DILATATION DE L'ŒSOPHAGE
a) Dilatation graduée temporaire. — Elle se pratique soit avec des bougies de gouinie élastique, à extrémité renllée en cônes adossés par leur base, soit plus souvent avec des billes d'ivoire, de forme ovoïde et de volume gradué. Ces billes sont vissées à l'extrémité d'une tige de baleine ou de métal légèrement courbée. On les introduit en suivant le manuel du cathétérisme buccal. On les laisse un instant en place, et successivement on en introduit plusieurs, de dimensions de plus en plus considérables. Il faut rejeter les tiges munies de billes superposées, car leur rapprochement donne à la tige qui les supporte une grande rigidité.
Si l'on maintient la bille en place pendant quelques minutes, il faut que le malade incline la tête en avant, pour que la salive sécrétée en abondance ne pénètre pas dans les voies aériennes.
h) Dilatation graduée permanente. — Elle se fait au moyen de billes d'ivoire percées d'un canal et suspendues par un cordon de soie qui traverse ce canal (Sioitzer). Pour les porter dans le rétrécissement, on les fixe à l'extrémité d'une tige de baleine, en enroulant deux ou trois fois autour de cette tige la corde qui sert à les maintenir. Quand l'olive est bien en place, on déroule la corde, on retire la tige de baleine et la bille est laissée le temps suffisant, sans trop de gène pour le patient. Le cordon de soie permet de la retirer facilement, et, fixé au dehors, empêche l'olive de descendre vers l'estomac.
c) Dilatation brusque. — C'est plutôt une divulsion, une rupture par écartement qu'une simple dilatation.
Le dilatateur de Demarquay est une longue pince à trois branches et à courbure appropriée. On l'introduit fermé par la bouche, et quand il a pénétré dans le rétrécissement, on écarte les branches et on déchire les tissus. Le maniement de cet instrument est très délicat. La divergence des branches augmentant à mesure qu'on se rapproche de leur extrémité, on est exposé à déchirer les tissus sains, si l'on a pénétré au delà, ou si l'on est resté en deçà de la partie rétrécie.
Le dilatateur de L. Le Fort est construit sur un meil-
leur principe. Il porte à son extrémité œsophagienne un renflement cylindrique terminé par une petite bougie en gomme élastique qui sert . de conducteur. La partie renflée étant placée dans le rétrécissement, on écarte ses valves au degré jugé convenable, en faisant marcher une vis située à l'extrémité externe de l'instrument. Le dilatateur gradué de Goilin agit à peu près de même.
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FiG. 243. — Œsophagotome de Teélat.
m. — ŒSOrHAGOTOMIU INTERNE
Maisonneuve emploie un œsophagotome composé de deux lames métalliques adossées et formant un tube à double cannelure. Ce tube se termine à son extrémité buccale par un anneau servant à le maintenir. A son extrémité stomacale, il est creusé d'un pas de vis dans lequel se fixe une bougie conductrice. La courbure de l'instrument est calculée sur celle du conduit œsophagien.
Deux lames tranchantes, supportées par une longue et mince tige d'acier, glissent dans les cannelures du tube.
Chaque lame est haute de 12 millimètres et de forme arrondie, mais elle ne coupe que dans son tiers antérieur, elle est mousse dans le reste de son étendue. Il en résulte que les parties saines du conduit sont simplement écartées et que les parties rétrécies sont seules attaquées parla lame tranchante. On peut ne se servir que d'une seule lame et n'attaquer le rétrécissement que d'un seul côté, ou bien faire agir les deux lames conduites dans les cannelures du tube mé-
COUPS ÉTUANCKUS DANS rOvSOI'II AT.K f.^f)
tallique, préalablemont introduit jusqu'au delà du rôtrrcissement.
Trclat se sert d'un (i'so[)liag()tome qui coupe d'arrière en avant, et non d'avant en arrière comme le précédent. C'est une tige métallique creuse, graduée de façon à faire connaître à tout instant la profondeur à laquelle elle a pénétré. Près de son extrémité stomacale, à 4 ou 5 centimètres au-dessus, elle présente un renflement. Au-dessous de ce renflement la tige est creusée de deux fenêtres latérales, qui donnent passage aux lames de l'instrument. Ces lames d('veloppées ont une inclinaison très faible; soutenues en arl'ière, elles sont plus saillantes près de l'extrémité de l'instrument, et ne peuvent couper que d'arrière en avant. Elles se développent ou rentrent dans la gaine, suivant le sens dans lequel on tourne le bouton situé à l'extrémité externe de l'œsophagotome.
On détermine exactement avec l'o^sophagotome le siège et la longueur du rétrécissement et on lit sur la tige graduée la distance où commence, puis celle où flnit la coarctation, En poussant l'instrument devant soi, le petit renflement que présente la tige est arrêté par le rétrécissement. On traverse celui-ci, puis retirant lenteajcnt la tige vers soi, l'olive est arrêtée de nouveau. La distance entre les deux points d'arrêt donne la longueur de la partie rétrécie. C'est au moment où l'olive ramenée de bas en haut vient buter contre l'extrémité stomacale du rétrécissement, que l'on ouvre les lames coupantes. On incise en tiranl lentement Ja tige vers soi, puis le rétrécissement franchi, on fait rentrer les lames dans leur gaine, et on retire l'instrument.