B. — UN ARRIÈRE DU COLLET DU BULBE
Après une exploration attentive pour déterminer le siège, les dimensions, la forme et la nature du calcul, exploration aidée du toucher rectal, le chirurgien décide de la conduite à tenir.
a) Propulsion. — Pour repousser le calcul dans la vessie, on se sert de la sonde à grande courbure de Gély , manœuvrée comme pour le cathéterisme. S'il y a spasme du canal, une fine bougie placée à demeure peut le faire disparaître.
h) Injections. — Faites avec la sonde évacuatrice de Mercier, conduite sur le calcul, en poussant brusquement le liquide sans le faire pénétrer jusque dans la vessie, elles agissent comme les injections faites dans le conduit auditif; le liquide en sortant entraîne le corps étranger. Si le liquide injecté pénètre dans la vessie, le calcul peut être aussi poussé dans ce réservoir.
c) Extraction. — L'extraction, soit avec la pince de Hunter, soit avec la curette de Leroy, présente beaucoup de difficultés et expose à déchirer les parois du canal.
d) Broiement. — La manoeuvre des brise-pierre est toujours fort délicate, nous l'avons décrite plus haut,
e) Boutonnière. — Elle doit être pratiquée sur le raphé • médian, en avant de l'anus, entre le rectum et le bulbe. On extrait le corps étranger, sitôt le canal ouvert, avec des
CORPS KTRANGKRS PRorREjMENT DITS 7.35
tcnettes, ou bien on le brise sur place avec un lithotriteur
urt'tral.
,^ II. — CORPS KTUANdERS PROPREMENT DITS
Ils présentent la plus grande variété de forme et de nature, et par là nécessitent pour leur extraction des manœuvres très différentes. Quelle que soit leur provenance, qu'ils viennent do la vessie ou qu'ils aient été introduits par le méat, ils sont mous ou durs, rigides ou llexibles. Les uns peuvent être brisés ou réduits en morcaux, les autres doivent être retirés en entier. Il est donc indispensable de reconnaître aussi exactement que possible, tant par l'exploration que par les commémoratifs, leur provenance, leur siège, leur forme, leur nature.
Lorsqu'ils sont longs, rigides ou flexibles, on aura recours à la pince urétrale de Collin, qui se manœuvre avec une seule main. L'opérateur fixe avec les doigts de la main gauche le corps étranger, ou le fait fixer par un aide. Il introduit alors la pince fermée dans l'urètre et la conduit jusque sur l'obstacle. Il l'ouvre, et, par un mouvement de rotation et de propulsion des branches, il cherche à placer le corps étranger entre les mors de la pince. Lorsqu'il l'a saisi, il retire doucement l'instrument pour s'assurer qu'il n'a pas pincé en même temps la muqueuse urétrale. Si le corps étranger a été saisi loin de son extrémité antérieure, et que celle-ci vienne buter contre la paroi du canal, on ouvre un peu la pince, on fait lentement glisser ses mors en avant, puis, fermant l'instrument, on procède doucement à l'extraction.
Quand un corps a séjourné longtemps dans l'urètre, son volume s'est habituellement accru, soit par imbibition, s'il est poreux, soit par dépôt de sels calcaires à sa surface.
Si les corps sont longs et pointus comme les épingles, leur pointe déchire la muqueuse quand on les attire vers le méat. Cette pointe est presque toujours eh avant. On i)eut les extraire avec la pince urétrale de Collin, munie par Reliquet d'un curseur basculeur qui permet de ramener la pointe
dans l'axe de l'instrument et du canal. On peut également recourir à la manœuvre dite par 'ponction du canal. L'épingle fixée en arriére de sa tête par les doigts de la main gauche, on coude brusquement la verge, de façon que la pointe de l'épingle traverse la paroi inférieure de l'urètre et vienne faire saillie au dehors. Saisissant l'extrémité acérée de l'épingle, on la tire en dehors le plus possible ; puis, la portant en arrière, on ramène sa tête en avant, et l'on peut alors l'extraire avec la pince sans aucun danger.
S'il s'agit d'épingles doubles (épingles de femme), on amène par inflexion de la verge les deux pointes et les branches au dehors, l'anse seule restant dans l'urètre. Avec un sécateur on coupe une des branches au ras de la verge. En imprimant à la seconde branche un mouvement de rotation, on fait sortir l'anse au dehors. On peut aussi faire la section de la portion courbe de l'épingle avec le sécateur de Reliquet. C'est un petit brise-pierre urétral, dont le bec mâle fait cisaille emporte-pièce avec le bec femelle. Cette division faite, on extrait séparément chacune des moitiés de l'épingle avec la pince urétrale.
Si ces procédés échouent, ou s'ils exposent à des lésions de l'urètre par le volume ou la forme irrégulière des corps étrangers, on pratique la boutonnière, en se servant comme guide du corps étranger lui-même, ou d'un cathéter conduit jusqu'à sa rencontre.
L'extraction des corps étrangers arrêtés dans l'urètre de la femme présentepeu de difficultés, en raison delà rectitude, de la brièveté et de la grande et facile dilatabilité du canal.