donne à la perte de substance la forme d'un triangle à base palpébrale. Une incision cutanée horizontale prolonge cette base en dehors, vers la tempe. De son extrémité externe, part une seconde incision oblique en bas et en dedans, vers le sommet de la plaie triangulaire, dont elle se rapproche plus ou moins. Le lambeau quadrilatère ainsi formé est disséqué et amené sur la perte de substance par un simple mouvement de rotation. La plaie de la joue est fermée partie par suture, partie par granulation.

2. Un lambeau. Rotation et torsion {Fricke de Hambourg) (fig. 141, 0 D).

Pour combler la perte de substance à laquelle on a donné

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une forme à peu près ovalaire, on prend un lambeau cutané

ÈMÂ

FiG. 141. » Blépharoplastie. — 0 G, Dieffenbagh; 0 D, Fricee, de

Hambourg.

en dehors de l'œil, soit sur le front, soit sur la joue. Ce lambeau doit être taillé après mesure, en lui donnant un bon tiers de plus en hauteur et en largeur qu'à la perte de substance, à laquelle son pédicule est contigu par une de ses extrémités. Le lambeau disséqué, on lui imprime un mouvement de torsion qui l'amène sur la plaie à combler, et l'on réunit. On peut rendre moins grande la torsion du pédicule, en faire une simple rotation, en donnant au lambeau une position oblique.

3. Un lambeau externe. Glissement et rotation {Burow) (fig. 142, 0 G).

On donne à la perte de substance une forme triangulaire A' B C. On prolonge en dehors et en haut les côtés horizontal A B et externe A C du triangle, par deux incisions cutanées A D et A E, que l'on réunit par une troisième incision DE, de façon à circonscrire un second triangle D A E, de même dimension que le premier, mais à sommet opposé. On excise la peau dans toute l'étendue dé ce nouveau U"iangle. Le lambeau EDAC est alors disséqué et ramené en dedans, de façon que le sommet A vienne se placer à l'angle interne de l'œil B. On réunit par suture. Le côté D A du lambeau forme le bord libre de la nouvelle paupière ; et, par le déplacement du lambeau, la lèyre D E peut être unie avec le bord AE. Toute la perte de substance se trouve ainsi comblée.

BLÉPHAROPLASTIE

4. Un lambeau externe ou interne. Torsion (Bla-* sius) (fig. 142, 0 D).

Fi6. 142. -^ Blépharoplastie. — 0 G, BoROW ; 0 D, Blasius.

Le lambeau emprunté soit au front, soit à la joue ou au nez, est ramené par torsion de son pédicule sur la brèche à combler. Pour éviter que cette torsion ne soit trop considérable, on doit, autant que faire se peut, tailler le lambeau dans les parties les plus voisines de la perte de substance. On le prend en haut pour la paupière supérieure, sur le nez ou la joue pour la paupière inférieure.

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